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Les différents candidats à la Primaire républicaine et leurs chances de l’emporter

Les Primaires du Parti Républicain se dérouleront entre février et juin 2024. Elles désigneront le candidat qui affrontera en novembre de la même année le président démocrate sortant, Joe Biden.

Ce qui apparaît étonnant quand on regarde la liste des candidats déclarés (ou qui vont se déclarer) à la Primaire du Parti Républicain, c’est qu’il n’y a que des ex-trumpistes (à part Trump qui est toujours trumpiste !). Ainsi, pout le moment il n’y a plus de centristes, plus de néo-conservateurs, plus de paléo-conservateurs, plus de libertariens comme Rand Paul, plus de « libéraux BCBG » du genre McCarthy ou McConnel : que des populistes ayant par le passé été proches de Trump !

En regardant les sondages, il paraît certain que les électeurs préfèrent l’original (Trump) aux copies. Et on peut même se demander si Trump n’a pas demandé à l’un ou à l’autre de se présenter afin de diviser son opposition !

Est-ce que les jeux sont faits ? Pas forcément. Trump a certes beaucoup d’avance, et une légitimité (en tant qu’ancien président) aux yeux de nombreux électeurs républicains, mais DeSantis ou Pence ne sont pas là pour faire de la figuration.

Le premier débat de la Primaire va se dérouler le 28 août à Milwaukee (WI) et il devrait y en avoir ensuite un par mois, puis probablement deux dès le mois de janvier 2024.

Pour voir les sondages : https://projects.fivethirtyeight.com/polls/president-primary-r/2024/national/

Cette liste sera mise à jour en fonction des futures candidatures et désistements :

Donald J. Trump (77 ans)

Donald Trump.
Donald Trump. Crédit photo : Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0) https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Les « losers » de la Présidentielle américaine n’arrivent généralement pas a être élus par la suite. C’est d’ailleurs certainement pour ça que Trump n’a jamais reconnu sa défaite de 2020 : afin de ne pas apparaître comme un total perdant. Mais, de toute façon, Trump n’est pas un « loser » comme un autre. Déjà parce que, après deux défaites de son camp républicain en 2008 et 2012, il a été le « winner » de 2016. Et puis, en 2020 il a certes « losé », mais il ne faut pas oublier qu’il a alors réalisé le meilleur score jamais obtenu par un candidat à la Présidentielle… derrière le score de Joe Biden.

Alors, voilà, malgré (ou grace) aux poursuites judiciaires, Trump écrase aussi bien les sondages de la Primaire (jusqu’à 56%, soit plus de 30 points d’avance sur DeSantis) que ceux concernant la Présidentielle (six points d’avance sur Biden). Au Courrier, on relativise généralement les sondages (vu les désastres qu’ils ont provoqué dans le passé) mais là il est évident que quelque chose se passe.

Parlons maintenant de son positionnement politique : si Trump a fait une belle campagne de terrain en 2020, ce fut sans programme électoral. Juste avec son bilan. S’il est radical dans sa manière de s’exprimer, il est pour le moment sur une ligne moins « conservatrice » que DeSantis ou Pence (Même si ces deux-là, comme Trump, feront évoluer leur ligne en fonction des besoins politiques.) Par exemple, récemment sur le sujet de l’avortement, Trump est capable de critiquer DeSantis : « Si vous regardez ce que DeSantis a fait, beaucoup de gens ne savent même pas s’il savait ce qu’il faisait. Mais il a signé (une loi pour un délai de) six semaines, et de nombreuses personnes au sein du mouvement pro-vie pensent que c’était trop strict. »

Si Trump n’a pas vraiment d’idéologie politique, on peut qualifier sans trop se risquer sa politique comme étant un  « nationalisme à l’américaine », c’est à dire libérale sur le plan économique, MAIS un peu protectionniste. Sur le plan international il a été très isolationniste avec des discours soulignant souvent qu’il ne souhaitait pas que les Etats-Unis s’embarquent dans de nouvelles guerres.

