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Donald Trump formellement accusé « d’abus de pouvoir » et « d’entrave au travail du Congrès »

Toutefois, il n'y a quasiment aucune chance que la destitution soit votée par le Sénat.

Donald J. Trump est devenu mercredi 18 décembre au soir le troisième président de l’histoire américaine a être « impeached » : poursuivi en procédure de destitution. Le Sénat devrait se prononcer (contre la destitution) en début d’année prochaine.
La Chambre des Représentants, à majorité Démocrate, a choisi d’inculper le président Trump pour « abus de pouvoir » dans l’affaire ukrainienne, mais également « d’entrave au travail du Congrès » en raison du refus de comparaître du président Trump devant cette assemblée.

Les « impeachments » sont des procédures politiques votées par les élus à la Chambre. Andrew Johnson a été poursuivi en 1868, puis Bill Clinton en 1998. Le président Nixon a pour sa part démissionné en 1974 avant d’être jugé. Néanmoins, dans le cas de Trump, il n’y aura pas de mystère : sauf un « miracle » pour les Démocrates, cette procédure n’aboutira pas. En effet, un grand nombre de Démocrates (et de médias américains) évoquaient la possibilité d’une concordance de vues transpartisane (entre Démocrates et Républicains) sur la culpabilité du président Trump. Or, si le début de campagne électorale flamboyant de Donald Trump ne suffisait pas, les votes de ce mercredi 18 décembre ont démontré que les Démocrates étaient isolés : les Républicains ont voté contre la procédure, et ils ont fait corps autour de Donald Trump. Or, pour qu’une destitution soit votée, il faudrait que les deux tiers des sénateurs la votent. Ils se prononceront (probablement en janvier) mais comme le Sénat est à majorité républicaine… Donald Trump peut désormais dormir sur ses deux oreilles à 11 mois de l’élection présidentielle (pour laquelle il est de nouveau candidat). Excepté si…

CE QUI EST REPROCHE A TRUMP

Bien évidemment, s’il était prouvé que Donald Trump avait commis un délit, tout pourrait se compliquer. En effet, ce qui lui est reproché est autrement plus grave que ce qu’avait fait Nixon. Mais après des semaines de procédures, pour le moment il n’y a simplement qu’une divergence d’analyse entre les uns et les autres sur des propos tenus par Donald Trump lors d’une conversation avec le président ukrainien le 25 juillet dernier. Mais pas de preuve. Trump avait alors demandé à son homologue européen s’il pouvait obtenir des informations compromettantes sur le candidat démocrate Joe Biden, et dans la même conversation il lui avait proposé de l’aide pour l’Ukraine. Aujourd’hui, les Démocrates en déduisent que l’aide américaine aurait été proposée par Trump « EN ECHANGE » de ces renseignements sur Biden. C’est ce qui caractériserait « l’abus de pouvoir » dont ils l’accusent. Les analyses de certains témoins vont dans le sens des Démocrates. Mais, encore une fois, il n’y a aucune preuve. Seulement des interprétations. S’il y avait des preuves… cela pourrait changer la donne, mais à ce point de la procédure, ce serait pure spéculation d’attendre un autre verdict que celui-ci : l’accusation sera rejetée par le Sénat.

LA CAMPAGNE DE JOE BIDEN VA AUSSI EN SOUFFRIR

Car le grand bruit fait autour de la procédure d’impeachment cache mal ce qui fut à l’origine de l’affaire : Donald Trump a effectivement demandé au président ukrainien s’il pouvait lui obtenir des informations sur une enquête en Ukraine concernant Hunter Biden, le fils de Joe Biden. Ex-vice-président (Démocrate) de Barack Obama, Joe Biden s’était rendu en mission officielle en Ukraine, et quelques semaines plus tard, son fils qui ne connaissait ni l’Ukraine, ni l’extraction de ressources naturelles, s’était retrouvé au conseil d’administration de la plus grande société gazière du pays. (1) Donald Trump assure que le fils Biden a ainsi « gagné des millions et des millions de dollars« . Ce qui ne serait pas forcément illégal, mais en tout cas l’accusation de « népotisme » de devrait pas aider la campagne de Joe Biden, loin de là.

