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Centième numéro du Courrier des Amériques : interview de son fondateur

Pourquoi N°100 ? Sur la couverture du journal c’est écrit N°20 ?

Gwendal Gauthier
Gwendal Gauthier

Gwendal Gauthier : Le Courrier des Amériques est la suite (et la même chose) que Le Courrier de Floride. Nous avons changé de nom après une interruption de six mois durant la crise de la Covid en 2020 ; une situation totalement indépendante de notre volonté : les lieux publics et commerces n’accueillant plus de personne en leur sein, les lecteurs ne pouvaient plus aller chercher de journaux, donc il nous a fallu arrêter. Mais il y avait ainsi eu jusqu’en mars 2020 quatre-vingt numéros du « Courrier de Floride » (je compte le numéro zéro) et depuis lors nous en sommes à 20 éditions du « Courrier des Amériques », et c’est donc bien le 100e numéro de journal que nous imprimons en Floride et que nous souhaitons ici fêter !

Quels ont été les grandes émotions que vous avez vécu durant ces années ?

G.G : L’enfermement (en tout cas le « semi-enfermement ») des gens chez eux, la fermeture des entreprises, l’interdiction de voyage et tout ce qui fut lié à la covid en 2020-21, fut certainement un événement unique pour nous comme pour la plupart des personnes qui travaillent aux USA. Plusieurs de nos amis ont été hospitalisés, et un jeune commerçant Français de Fort Lauderdale est malheureusement décédé de la Covid. Ça a été une période un peu tendue. Durant les six mois sans journal, nous avons continué en bénévole à assurer la bonne information pour les francophones de Floride. Je me suis aussi fait le porte-parole des familles séparées et des personnes qui vivent du tourisme en posant la question publiquement : « en quoi fermer à moitié les frontières permet-il de ralentir la propagation de la Covid ». J’attends toujours la réponse des gouvernements américain, canadien ou français. Et je vous assure qu’ils n’en ont pas.

La Covid aura ainsi été une période marquante…

G.G : Il y a eu d’autres événements très pénibles depuis la création du journal, par exemple les manifestations où nous nous sommes retrouvés à Miami avec les Français et/ou les Belges après les attentats de Paris et Bruxelles. Ce ne sont pas vraiment des bons souvenirs, mais ça a soudé la communauté. Il y a aussi eu l’ouragan Irma en 2017 qui a fait pas mal de dégâts, et d’autres catastrophes écologiques dont on se serait passés, comme les marées rouges. Heureusement le gouverneur DeSantis semble avoir pris les mesures pour qu’elles se renouvellent le moins possible (il s’agit d’un phénomène naturel, mais renforcés par les pollutions).

Les événements les plus marquants sont ainsi, bien sûr, les plus tristes, mais il n’y a bien sûr pas eu que ça dans la communauté. Il y a également eu des mariages, beaucoup de naissances, et pas qu’humaines : de très belles entreprises ont été créées, mais aussi des associations, qui ont permis à la communauté de se développer ! De notre côté nous avons coorganisé des expositions d’art durant les French Weeks, différents événements fabuleux, pour les chefs d’entreprises, par exemple dans le domaine du tourisme etc… Des amitiés se sont créées avec toutes les associations de Snowbirds : autant de belles et appréciables rencontres !

Est-ce que l’Amérique a changé durant ces huit années ?

G.G : Oui, en bien et en mal. Le bon côté, c’est l’expansion des richesses et des sources de richesses américaines, notamment grace aux innovations technologiques. L’aventure américaine n’est jamais décevante d’un point de vue technologique ! Le mauvais point, c’est la répartition de ces richesses. Elle se fait encore moins bien qu’avant. Et la classe moyenne stagne beaucoup trop. Ca a provoqué différentes colères, dont l’élection de Donald Trump. Je ne suis pas certain que les élus Républicains ou Démocrates aient bien compris le message. Les fractures économiques sont vives, nombreuses et dangereuses.

Et y a-t-il d’autres bonnes nouvelles ?

G.G : L’Amérique est – également – rarement décevante au niveau culturel. Ces dernières années, les apps de vidéo à la demande ont bouleversé et enrichi une production cinématographique qui devenait soporifique. Avec Netflix, Amazon ou AppleTV, c’est bien mieux qu’avant, non ? Je suis tout de même un peu inquiet de l’envahissement du « politiquement correct » sur ces plateformes. Je ne suis pas opposé au cinéma militant, mais militer toujours pour la même chose et les mêmes personnes, ça commence à devenir lassant. J’espère que ça restera diversifié. C’est aussi le marqueur d’une autre fracture, culturelle celle-ci, qui n’est pas moins dangereuse, entre deux Amériques qui ont du mal à se comprendre.

Et pour les médias, qu’est-ce qui a changé ?

G.G : Les mauvais côtés, c’est qu’il y a moins de ressources économiques pour les médias. Et d’autre part, leur politisation a jeté le doute sur leur honnêteté intellectuelle : tous les jours des lecteurs nous défient de plus en plus. J’ai toujours veillé à ce que Le Courrier, qui parle de politique, ne soit pas « politisé ». Mais les nouveaux lecteurs ne le savent pas forcément, et parfois certains ne supportent pas qu’il y ait un article sur telle personne ou tel sujet. L’émotion l’emporte trop souvent sur la raison.

Les bonnes nouvelles pour les médias, c’est qu’ils demeurent incontournable, et puis que les lecteurs apprécient de plus en plus de les commenter sur les réseaux sociaux : ça devient plus interractif. Comme je viens de le dire, il y a certainement trop d’émotion… mais au moins il y a de l’action !

Avez-vous eu des bons “scoops” en huit ans ?

Beaucoup au niveau local, mais surtout des analyses pertinentes. Politique et géopolitique ne sont pas nos spécialités, mais notons qu’en 2016 nous avions quand même, par exemple, appelé à la prudence quant aux sondages qui donnaient Hillary Clinton largement en tête.

L’an passé nous avions aussi prévenu en avril et en novembre que l’OTAN risquait de se faire tester en Ukraine (et à Taïwan), et que c’était l’une des principales raisons du retrait des troupes américaines d’Afghanistan. Et qu’en conséquence il ne fallait pas considérer ce retrait comme une “défaite”. Ceux qui nous ont lu ont ainsi pu comprendre avant les autres ce qui se jouait sur la scène internationale.


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