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Andersonville : la terrible prison confédérée de Géorgie

Egalement appelée “Camp Sumter”, la prison d’Andersonville (à l’est de la ville du même nom) servit aux Sudistes de camp afin d’emprisonner les prisonniers de guerre nordistes. Ce ne fut pas la seule, mais c’est celle qui a le plus marqué l’histoire. A partir de février 1864, et sur une période de 14 mois, environ 45000 soldats de l’Union y ont été parqués. Le problème, c’est que 12913 d’entre eux (presqu’un quart) y sont morts de faim, de malnutrition, de maladie, de violence ou exécutions et, rappelons-le, en 14 mois seulement !


Notre vidéo sur la prison d’Andersonville :


Ces décès seraient toutefois en majorité dus aux conditions de vie et aux pénuries. Les prisonniers étaient totalement livrés à eux mêmes dans ce camp immense, et ils recevaient simplement un peu d’eau et de nourriture : leur seul contact avec l’administration. (A part quand ils passaient la “dead line” : à moins de 6 mètres de la palissade (de 4,6 mètres de haut) : là c’était directement une balle dans la tête par les gardes postés sur des perchoirs.)

Prison confédérée d'Andersonville en Géorgie.

Le directeur de la prison, Henry Wirz, avait demandé avec insistance à ce que les prisonniers soient échangés avec le Nord. Il n’empêche, Wirz sera condamné à mort et exécuté le 10 novembre 1865 (payant peut-être un peu aussi l’assassinat de Lincoln au mois d’avril précédent).

Henry Wirz, le directeur de la prison d'Andersonville.
Henry Wirz, le directeur de la prison d’Andersonville.

La mémoire d’Henry Wirz est toujours aujourd’hui un enjeu. De l’autre côté de la route se trouve actuellement un “village confédéré” avec des commerces, et en son centre un obélisque géant élevé en l’honneur du directeur de la prison qui, selon ses défenseurs, aurait “fait tout son possible”. Il est vrai qu’à la fin de la guerre, les Sudistes avaient de gros problèmes de ravitaillements. Mais de toute façon, vu l’ampleur du désastre, il fallait bien que quelqu’un paye pour cet effroyable bilan.

Musée National des Prisonniers de Guerre à Andersonville.
Un rescapé d’Andersonville.

Ce triste record que détient Andersonville est d’autant plus important quand on le remet dans son contexte : la guerre de Sécession fut la première “guerre moderne” avec des moyens techniques permettant des centaines de milliers de victimes. D’autres guerres monstrueuses suivront, mais la Guerre Civile américaine et la prison d’Andersonville auront été des pionniers dans l’horreur, et ces 13000 morts furent un choc pour l’Amérique.

Photo originale du camp d'Andersonville.
Photo originale du camp d’Andersonville.

ANDERSONVILLE AUJOURD’HUI

Le site est à environ 20 minutes à l’ouest de l’autoroute I75. On peut y voir l’emplacement immense de la prison, avec de petites reconstitutions du camp à certain endroits. Il y a un grand nombre de monuments au morts, et surtout des milliers de croix alignées.


MUSEE NATIONAL DES PRISONNIERS DE GUERRE

Il est à l’entrée de la prison, il est gratuit, et il raconte l’histoire des “POW” (prisoners of war) comme on dit en anglais. Bien entendu il parle de la guerre de sécession, et surtout des prisonniers américains des différentes guerres. Ce musée permet aussi d’évoquer la précieuse utilité de la Convention de Genève et les (trop) nombreuses fois elle a été bafouée.


Prison d’Andersonville :

760 POW Rd, Andersonville, GA 31711

Le camp : www.nps.gov/ande/index.htm

Le musée : https://www.nps.gov/ande/planyourvisit/natl_pow_museum.htm


PHOTOS DU VILLAGE CONFEDERE

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