Comment l’IA peut-elle m’aider avec mes impôts cette année aux USA (ou ailleurs) ?
La saison fiscale 2026 est bien entamée aux États‑Unis, et pour beaucoup de contribuables une nouvelle question se pose : l’intelligence artificielle peut‑elle aider à faire ses impôts ? La réponse est nuancée. Les outils d’IA se multiplient, mais non, si vous avez un expert comptable, l’IA ne le remplacera pas.
Du côté des avantages, l’IA peut se montrer utile pour simplifier certaines tâches préparatoires. Plusieurs chatbots comme Google Gemini, ChatGPT ou Claude savent conseiller sur les formulaires à rassembler, expliquer les différents types de revenus ou clarifier des concepts fiscaux complexes en langage simple. Ils peuvent aussi aider à organiser vos documents et à suggérer des pistes de déductions possibles, ce qui fait gagner du temps à ceux qui préparent leurs déclarations eux‑mêmes.
Par ailleurs, certains logiciels de préparation de déclarations intègrent déjà des fonctions basées sur l’IA qui automatisent des tâches répétitives : lecture et reconnaissance de documents, proposition de déductions selon votre situation, ou réponses instantanées à des questions fréquentes. Et certains programmes avancés se targuent d’offrir des conseils personnalisés en fonction de vos revenus, crédits et réductions d’impôts.
Pourtant, malgré ces avancées, l’IA a des limites très nettes. Elle ne peut pas déposer votre déclaration auprès de l’IRS et n’est pas légalement responsable si des erreurs conduisent à une pénalité ou à un redressement fiscal. Les experts fiscaux et les autorités avertissent que les réponses générées par IA peuvent être inexactes, incomplètes ou obsolètes, en particulier pour des situations complexes comme des revenus d’entreprise, des questions internationales ou des crédits spécifiques : dans certains cas, des IA testées ont donné des réponses erronées jusqu’à 50 % du temps.
De plus, partager des informations financières sensibles avec des plateformes d’IA non sécurisées présente des risques de confidentialité et de sécurité si les données ne sont pas correctement protégées.
L’IRS lui‑même souligne qu’un chatbot qui donne de mauvais conseils ne protège pas le contribuable de sanctions fiscales, et recommande de vérifier toute information obtenue via l’IA auprès de sources fiables comme IRS.gov ou un professionnel qualifié.
L’un des risques majeurs de l’usage de l’IA pour les impôts est sa propension à donner des réponses inexactes ou dépassées, surtout lorsqu’il s’agit de législations qui évoluent fréquemment (comme les taux de taxes locales ou les règles propres à chaque État). Par exemple, en 2025 certains chatbots alimentés par IA ont indiqué à tort un taux de taxe sur les ventes dans une ville de l’État de Washington qui n’était pas encore entré en vigueur, car ils ont confondu la date d’adoption d’une loi avec sa date d’application réelle — ce qui peut entraîner des erreurs dans le calcul des taxes dues.
Par ailleurs, l’Internal Revenue Service (IRS) a émis des avertissements officiels concernant les erreurs générées par des outils d’IA lorsqu’ils classifient des revenus, appliquent des déductions ou utilisent de l’information obsolète : dans certains cas, ces erreurs peuvent faire l’objet d’un examen plus strict par l’administration fiscale, et une déclaration incorrecte due à l’IA n’exonère pas le contribuable des pénalités associées.
Ces limites s’expliquent notamment par la difficulté pour les modèles d’IA à suivre en temps réel les changements législatifs fédéraux et locaux, à intégrer des contexts spécifiques (comme des règles fiscales propres à un État) et à interpréter des situations financières complexes. De plus, le manque de transparence algorithmique (“boîte noire”)complique la tâche de savoir pourquoi une IA a fourni une réponse donnée, ce qui peut entraver les recours d’un contribuable s’il conteste un résultat ou une analyse.
En résumé, l’IA peut être un outil d’appoint utile pour guider, informer et accélérer certaines étapes de la préparation fiscale, mais elle doit être utilisée avec prudence et ne remplace pas l’analyse approfondie d’un expert comptable pour les situations complexes ou à fort enjeu.
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