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Etats-Unis : Qui sont les autres candidats à l’élection présidentielle ?

Depuis le retrait de Bernie Sanders de la primaire, ils ne sont plus que deux candidats à l’affiche de l’élection présidentielle du 3 novembre : Donald Trump (Rep) et Joe Biden (Dem). Néanmoins, même si les autres sont quasi-inconnus, ils seront aussi pour certains sur la ligne d’arrivée.

Crédit photo de Kanye West : David Shankbone / CC BY 3.0 et Crédit photo Gloria La Riva : Pax Ahimsa Gethen / CC BY-SA 4.0.

Rappelons que les élections américaines ne comportent qu’un seul tour, et c’est la principale raison pour laquelle les « autres » candidats sont un peu ignorés par les médias et les électeurs : les Américains privilégient pour la plupart le « vote utile », vu qu’ils n’ont pas de deuxième tour. Néanmoins, si faibles que soient les scores des « autres » candidats, ils peuvent être déterminants. En 2016, les Libertariens ont failli faire perdre Trump. De leur côté les Verts ont peut-être fait perdre Clinton.


Voici ces « autres » candidats, avec pour commencer les deux qui vont vraiment peser.

Jo Jorgensen (Libertarian Party)

Jo Jorgensen
Jo Jorgensen (Crédit photo : Eliyak / CC BY-SA 4.0)

Joann Jorgensen a 63 ans, et c’est elle qui va porter en 2020 les couleurs du parti au porc-épic (son logo). Les Libertariens représentent une droite relativement puissante aux USA, et favorable aux libertés aussi bien économiques que sociétales. Ces positions sont assez opposées à celle de Donald Trump (assez protectionniste au niveau économique, et conservateur au niveau sociétal). Cette différence des Libertariens leur a permis de réaliser leur meilleur score en 2016 : 3,9%. Autant dire que ces 4,5 millions de voix sont précieuses : Donald Trump avait alors gagné la Présidentielle avec 46,1% des votes populaires. Si le Parti Libertarian ne s’était pas présenté, Trump aurait fait 50% !! Mais en 2016 Trump n’avait certes pas eu besoin de ces voix pour l’emporter. Quelle différence aujourd’hui ? Trump a certes bien « dompté » son Parti Républicain mais, pour le reste, les néo-conservateurs (autrefois puissants) ne voteront toujours pas pour lui. Et aussi bien ces « neo-cons » qu’une partie des centristes préféreront le Parti Libertarien. Combien ? Mystère !

www.joj2020.com


Howie Hawkins (Greens et Socialists)

Howie Hawkins
Howie Hawkins

Howie Hawkins a 67 ans et il représente pour la première fois lors de cette élection présidentielle la couleur verte du « Green Party » qu’il a co-fondé dans les années 1980. Mais Hawkins est également investi par d’autres partis ; le plus « connu » (il faut le dire vite) étant le « Socialist Party USA » dont il a aussi remporté la primaire.

Les « Greens » ont réalisé 1.1% des voix en 2016, qui ont bien entendu fait défaut à Hillary Clinton. Mais il ne faut pas oublier qu’ils ont déjà fait 2.7% (en 2000) et que les partis « verts » peuvent avoir des percées spectaculaires un peu partout sur la planète (en France en 2020 par exemple). Et, aux Etats-Unis, aussi bien les enjeux environnementaux que sociaux ne sont pas moindres qu’ailleurs, donc le score des Greens est difficile à prédire.

D’autant qu’au niveau stratégique, les Greens sont un peu déroutants. Au départ, en Allemagne ou en France, les Verts ont été créés pour permettre à des mouvements communistes-révolutionnaires (trotskistes) de se doter d’une façade électorale permettant de faire des scores électoraux plus importants que leurs mouvements révolutionnaires. Mais le parcours de « The Greens » donne l’impression inverse : ils sont vraiment radicaux (par rapport à ce qui se fait habituellement aux Etats-Unis) et en conséquence ils font peu de voix lors des élections. Même les candidatures centristes au Parti Démocrate (Obama, Clinton) ne les aide pas vraiment. Donc… il n’est pas certain qu’ils fassent un score important le 3 novembre…. mais encore une fois, si faible soit-il, leur résultat peut quand même être suffisant pour changer le nom du vainqueur. En 2016, si les électeurs de Jill Stein (la candidate « Greens » de l’époque) avaient voté « Clinton » dans le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie, alors Donald Trump aurait été battu dans ces trois Etats, mais aussi au niveau national !

www.howiehawkins.us


Les candidats de troisième plan

Si les Greens et Libertariens peuvent espérer troubler le jeu au niveau national, les autres partis en lice ne le peuvent qu’au niveau d’un ou plusieurs Etats. En effet, chaque Etat a des règles différentes pour accepter ou refuser qu’un candidat et un parti puisse avoir son bulletin de vote. Mais même quelques points dans un seul Etat peut faire basculer et changer toute la configuration de l’élection. Ce sera quand même plus difficile à réaliser pour les candidats suivants :

