Dix choses à considérer pour ne pas se faire avoir par les fausses nouvelles
À l’ère des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle et de l’information en continu, nous n’avons jamais eu accès à autant de contenus… ni à autant de fausses nouvelles. Rumeurs virales, titres trompeurs, vidéos sorties de leur contexte ou textes générés par l’IA brouillent la frontière entre le vrai, le faux et le « vraisemblable ».
Dans cet environnement saturé, la question n’est plus seulement comment vérifier une information, mais aussi quand vaut-il mieux l’ignorer. Voici dix réflexes simples pour éviter de se faire piéger par la désinformation — sans devenir paranoïaque ni passer ses journées à tout vérifier.
1. Tout ce qui circule ne mérite pas votre attention.
L’une des erreurs les plus courantes consiste à croire que toute information qui apparaît sur un écran mérite d’être analysée ou commentée. En réalité, une grande partie des contenus en ligne n’existe que pour capter du temps d’attention, provoquer une réaction ou nourrir une polémique artificielle. Apprendre à ignorer certaines informations est devenu une compétence à part entière.
Apprendre à faire la différence entre un « site internet » et un « réseau social » peut déjà être un début. Par exemple un grand nombre de nos lecteurs québécois confondent les deux. Ils pense que c’est normal… mais ils sont à peu près les seuls citoyens du monde à trouver normal d’appeler une « page Facebook » un « site internet ». Sur un site internet il y a un propriétaire pénalement responsable (sauf quand c’est un site pirate). Sur un réseau social personne n’est responsable de rien (ou presque).
2. Une information importante ne reste presque jamais isolée.
Lorsqu’un fait est réel et significatif, il est en général repris par plusieurs médias. Un réflexe simple consiste à vérifier sa présence dans Google Actualités. Si aucun média reconnu n’en parle, ou si la “nouvelle” ne circule que sur les réseaux sociaux ou un seul site marginal, la prudence s’impose.
3. La crédibilité d’une information dépend aussi de celui qui la publie.
Avant même de s’intéresser au contenu, il est essentiel d’identifier la source. Un média établi, un site militant, un blog personnel ou un compte anonyme n’obéissent pas aux mêmes règles ni aux mêmes exigences. L’absence d’auteur clairement identifié ou de ligne éditoriale lisible est rarement rassurante.
4. Un texte convaincant peut être totalement faux.
La fluidité d’un article, la qualité de l’écriture ou la cohérence apparente d’un raisonnement ne constituent pas des garanties de véracité. Avec l’essor des contenus générés par l’intelligence artificielle, il devient de plus en plus facile de produire des textes plausibles… mais inexacts.
5. Les émotions sont souvent un signal d’alarme.
Les fausses nouvelles cherchent fréquemment à provoquer une réaction immédiate, qu’il s’agisse de colère, de peur ou d’indignation. Lorsqu’une information suscite une envie irrépressible de la partager, il est généralement préférable de prendre du recul avant de le faire.
6. Les faits et les opinions doivent être clairement distingués.
Un article sérieux sépare ce qui est établi de ce qui relève de l’interprétation. La désinformation, au contraire, mêle souvent faits partiels et commentaires orientés sans prévenir le lecteur. Lorsque cette frontière devient floue, la vigilance est de mise.
Les médias de masse sont souvent critiqués depuis une dizaine d’années, et à juste raison, car dans certains de nos pays occidentaux ils sont passés à la « post-vérité ». Leurs opinions et analyses peuvent être biaisées et il faut certes se méfier – garder un esprit très critique – mais en revanche ils ont le mérite de vérifier les faits. Si un média de masse reconnu vous dit qu’il y a eu un ouragan à Miami avant-hier, vous n’avez pas besoin d’aller vérifier : ils l’ont fait pour vous. S’ils en tirent comme analyse qu’il y a « plus d’ouragans qu’avant » (comme c’est arrivé) alors vérifiez (cette information, par exemple, est fausse). Ce genre d’intox arrive parfois (« l’immunité collective » durant la Covid etc…) mais c’est tout de même assez rare. Dans les deux cas qu’on vient de mentionner, des comités scientifiques ont assené des analyses tordues que les médias, confortés par les pouvoirs politiques, ont été dans l’impossibilité de démentir (combien de médias ont leur propre comité scientifique ? Peu !). Il faut garder l’esprit critique, et surveiller les biais politiques, mais sans tomber dans la paranoïa permanente ni les théories du complot contre les médias de masse.
7. Les titres sensationnalistes sont rarement un gage de fiabilité.
Les formulations excessives ou complotistes attirent l’attention mais dissimulent souvent un contenu pauvre ou trompeur. Plus un titre promet une révélation spectaculaire ou une vérité cachée, plus il mérite d’être abordé avec scepticisme.
8. Les chiffres et les citations doivent pouvoir être retrouvés ailleurs.
Un chiffre impressionnant ou une citation choc doivent pouvoir être confirmés par d’autres sources. Lorsqu’une donnée ne peut être retrouvée qu’à un seul endroit, ou qu’elle n’est jamais sourcée précisément, il est préférable de la considérer avec prudence.
9. L’intelligence artificielle peut aider à vérifier… mais elle n’est pas infaillible.
Les outils d’IA peuvent être extrêmement utiles pour recouper des informations, rechercher des sources ou comparer plusieurs versions d’un même fait. Mais ils s’appuient eux-mêmes sur un internet déjà saturé d’erreurs. L’IA est à considérer comme un outil d’assistance, pas un arbitre de la vérité.
10. Accepter de ne pas savoir est souvent la meilleure protection.
Dans un environnement où tout pousse à réagir immédiatement, reconnaître que l’on ne dispose pas encore de suffisamment d’éléments est une attitude saine. La précipitation est l’alliée de la désinformation, tandis que le doute raisonné en est souvent le meilleur antidote.
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