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Laissez-nous respirer ! Editorial du Courrier des Amériques

Ca suffit ! Que dire de plus ? Tout est déjà dit. Ca suffit !

Peut-être n’a-t-on pas, néanmoins, insisté sur la personnalité de la victime.

Gwendal Gauthier, directeur du Courrier des Amériques
Gwendal Gauthier, directeur du Courrier des Amériques

Il faut que chacun sache que George Floyd fut un jeune comme les autres, qui a cru en l’Amérique. Il fut un sportif reconnu, notamment à la South Florida State College d’Avon Park. Il avait fait de la musique, il avait fait comme tout le monde dans la communauté : George Floyd avait espéré que le rêve américain lui ouvre les bras. Ca n’aura pas été le cas. Après cinq ans de prison pour un cambriolage, George Floyd décide de quitter Houston afin de redémarrer une nouvelle vie à Minneapolis. Le 25 mai 2020 ce père de deux filles est interpellé, suspecté d’avoir donné un faux billet de 20$ à un commerçant. Les policiers disent qu’il a résisté à son arrestation, mais rien n’indique que ce fut le cas sur les vidéos. Quoi qu’il en soit, aucun des faits dont George Floyd pourrait éventuellement être suspecté ne rend logique la condamnation à mort immédiatement exécutée à son encontre par l’officier Dereck Chauvin et ses complices : neuf minutes avec un genou sur la gorge.


George Floyd, un père de famille qui travaillait pour gagner sa vie… est ainsi mort à l’âge de 46 ans.

George Floyd
George Floyd, la victime, avait 46 ans.

 

QUE FAIRE ?

Il y a quelques années, l’apparition des caméras embarquées étaient sensées faire avancer la transparence en matière d’interpellations. Mais en parallèle la généralisation des films, via les téléphones portables, ont fait des arrestations des événements publics. Ca n’a malheureusement pas changé grand chose. Le policier qui a mis son genou durant neuf minutes sur la gorge de George Floyd savait très bien qu’il était filmé, tout comme ses trois collègues. Le problème est sans doute ailleurs, et probablement dans le sentiment d’impunité qu’ont les polices américaines en cas de bavure. Ils sont très souvent relaxés par les tribunaux… quand leur affaire arrive sur le bureau des juges, ce qui est loin d’être toujours le cas. La police des polices doit impérativement être renforcée aux Etats-Unis, et il faut sans doute responsabiliser aussi les magistrats. Les législations des Etats doivent évoluer, et le plus vite sera le mieux !

Il y a des problèmes connexes, qui n’ont rien à voir avec l’affaire Floyd : par exemple les lois « stand your ground » sont complètement barbares. Elles autorisent (dans les Etats où elles sont promulguées) toute personne menacée à plutôt tuer son adversaire que d’avoir à bouger d’un millimètre.

Il y a aussi le fait que les policiers patrouillent souvent seuls. Cela peut parfois les mettre dans des situations embarrassantes. Dans un grand nombre de pays il y a toujours un binôme pour surveiller au moins le dos de l’officier intervenant et appuyer la sensation de force face aux délinquants. Quand on est originaire d’Europe, on sait cela, et on a beaucoup de mal à comprendre ce qui se passe ici aux Etats-Unis. 

Le meurtre de George Floyd par Dereck Chauvin.
Le meurtre de George Floyd par Dereck Chauvin.

En France par exemple la mort en 1986 d’un étudiant parisien nommé Malik Oussekine a provoqué une vigilance accrue de la police face aux bavures (1). Depuis lors, aucun gouvernement ne souhaite que ça se reproduise. Certes on ne pourra jamais empêcher qu’il y ait des bavures. Mais en revanche, elles ne sont ni systémiques, ni systématiques.

Aux Etats-Unis, au contraire, les bavures s’enchaînent et se ressemblent, mois après mois. A peine sortis du confinement que les plombs recommencent à voler et les bavures à s’enchaîner. Tout le monde s’en offusque, mais personne ne fait rien.

Certes, on va le repréciser : les policiers ne se déplacent jamais sur une intervention avec l’intention de tuer des gens. Mais quand ils commettent des meurtres de manière aussi flagrante, et sans aucune raison, il faut qu’ils soient condamnés pour ce qu’ils ont fait. 

On a regardé cet après-midi à la télévision les astronautes s’envoler vers l’espace, un événement pour les Etats-Unis, à tel point que le président était présent, et un grand espoir pour beaucoup. Ce qui est incroyable, c’est qu’en 1969 les Américains vivaient déjà la même chose en regardant Apollo 11 s’envoler vers la lune. Avec en arrière plan les émeutes raciales et les assassinats en série, dont ceux de Matin Luther King Jr et Bobby Kennedy. Cinquante-et-un an après on en est encore là, on a l’impression de revivre l’année 1969 et le même cauchemar ! Comme si ces morts et ces luttes n’avaient servi à rien…

Ca suffit. Cette fois, ça suffit : ça devient vraiment très dur pour tout le monde de respirer. Laissez-nous respirer ! Laissez-nous respirer !

Gwendal Gauthier

1 – Oussekine avait été matraqué par la police qui croyait qu’il était un manifestant, alors que le jeune homme (qui souhaitait devenir prêtre) sortait d’un club de jazz.


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