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Artemis : vers l’infini et au‑delà ! Le vol habité autour de la Lune sera tiré dans les semaines qui viennent

Artemis 2 : la première mission habitée autour de la Lune depuis Apollo

La NASA s’apprête à franchir une étape majeure de son programme Artemis avec Artemis 2, une mission historique qui doit envoyer des astronautes autour de la Lune pour la première fois depuis 1972, année de la dernière mission Apollo. Cette expédition n’a pas pour objectif d’atterrir sur le sol lunaire, mais de tester les systèmes critiques du vaisseau Orion et de la fusée SLS (Space Launch System) avec un équipage à bord.

La fusée Space Launch System (SLS) de la NASA qui enverra le vaisseau Orion vers la Lune (ici en 2022 au Kennedy Space Center de Floride).
La fusée Space Launch System (SLS) de la NASA qui enverra le vaisseau Orion vers la Lune (ici en 2022 au Kennedy Space Center de Floride). Crédit photo : (NASA/Joel Kowsky)

Le décollage est actuellement prévu entre le 5 février et la fin avril 2026, selon les dernières fenêtres de tir identifiées par la NASA, qui souhaite garantir toutes les conditions techniques et de sécurité avant d’envoyer les quatre astronautes dans ce voyage d’environ 10 jours autour de la Lune et retour sur Terre. 

Ce sera un moment fort de l’exploration spatiale moderne : alors qu’au cours des années 1960 et 1970, la course à la Lune s’inscrivait dans un contexte de rivalité géopolitique, Artemis 2 symbolise aujourd’hui une nouvelle ambition internationale, plus scientifique et plus durable. L’équipage prévu comprend des astronautes américains et canadiens, avec des missions scientifiques spécifiques à bord du module Orion pour recueillir des données qui serviront aux vols futurs et à l’exploration profonde de l’espace. 

Ne manquez pas le lancement à Cape Canaveral

Voir un SLS décoller depuis le Kennedy Space Center ou la ville de Cape Canaveral est une expérience inoubliable : c’est la plus lourde et puissante fusée jamais construite. Le sol et l’air vibrent puissamment, le panache immense et le bruit impressionnant font de ce spectacle un moment unique. À Jetty Park, l’un des points de vue populaires, il faut arriver tôt car les places et parkings sont limités le jour du lancement. Certaines routes proches de la rampe peuvent être fermées pour des raisons de sécurité, mais malgré cela, assister au décollage d’un SLS reste un moment exceptionnel pour tous les passionnés d’espace et de sensations fortes !

Le vaisseau Orion
Le vaisseau Orion qui sera mis en orbite lunaire.

Des retards répétitifs : une trajectoire complexe

Le calendrier des missions Artemis a été affecté par une série de retards techniques et logistiques qui reflètent la complexité exceptionnelle de cette entreprise. À l’origine, **Artemis 2 devait être lancée dès 2024, avant d’être repoussée à **septembre 2025, puis finalement à l’année 2026 actuelle. Ces décalages sont essentiellement dus à des exigences de sécurité rigoureuses, à des défis dans le développement du bouclier thermique du vaisseau Orion, ainsi qu’à la nécessité de tester des systèmes jamais employés ensemble dans un contexte habité ; chacun a pu constater ces dernières années que les journaux télévisés étaient souvent animés par des crashs de fusées-tests.

Artemis I, le vol automatique non habité qui a ouvert la voie à tous les vols habités, avait lui aussi subi plusieurs reports avant de décoller avec succès en novembre  2022. Ces retards soulignent la difficulté technique d’assembler et de coordonner des avancées majeures — un lanceur puissant, une capsule habitée de nouvelle génération, des systèmes de communication longue distance et des procédures d’exploitation inédites. 

Cette dynamique de reports a naturellement impacté les missions suivantes, car une trajectoire sûre dans l’espace requiert que chaque étape soit parfaitement maîtrisée avant la suivante.

Artemis 3 et Artemis 4 : un retour lunaire en perspective

Image d'artiste pour la future base lunaire
Image d’artiste pour la future base lunaire : ESA /Pierre Carril)

Au cœur du programme Artemis, Artemis 3 sera la mission qui, selon la NASA, doit poser des astronautes sur la surface lunaire, près du pôle sud lunaire — un site riche en glace d’eau et convoité pour sa valeur scientifique et potentiellement stratégique. Initialement programmée pour la fin 2026, cette mission a été **remaniée pour une fenêtre plus tardive, probablement **vers mi‑2027 ou début 2028, principalement en raison de difficultés dans le développement des alunisseurs habités et des combinaisons spatiales. 

Contrairement à Apollo, les missions Artemis incluent la participation d’entreprises privées, comme SpaceX, qui développe un atterrisseur Lunaire dérivé du Starship. Cette collaboration, bien qu’ambitieuse, a ajouté des niveaux de complexité et d’intégration supplémentaires au calendrier initial.

La future station Gateway en orbite autour de la Lune sera progressivement construite. Elle sera plus modeste au début.
La future station Gateway en orbite autour de la Lune sera progressivement construite. Elle sera plus modeste au début que sur cette image.

Au-delà d’Artemis 3, Artemis 4 doit jouer un rôle encore plus long terme : elle vise à transporter vers l’orbite lunaire ou sur la surface des modules destinés à étoffer la présence humaine durable sur et autour de la Lune, dont une station lunaire orbitale baptisée Lunar Gateway. Ce projet fonctionne comme une plateforme pour des missions scientifiques prolongées, mais aussi comme une étape préparatoire à des expéditions encore plus lointaines. 

Ainsi, la planète lunaire, loin d’être une fin en soi, devient un terrain d’entraînement essentiel pour les ambitions martiennes.

Et pour Mars ? Un objectif lointain mais intégré

Le programme Artemis n’est pas seulement un projet lunaire : il est conçu comme un tremplin vers Mars. La NASA et ses partenaires publics et privés considèrent que les défis rencontrés autour de la Lune — systèmes de survie en milieu hostile, puissance de propulsion, communications interplanétaires et autonomie humaine — sont autant d’étapes préparatoires indispensables avant de tenter un vol habité vers la Planète rouge.

Les technologies mises à l’épreuve à bord d’Orion, dans les modules lunaires et sur les stations orbitales autour de la Lune servent de banc d’essai à celles qui devront soutenir des astronautes pendant des missions martiennes plus longues. La géologie, l’environnement et les opérations scientifiques autour de la Lune fournissent des données cruciales pour comprendre comment vivre et travailler loin de la Terre.

Parallèlement à cela, des projets privés comme SpaceX Starship envisagent des architectures de vols qui pourraient, dans la décennie suivante, envoyer des humains sur Mars. Même si cela reste hypothétique et dépendant d’énormes progrès techniques et financiers, l’orientation stratégique du programme Artemis fait de Mars une destination finale, intégrée dès la conception à une feuille de route graduée.

Une française partira aussi de Cap Canaveral en février

Pour sa part elle partira moins loin, puisque Sophie Adenot prendra place à bord d’une fusée à destination de la station internationale.


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