Trump est toujours aujourd’hui la figure populiste, césariste, écrasante, un peu étouffante même avec toutes les polémiques qu’il engendrait sur Twitter quand il était président. Ceux qui ont voté contre lui en 2020 étaient lassés, et motivés pour s’en débarrasser. Mais, comme dit plus haut, il avait aussi beaucoup de fans, et il en a toujours. Pour le moment on ne peut que le donner gagnant de la Primaire.

www.donaldjtrump.com


Ron DeSantis (44 ans)

Ron DeSantis
Ron DeSantis. Crédit photo : Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0) https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Le gouverneur de Floride était depuis quelques années le chouchou d’une bourgeoisie républicaine qui n’appréciait pas les frasques et coups de gueules trumpiens (ni le fait qu’il achète le silence d’actrices porno etc…). Les fans de DeSantis étaient alors plutôt centristes. Mais, depuis sa réélection au poste de gouverneur en novembre 2022, DeSantis a mis un coup de barre à droite toute : faisant voter en Floride des lois contre l’immigration, le wokisme, l’avortement etc…, avec pour objectif de se faire remarquer par la base conservatrice du Parti Républicain dans les autres Etats. Va-t-il réussir à cumuler l’électorat centriste et l’électorat conservateur ? Rien n’est moins sûr. Son lancement de campagne aurait dû lui permettre de passer de 25 à 35 points dans les sondages, mais… ce fut un désastre. Ca devait être réalisé en direct sur Twitter, mais le réseau social n’a pas fonctionné. Son clip de lancement de campagne était insipide, et son slogan copié sur celui de Trump en 2016. De nombreux observateurs pensent qu’il a un problème de personnalité et de créativité politique, et c’est clairement l’impression qu’il a donné en ce mois de mai 2023. Son point positif, c’est qu’il sait prendre des risques. Face à la Covid, DeSantis a adopté en Floride (sur les conseils de Trump) une politique inverse à celle des pays occidentaux : il a interdit d’interdire, de confiner, de forcer les gens à se faire vacciner etc… Cette politique face à la pandémie est le point qui lui a lui a permis d’être très largement réélu comme gouverneur en novembre 2022.

Avec des sondages supérieurs à 20%, il n’est pas là pour faire de la figuration durant la Primaire. Il est clairement, pour le moment, le seul challenger qui se distingue face à Trump. Il va toutefois devoir ramer vu son début de campagne désastreux. Et, s’il tape trop sur Trump, il passera pour un « traître » aux yeux des électeurs Républicains, puisque c’est Trump qui a lancé DeSantis sur la scène politique. La situation est donc très inconfortable pour lui.

www.rondesantis.com

Ron DeSantis est candidat à la Primaire Républicaine : notre analyse de son duel avec Donald Trump


Nikki Haley (51 ans)

Nikki Haley
Nikki Haley. Crédit photo : Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0) https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Elle a deux points communs avec Tim Scott : d’une part ils sont tous les deux de Caroline du Sud, et d’autre part ils ne sont pas candidats à la primaire pour la remporter, mais…  pour se placer sur le « ticket » du gagnant (ou pour un ministère). En effet, à défaut de pouvoir gagner, ils peuvent l’un comme l’autre apporter beaucoup de voix au gagnant, et ils le savent. C’est pour ça qu’ils sont là. Ils vont faire gonfler leur popularité durant les débats télévisés puis se désisteront pour le favori.

De parents originaires du Penjab (Inde), Nikki Haley a été élevée dans la confession sikh, mais elle s’est convertie à la religion protestante (méthodiste) de son mari. Elle fut Gouverneure de Caroline du Sud de 2011 à 2017, avant d’être nommée par Donald Trump ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations Unies pendant deux ans (2017-2018). Elle est également très conservatrice et a lancé sa carrière politique dans le sillon du mouvement populiste Tea Party, soutenant Ted Cruz, puis Trump en 2016. Si elle peut envisager d’être sur « le ticket », c’est parce qu’elle est énergique, talentueuse, rompue à l’exercice du pouvoir, mais aussi issue d’une minorité ethnique, et évidemment parce qu’elle pourrait apporter une touche féminine à un candidat qui serait, disons… peut-être un peu trop viril ! Elle est autour de 5% dans les sondages pour la Primaire donc elle ne la gagnera pas, mais elle est tout sauf… « la comète de Haley » : on continuera d’entendre parler d’elle à l’avenir.