En voyant les attaques de Trump se profiler, les Démocrates ont-ils voulu protéger leur candidat vedette, Joe Biden, et ainsi inventé cette procédure de destitution ? Si les Démocrates n’apportent pas de preuves, c’est ce que les Américains risquent de penser. Déjà, une première « affaire russe » avait pollué la vie politique américaine sans qu’aucune preuve ne soit apportée contre Trump. Et l’opinion publique est vraiment fatiguée par les guerres politiciennes.

En attendant, et malgré les missiles qui commencent à pleuvoir, Joe Biden se maintient pour le moment en tête de la primaire démocrate.

LA VIE POLITIQUE AMERICAINE N’EN SORT PAS GRANDIE

Plusieurs conclusions sont à tirer de cette situation. Tout d’abord, depuis l’élection de Barack Obama en 2009, la vie politique américaine s’est radicalisée. C’est à ce moment qu’est apparu le slogan « not my president », mais aussi les manifestations des « Tea Parties », et également les « birthers ». Donald Trump peut bien se plaindre aujourd’hui de cette vaine procédure d’impeachement à son encontre, mais c’est lui qui fut le leader des « birthers » : ils assuraient que Barack Obama n’était pas « légalement président » puisqu’il « n’était pas né aux Etats-Unis ». Jusqu’au jour où Obama avait publié son extrait de naissance, ce qui avait clot une polémique tout aussi stérile que celle d’aujourd’hui… mais en avait pavé les fondements.

Ces crispations sur la personnalité des politiciens ont aussi bouleversé le paysage médiatique : depuis des années les principaux médias des Etats-Unis n’enquêtent plus sur les problèmes des Américains, mais seulement sur les problèmes d’élus largement « starisés ». Les Tweets de Donald Trump et les accusations contre lui du New-York Times ou de CNN constituent la quasi-totalité des événements médiatico-politiques. En conséquence, et à défaut d’informations concrètes, la réalité politique du pays devient de plus en plus illisible, et les résultats électoraux surprennent de plus en plus. Et surtout les perdants !

A 11 mois de l’élection présidentielle, pour beaucoup d’Américains il est affligeant que leur pays en soit réduit à ce genre de procédures. En tout cas, la seule certitude politique du moment… c’est que Donald Trump sera candidat à sa propre succession… et qu’il ne sera pas « empêché » !

COMMENT LA PROCEDURE VA SE DEROULER

Le "Chief Justice" John Roberts, qui préside la Cour Suprême des Etats-Unis
Le « Chief Justice » John Roberts, qui préside la Cour Suprême des Etats-Unis

Le Sénat doit donc désormais juger le président Trump, ce qui devrait arriver très vite, probablement en janvier. La procédure est assez spectaculaire car, elle doit être dirigée, non pas par un sénateur, mais par le « Chief Justice » : le chef de la Cour Suprême. Le poste est occupé par John Roberts (ancien de l’administration de George H. Bush, nommé à la Cour Suprême par George W. Bush).

Les Sénateurs peuvent auditionner des témoins. Ca devrait là aussi être spectaculaire, car les Républicains ne se priveront pas de convoquer Joe Biden.

Comme dit précédemment, il faut au moins une majorité des deux tiers des sénateurs pour que le président soit destitué, ce qui ne peut donc pas arriver. (Sauf si de nouvelles pièces ou témoignages sont apportées au dossier, suffisemment importantes pour que les Républicains votent contre leur président.)

En cas de condamnation :

– Le président doit quitter son poste (et c’est le vice-président (en l’occurence Mike Pence) qui devient alors président).

– L’ex-président peut aussi en corolaire être interdit d’exercer de futurs mandats fédéraux (et donc de se représenter à l’élection présidentielle).

– S’il est reconnu coupable d’un crime ou délit, l’ex-président doit alors, en théorie, être poursuivi lors d’une procédure pénale.

(1) Wikipedia résume très bien l’affaire, en citant toutes ses sources


Voir aussi :

Nos articles sur l’élection présidentielle américaine de 2020

Donald Trump fait sensation lors de sa réunion publique en Floride

Natbank, banque en Floride

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