L’IA va-t-elle tuer tous les emplois aux États-Unis ?
Tom Llamas, présentateur vedette de NBC Nightly News, a posé la question à Donald Trump le 4 février : « Si l’intelligence artificielle élimine un grand nombre d’emplois, assumerez-vous d’être le président qui a favorisé son installation ? » Et le président a répondu qu’effectivement il assumerait car cela allait créer plein d’emplois.
Derrière cet échange se cache un débat économique majeur. Plusieurs études — Goldman Sachs, McKinsey, MIT ou OCDE — estiment que l’IA pourrait automatiser entre 20 % et 30 % des tâches actuelles. Les fonctions administratives, la relation client, la traduction, certains métiers juridiques ou comptables figurent parmi les plus exposés.
Mais automatiser des tâches ne signifie pas supprimer massivement des emplois. L’histoire économique montre que les révolutions technologiques transforment davantage le travail qu’elles ne l’anéantissent. L’IA accroît déjà la productivité dans la santé, l’ingénierie, le marketing ou la recherche, tout en créant de nouveaux métiers : ingénieurs IA, spécialistes des données, techniciens de data centers, experts cybersécurité ou formateurs.
Un autre débat émerge : faut-il un vaste filet de sécurité public pour accompagner la transition ? Certains plaident pour des programmes massifs de formation, des aides renforcées, voire un revenu minimum garanti.
Des économistes comme Phil Gramm et Michael Solon contestent cette approche dans une tribune envoyée au Wall Street Journal le 6 février. S’appuyant sur la notion de « destruction créatrice » de Schumpeter, ils estiment que l’économie américaine absorbe historiquement bien les chocs technologiques. Depuis 2000, plus de 5 millions d’Américains changent d’emploi chaque mois — presque autant que les créations de postes.
Selon eux, plusieurs programmes publics passés ont montré leurs limites. Des dispositifs d’aide aux travailleurs déplacés ou certaines allocations chômage prolongées auraient ralenti le retour à l’emploi plutôt que de l’accélérer. Ils plaident plutôt pour l’usage… de l’IA elle-même afin d’orienter, former et repositionner les travailleurs en temps réel.
À court terme, des destructions d’emplois sont probables, notamment dans les fonctions intermédiaires. Mais les pénuries de main-d’œuvre dans la santé, la logistique ou l’ingénierie pourraient amortir le choc.
À la question de Tom Llamas, Trump aurait certainement dû répondre que la même interrogation s’est posée lors de l’arrivée de l’électricité, de l’industrie, de la voiture, de l’avion ou d’internet. Oui, certaines professions vont disparaître. Mais quelle autre solution avons-nous que de nous adapter ?
S’il y a des emplois détruits, néanmoins des pays comme les Etats-Unis et la Chine créent déjà des emplois en investissant dans l’IA. La question des emplois sera certainement plus brutale pour les pays qui deviendront dépendants des IA américaines et chinoises.
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