Cormac McCarthy, l’Amérique à vif
Une nouvelle biographie, Cormac McCarthy: A Legacy Revisited, signée Tracy Daugherty, remet en lumière Cormac McCarthy (1933-2023), l’un des géants de la littérature américaine. L’occasion de (re)découvrir un écrivain qui a mis des décennies à trouver son public.
Né dans le Rhode Island mais élevé dans le Tennessee, McCarthy commence par des romans du Sud profond, sombres et violents, qui se vendent à peine. Il part ensuite vers l’Ouest, et c’est là que tout bascule. Avec lui, le western, genre populaire, devient grande littérature : la conquête de l’Ouest n’y est plus une épopée héroïque, mais une histoire de sang. Son style est reconnaissable entre mille : peu de ponctuation, pas de guillemets, une langue à la fois biblique et sèche, héritée de Melville et Faulkner. Le succès arrive enfin en 1992. Il s’éteint au Nouveau-Mexique.
Le biographe ne cache rien des zones d’ombre de l’homme, qui cultivait volontiers sa légende de solitaire.
Peu de nos lecteurs liront la biographie en anglais, alors par où commencer son œuvre en français ? De si jolis chevaux, premier volet de la Trilogie des confins, pour l’épopée et l’émotion. Méridien de sang, pour les lecteurs aguerris : un western d’une violence inouïe, souvent cité comme son chef-d’œuvre. Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme, pour la tension de thriller, adapté au cinéma par les frères Coen. Enfin La Route, prix Pulitzer 2007, pour le choc : un père et son fils dans un monde dévasté. Le plus accessible, et le plus bouleversant.
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