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Restrictions liées à la Covid-19 : Bien penser la notion de « limite » (Editorial du Courrier des Amériques)

Lors des 15 derniers mois j’ai émis à plusieurs reprises dans ces éditoriaux la notion de « limite » à appliquer à la crise de la covid-19. La problématique était simple : si les Etats ferment l’économie en réponse à la pandémie, combien de temps peuvent-ils le faire ? Quelle est la limite ? Apparemment peu de de gouvernements ont voulu se poser cette question, et encore moins y répondre… Donc aujourd’hui, la plupart des pays se retrouvent dans l’obligation de rouvrir leur économie, avec nulle autre alternative : il n’y a plus d’argent ! 

par Gwendal Gauthier, directeur du Courrier des Amériques.
par Gwendal Gauthier, directeur du Courrier des Amériques.

Heureusement, souvent ces réouvertures vont de pair avec des plans de vaccinations qui, fin mai, avaient l’air assez efficaces. Mais on ne sait pas (il y a un très gros doute) si l’immunité collective sera atteinte, ni si les variants de la covid-19 ne vont pas rendre chaque année caduque la vaccination de l’année précédente. Je ne dis pas ça pour affoler qui que ce soit, mais pour reposer la question. Et si ça revenait ? On ferait quoi ? On refermerait tout ?

Les personnes et les entreprises qui ne travaillent pas ne payent pas d’impôts, il n’y a pas besoin d’être économiste pour comprendre ça. Les gouvernements sont confrontés à ces limites : souvent ils n’ont pas pu financer la lutte contre la pandémie, et en tout cas, pour beaucoup, ils ne le peuvent désormais plus.

Il me semble que, depuis 15 mois, cet argent perdu aurait pu servir à financer bien des aspects de la lutte contre la pandémie : prévention, recherche (sur les vaccins et médicaments), soins, mise en sécurité (achat de masques, déplacement des personnes âgées et vulnérables, aides à domicile etc…). Aussi bien à un niveau scientifique, matériel et humain, il y avait d’immenses besoins financiers. Dans l’histoire de l’humanité, à chaque fois qu’il y a eu une crise, il a fallu financer la lutte contre cette crise. Ainsi, au lieu de ruiner des entreprises, il aurait été possible de les laisser travailler et d’augmenter leurs impôts afin de financer ce qui devait l’être : de repousser les limites. Un ami me faisait remarquer : « non seulement ils n’ont pas augmenté les impôts pour faire face à la pandémie, mais ils vont sans aucun doute les augmenter APRES la pandémie pour financer ce qui a été perdu ! » Ca paraît évident, ce ne sont pas les premiers ministres qui vont payer les dettes avec leur argent personnel.

Alors, il y a d’autres limites qui se présentent. La fermeture des frontières en est une qui concerne la plupart de nos lecteurs. On le sait depuis longtemps (et on en a longuement parlé) : les systèmes de ventilation dans les avions rendent la propagation de la Covid quasiment impossible. D’autre part les vols transfrontaliers exigent que les passagers soient testés avant d’embarquer. Prendre l’avion est donc le meilleur moyen d’empêcher que les personnes malades transmettent le virus. A contrario, un automobiliste qui va au supermarché ne sera pas pour sa part testé : il peut donc propager la covid tranquillement. Alors, certes, il fallait freiner un peu les déplacements. Pourquoi pas aux frontières ? Admettons. Mais combien de temps peut-on fragiliser l’économie liée au tourisme ? Combien de temps doit-on pénaliser, les familles expatriées ? Les laisser séparées, déchirées ? Quelle est la limite ? Et pour quel résultat objectif ? Au bout de 15 mois… on n’a toujours pas la réponse.

La notion de limite se pose aussi à bien d’autres égards. Personnellement j’ai un fils de 18 ans qui vit dans un « pays qui confine ». Combien d’années de jeunesse peut-on leur enlever ? Tous ceux d’entre-vous qui ont un jour eu cet âge-là savent-qu’elles ne se remplacent pas ces belles années. 

Je ne terminerai pas sans rappeler que la covid est une maladie grave, principalement pour les personnes avec des prédispositions (âge ou comorbidités). Il ne faut pas relativiser. Mais il est aussi temps d’être rationnel face à la maladie. Si on veut lutter efficacement, si on veut repousser les limites, ce n’est pas en se renfermant.


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