Le trumpisme est-il un adieu aux boomers ?

Depuis l’automne dernier, la plupart des médias (y compris conservateurs) sont plutôt ce qu’il convient d’appeler « sidérés » par la nouvelle tournure du trumpisme, et il y a encore assez peu d’analyses de fond sur le sujet. Il faut dire qu’entre 2016 et 2024 ils avaient arrêtés de chercher à comprendre ! Certains (qui n’ont pas dû voter pour Trump) pensent que c’est une « perte de temps » d’y prêter des considérations intellectuelles. Le monde est – toutefois – toujours en évolution et le trumpisme accompagnera nécessairement ce mouvement.
Chacun sera d’accord pour dire que Donald Trump, dans le style, est une sorte de quintessence des baby-boomers. Et son slogan, « MAGA », est un appel nostalgique à l’âge d’or vécu par les boomers. Mais, alors, pourquoi Trump a-t-il aussi gagné chez les jeunes en novembre dernier ?
L’édition de février du magazine conservateur Chronicles est titrée : « Le crépuscule des boomers ». Declan Leary y étudie dans un article le « post-boomer conservatism » : « Pendant toute la seconde moitié du XXe siècle, les États-Unis ont été confrontés à un ennemi idéologique et non matériel. Les défis de la génération des baby-boomers n’étaient pas les habituels calculs de puissance contre puissance ou la répartition de ressources rares, mais la lutte du monde libre contre un empire du mal. La réponse américaine à la Guerre Froide a été de devenir un empire idéologique à part entière. Dans son discours original sur « l’Empire du mal » de 1983, le président Reagan a conclu par une citation de Thomas Paine : « Nous avons le pouvoir de recommencer le monde à zéro. » C’est un utopisme débridé, totalement étranger aux traditions conservatrices de l’Amérique d’avant-guerre. Pour la droite des baby-boomers, c’était simplement l’air qu’ils respiraient.
Il n’y a pas de spectre soviétique pour les plus jeunes générations.
(…) Même dans le pire des cas, les conditions matérielles aux États-Unis ne se rapprocheront jamais au cours du XXIe siècle des niveaux de l’époque de la Grande Dépression. Mais les arrière-petits-enfants de la génération de la Grande Dépression ne bénéficient pas des structures de soutien civique, religieux et social qui ont soutenu leurs ancêtres pendant ces périodes difficiles. L’empire moderne est une société plus prospère, plus puissante et plus ouverte que l’ancienne république ; et il est remarquablement plus fragile. »
Les Boomers constituant une majorité déclinante, fatalement les priorités des nouvelles générations se retrouveront aussi dans les urnes. Sont-elles moins idéologiques et plus pragmatiques ? Les jeunes ont-ils plus de fragilités économiques que les boomers, les incitant à voir les choses différemment et motivant leurs votes ? A confirmer !
www.chroniclesmagazine.org/view/post-boomer-conservatism/
Le magazine The Atlantic (très à gauche) note pour sa part une différence importante entre les générations concernant l’adhésion aux restrictions mises en place par les pays durant la Covid. Le titre de l’article est explicite : « Comment la Covid a poussé une génération de jeunes gens vers la droite ».
www.theatlantic.com/ideas/archive/2025/02/covid-youth-conservative-shift/681705/
Et, si vous dites aux jeunes qu’ils ne comprennent rien, il y a des chances qu’ils vous répondent de cette manière, « OKAY BOOMER », ce qui pour eux signifie quelque chose de très précis !!!
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