www.nikkihaley.com


Tim Scott (57 ans)

Tim Scott
Tim Scott. Crédit photo : Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0) https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Comme Nikki Haley, c’est un nom qu’il faut retenir. Il est originaire de Charleston, (Caroline du sud). Issu d’une famille pauvre de la ville, il y réalise une belle carrière dans les assurances, puis est élu représentant des Etats-Unis en 2011 et, suite à la démission d’un sénateur de l’Etat, il est nommé en 2012 par la gouverneure Nikki Haley (!!!) afin de le remplacer. En 2016 il se présente à sa propre succession et est élu avec 61% des voix, puis réélu en 2022 avec 62,9%. Il n’y a pas de mystère, lui aussi est à la droite du Parti Républicain, et fut un proche du Tea Party. Par ailleurs il est célibataire et Chrétien. Il démarre dans les sondages de la Primaire à 2% d’intentions de vote.

Un mot sur un éventuel « ticket » de Donald Trump : en 2015 Trump était regardé avec défiance par les Conservateurs. Le choix de Mike Pence pour le ticket était alors cohérent. Mais s’il gagne de nouveau la primaire, Trump n’aura plus à convaincre les conservateurs. Il pourrait ainsi prendre en « V-P » une personnalité qui lui ouvre d’autres perspectives, comme par exemple Haley ou Scott (mais il a aussi d’autres choix).

www.votetimscott.com


Chris Christie (60 ans)

Chris Christie
Chris Christie. Crédit photo : Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0) https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

L’ancien procureur (2002-2008) puis gouverneur du New-Jersey (2010-2018) s’est déclaré pour la Primaire. Il est trop intelligent pour ne pas savoir qu’il ne sera pas le gagnant. En 2016 il avait jeté l’éponge après avoir réalisé 7% lors de la Primaire du New Hampshire (emportée par Trump). Chris Christie était jusqu’à cette époque-là positionné un peu moins à droite que les autres Républicains. Mais après avoir quitté la Primaire de 2016, il s’est rangé derrière Trump de manière assez inconditionnelle.  Après l’élection de Trump il n’obtint strictement rien en retour : aucun ministère ni nomination ! Il soutint le président durant tout son mandat, ne le lâchant que seulement après les émeutes du 6 janvier 2021 au Capitole.

Aujourd’hui, Chris Christie pense peut-être qu’en réalisant un ou deux points de plus que lors de la Primaire de 2016, il peut peut-être forcer Trump ou DeSantis à lui donner quelque chose. Mais, si le côté bonhomme de Christie peut le rendre sympathique, sa côte de popularité n’est pas réelle, et même dans son propre Etat ça ne s’est pas terminé de manière très positive.

Ainsi, on n’est pas très positif sur ses chances… mais comme il est plus centriste que les autres candidats… il pourrait séduire quelques Républicains modérés.

www.chrischristie.com


Mike Pence (64 ans) s’est retiré de la course

Mike Pence
Mike Pence. Crédit photo : Gage Skidmore (CC BY-SA 2.0) https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

L’ex-vice-président de Trump (candidat avec lui en 2016 et 2020) est un homme très conservateur, chrétien évangéliste, très posé, assez apprécié (même s’il n’est pas du tout chaleureux) et avec une personnalité et une intelligence politique réelle. Il sera « l’homme calme » parmi le trio de tête. Il a été extrêmement discret durant le mandat de Trump, même quand les Trumpistes ont crié qu’ils voulaient le « pendre », le 6 janvier 2021 dans les rues de la capitale américaine (parce qu’il avait déclaré officielle la victoire de Biden).