Don Blankenship
Don Blankenship

Don Blankenship (Constitution Party)

L’homme d’affaires Donald Blankenship a 70 ans et il est le candidat du « CP ». Il s’agit d’un parti « paléo-conservateur », c’est à dire d’une droite conservatrice « classique », « à l’ancienne », qui souhaite revenir aux « fondamentaux américains » : Déclaration d’Indépendance, Constitution, Bill of Rights, et la Bible. Pour le « CP », les Etats-Unis sont un Etat chrétien. Le parti se présente depuis 1992 aux élections et réalise toujours des scores assez marginaux. Cette fois ce sera d’autant plus compliqué que le président sortant est lui aussi sur le créneau du conservatisme.

www.donblankenship.com


Gloria La Riva (Party for Socialism and Liberation)

Gloria La Riva et Leonard Peltier
Gloria La Riva et Leonard Peltier

C’est la 3e fois que Gloria La Riva est candidate sous les couleurs de ce parti marxiste-léniniste, avec lequel elle a réalisé 0,05% en 2016. Cette fois pour faire un peu plus parler d’elle, La Riva a pris sur son « ticket » un personnage à la limite de la légende. Pour ceux qui ne le connaissent pas, en entendant que Leonard Peltier est originaire de Belcourt, ils se diront qu’il est sans doute Français ou Québécois.

Leonard Peltier
Crédit photo : Kenny – KARPOV THE WRECKED TRAIN / CC BY 2.0

Mais il s’agit en fait d’un des derniers amérindiens révoltés, membre de la tribu Chippewa, âgé de 75 ans, arrêté avec son cousin Robert Robideau en 1976 puis condamné à deux (!!!) peines de prison à vie pour avoir participé en 1975 au « shooting » de la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud) et y avoir tué deux agents du FBI. Peltier avait réussi à s’évader en 1979, avant d’être repris. Actuellement en prison en Floride, Leonard Peltier se dit toujours innocent, et est considéré comme un « prisonnier politique » par des tribus et par un grand nombre de défenseurs du socialisme et/ou des minorités de par le monde.

www.larivapeltier2020.org


Rocky De La Fuente
Rocky De La Fuente

Rocky De La Fuente (Reform Party et Alliance Party)

Il fut candidat aux primaires Démocrates de 2016, puis il est passé chez les Républicains, et cette fois il se présente en candidat « centriste », avec le soutien de l’Alliance Party (centriste) et du Reform Party, qui est plutôt classé à droite depuis les candidatures de Pat Buchanan ou du milliardaire Ross Perrot. Ce dernier avait réalisé 18,9% en 1992, soit le score le plus élevé jamais réalisé par un candidat indépendant. Mais, cette fois, quel que soit le score de De la Fuente, il sera loin de celui de Perrot.

www.rocky101.com


Kanye West avec une casquette "MAGA" (Make America Great Again").
Kanye West avec une casquette « MAGA » (Make America Great Again »). Crédit photo : White House.

Kanye West

Difficile de savoir dans quelle catégorie de candidats placer le rappeur. Sérieux ou pas sérieux ? Il a twitté le 4 juillet, jour de la fête nationale, qu’il serait candidat. Sauf qu’il y a déjà six Etats qui ont clôturé les dépôts de candidatures. Bon il lui en reste 46 autres…

Kanye est un peu à l’west, mais il est assez populaire. Jusqu’à maintenant il était connu pour être plutôt favorable au président Trump.


Les candidats de quatrième plan

Leurs partis ne seront en mesure de se présenter que dans une poignée d’Etats : 

Phil Collins (Prohibition Party)

Le Prohibition Party est le plus vieux parti des Etats-Unis (1872), et il se présente à toutes les élections présidentielles depuis lors. Cette année ça fera tout juste 100 ans qu’il n’a pas réalisé 1% à aucune Présidentielle !!! Sinon les Américains n’auraient plus le droit de boire d’alcool : son interdiction étant la raison d’être du parti. Son emblème est le chameau, peut-être parce que cet animal stocke beaucoup d’eau dans ses bosses ! Cette année son candidat à un nom connu, Phil Collins, sauf que… c’est juste un homonyme du chanteur de Genesis.

www.philcollins4president.weebly.com


Jérôme Segal
Jérôme Segal

Jerome Segal (Bread and Roses)

Jerome Segal est un philosophe et activiste de 76 ans qui a créé ce parti « socialistique » en 2018. Il souhaite une société « moins compétitive », avec « plus de winners » : il a bien raison, non ?!

www.segalforpresident.org


Mais aussi :

Rudy Reyes pourra se présenter au moins dans le Minnesota afin de demander la légalisation du cannabis. Brian Carroll représentera la Démocratie Chrétienne. Mark Charles est un activiste amérindien qui tente de concourir en indépendant. Et au moins trois petits partis révolutionnaires essayent aussi d’y aller.


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