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Elus américains, suspendez l’embargo contre Cuba ! (Editorial du Courrier de Floride)

La présente situation sanitaire ne permet pas qu’on puisse exercer des violences économiques (et donc sanitaires) sur des peuples. Or, c’est ce que constituent les embargos.

Gwendal Gauthier, éditeur du Courrier de Floride.
par Gwendal Gauthier, directeur du Courrier de Floride.

En guise d’introduction, je tiens à rappeler (qu’on ne me fasse pas de mauvais procès) qu’en 2018 j’ai salué le départ de la famille Castro du pouvoir, en précisant que certains héritages totalitaires étaient inacceptables à Cuba, et en les détaillant dans plusieurs articles (ce que peu d’autres médias ont fait). Je précisais toutefois qu’il fallait en finir avec l’embargo américain afin d’instaurer la confiance avec le nouveau président, Miguel Diaz-Canel. Depuis lors, Cuba a entrepris plusieurs réformes allant dans le sens de l’ouverture politique et économique. En échange, les Etats-Unis ont malheureusement durci l’embargo : une promesse de campagne de Donald Trump aux exilés cubains. On peut saluer le fait qu’un président démocratiquement élu, comme Trump, tienne ses promesses électorales, mais néanmoins il convient de rappeler que la moitié des exilés cubains sont eux-mêmes défavorables à l’embargo, car eux savent ce dont il s’agit. Une île des Antilles doit importer un très grand nombre de produits afin de faire tourner son économie, nourrir ses habitants, ou encore avoir les produits médicaux nécessaires. Cuba n’est pas une île aux ressources naturelles illimitées, chacun le sait, et ces sanctions américaines deviennent en ce moment moralement gênantes. Ca avait un sens au temps de l’URSS, de la Guerre Froide et de l’implantation de missiles nucléaires sur l’île… Mais aujourd’hui ??? Il faut d’ailleurs se rappeler que l’embargo avait initialement été mis en place en 1962 pour que le peuple cubain se fâche et se retourne contre le leader communiste Fidel Castro. Or, ce dernier est mort dans son lit 54 ans plus tard (en 2016) sans que l’embargo n’ait une seconde fait vaciller son pouvoir. C’est dire l’efficacité du dispositif…

En tout cas les Etats-Unis ne sont actuellement ni sous la menace d’un tir de missiles nucléaires soviétiques, ni de l’invasion de ses plages par des guérilleros barbudos. Pour que Cuba sorte de l’anachronisme, il faut aussi que ses adversaires s’en éloignent…

Pour illustrer l’actualité de cet embargo, le 1er avril 2020 (ce n’est pas un gag) un transporteur aérien a annulé au dernier moment un départ d’avion vers Cuba, chargé avec 100000 masques de protection et des kits médicaux, ce qui a provoqué la colère du président cubain sur Twitter :

En revanche, Cuba exporte 29000 de ses médecins dans 63 pays étrangers, dont un grand nombre intervient actuellement en Italie, y compris des experts en virologie dont certains ont travaillé sur le virus Ebola en Afrique. Vous pourriez penser que ça dérange moins de monde dans ce sens-là, quand Cuba va aider la planète. Détrompez-vous, l’administration américaine a dénoncé l’an passé le fait que les médecins cubains à l’étranger soient « esclavagisés », parce qu’ils gagnent peu d’argent. Plusieurs pays ont, sous pression américaine, décidé de s’en passer. Alors, c’est vrai que, par rapport à des médecins américains… ils gagnent vraiment très peu. Mais non seulement les médecins cubains soignent gratuitement tous leurs compatriotes, mais en plus ils vont porter secours à d’autres pays. S’en prendre à cet aspect-là du système cubain est un non-sens complet. Les Etats-Unis sont un grand pays… mais au niveau de l’accès aux soins… on pourrait longuement en parler.

Quand je dis que les embargos sont des « violences économiques », je ne dis pas qu’il ne faut jamais les utiliser. Les Etats ont la possibilité de moralement recourir à la violence contre leurs ennemis ; ce n’est pas une nouveauté. Mais je pense que l’utilisation des embargos devrait être raisonné et raisonnable, et en tout cas l’être un peu plus dans le cas de Cuba. Car si les sanctions sont injustes, alors l’effet provoqué est également contraire : le peuple se solidarise de ses dirigeants. Ils sont même fiers de se dresser, pauvres sur leur île, face au géant américain.

On pourrait polémiquer sur les leçons de liberté ou de socialisme que les uns donnent en ce moment aux autres : Bernie Sanders est semble-t-il un Socialiste assez populaire aux Etats-Unis, et par ailleurs les Américains sont confinés à l’intérieur de leur domicile, alors qu’à Cuba les citoyens sont libres… (en tout cas libres de leurs mouvements).

Mais loin de chercher la polémique, je n’ignore pas que Cuba a encore certaines lois à abolir, sur la liberté de la presse par exemple et sur les libertés en général. J’ai toujours été le premier à le dire. Simplement, je ne suis pas certain que de s’en prendre au peuple cubain permettra d’aider le gouvernement à aller vers une solution à ces problèmes. Et je pense surtout, quoi qu’il en soit, qu’en ce moment, alors que les pénuries menacent, il n’est pas possible de poursuivre le blocus économique de l’île. Il faut le lever, au moins temporairement. En tant que « voisin » de Cuba, et parce que beaucoup ont autre chose à faire en ce moment, je pensais qu’il était de ma responsabilité d’en parler. #NoMásBloqueo 

Gwendal Gauthier

 

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2 commentaires

  1. cette analyse est tandancieuse; CUBA soutient entr’autre le président du VENEZUELA . voilà un peuple qui souffre et ne bénéficie pas de la santé et de la nourriture minimum… et pourtant un pays riche en pétrole et autre minerais,
    pour lever un EMBARGO, il sera nécessaire que CUBA respecte les droits de l’homme et n’apporte pas le soutient à tous les pays d’amérique du sud qui sont contre les ETATS UNIS. votre patrie…
    , Pourquoi ne pas dire que les médecins qui travaillent à l’extérieur de CUBA sont payés mais que ces médecins recoivent une toute petite partie des sommes versées er que c’est le pouvoir CUBAIN qui en profite.
    Je suis FRANCAIS d’Origine et je trouve votre analyse injuste ….

    1. Affamer les pauvres, les priver de produits de première nécessité (y compris de matériel médical, notamment pour les diabétiques qui sont vulnérables en ce moment), n’est aucunement justifiable en période de danger sanitaire comme c’est le cas aujourd’hui. Aucun argumentaire politique n’est valable dans ce cas. Et, encore une fois, nous n’avons pas été les derniers à faire preuve de fermeté avec le régime cubain.

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