Vu la situation d’aujourd’hui, on a beaucoup de mal à croire qu’un « homme calme » puisse gagner la Primaire ! Pence était depuis longtemps dans tous les sondages (avant même d’être candidat), et il avait du mal à dépasser les 5%. Mais il a une vraie maîtrise de l’exercice du pouvoir, et ça se verra peut-être un petit peu dans les débats. Sera-ce suffisant pour le faire monter dans les sondages ? Il a clairement une dimension politique et il pourrait prendre des voix chez les conservateurs et même certains modérés… Il n’est pas à exclure qu’il fasse une belle prestation. Mais il fera moins d’étincelles – il fera moins le show – dans les débats télévisés que certains de ses adversaires.

Natif de Columbus (Indiana) Mike Pence a été représentant de cet Etat puis son gouverneur.

La brouille du 6 janvier 2021 avec Donald Trump semble assez profonde pour qu’un futur accord entre les deux hommes soit difficile.


Les autres candidats déclarés :

Vivek Ramaswamy est un homme d’affaires de 37 ans originaire de l’Ohio, conservateur et qui se présente pour la première fois à une élection, non sans s’être fait remarqué, puisqu’il est à 3,6% d’intentions de vote.

www.vivek2024.com

Vivek Ramaswamy.
Vivek Ramaswamy.
Par Gage Skidmore — https://www.flickr.com/photos/gageskidmore/52588561413/, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=128720201

Asa Hutchinson (72 ans) était gouverneur de l’Arkansas depuis 2015 jusqu’au mois de janvier 2023. Il n’est pas moins conservateur que les autres et est à moins de 1% dans les intentions de vote.

www.asa2024.com

Asa Hutchinson
Asa Hutchinson.
Photo by: Shane T. McCoy / US Marshals

Larry Elder (71 ans) est un ex-avocat californien reconverti comme commentateur politique sur un show radio (The Larry Elder Show) ayant un succès national, et classé plus à droite que tous les autres. Il s’est lancé dans les élections en 2021 pour le poste de gouverneur de Californie (sans succès).

www.larryelder.com

Larry Elder
Larry Elder (domaine public)

Francis X. Suarez (45 ans) a déclaré sa candidature par une vidéo le 15 juin : « Mon père m’a appris qu’il fallait choisir ses batailles, et je choisis la plus grande de ma vie. Je vais me présenter à la présidence, je vais me présenter pour vos enfants et les miens. Donnons-leur l’avenir qu’ils méritent. Il est temps de prendre les choses en main. Il est temps de commencer ».

Dans cette élection, Francis Suarez, avocat, est le premier candidat « latino » (parents cubains) à se déclarer, et le 3e candidat résidant en Floride. Suarez n’est pas réputé être un ami de Trump, mais il n’a pas de popularité en dehors de son Etat, et sa candidature ne peut ainsi que – éventuellement – prendre des voix précieuses au gouverneur de Floride, Ron DeSantis.

Francis Suarez ne devrait pas pouvoir se qualifier pour les débats entre candidats de premier plan.

www.facebook.com/FrancisXSuarez/


Doug Borgum : l’actuel gouverneur du Dakota s’est déclaré candidat le 7 juin.


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Les autres candidats potentiels :

Notons pour commencer les candidatures qui pourraient avoir des conséquences : Ted Cruz est populaire, les gouverneurs du Texas Abbott et Perry pourraient se faire remarquer. Enfin, Liz Cheney pourrait rassembler les voix des centristes et anti-Trump.

– Les anti-trump John Bolton et Liz Cheney ont exprimé leur intérêt, et ils sont tous les deux fortement ancrés dans le courant néoconservateur. Bolton avait pourtant accepté de devenir conseiller à la sécurité nationale de Trump en 2018, mais au bout d’un an il s’était retourné contre le président, notamment en publiant un livre hostile durant la campagne électorale de 2020.

– Les Texans : Will Hurd (représentant), Rick Perry (ex-gouverneur), Greg Abbott (actuel gouverneur) et Ted Cruz (sénateur) pourraient être intéressés de se jeter dans l’arène.


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