Décès de Nicole Hirsh, ex-conseillère des Français de Floride
Nicole Croizier, épouse Hirsh, résidente de Wellington (Palm Beach), est décédée le 31 janvier 2026 à l’âge de 93 ans des suites d’une longue maladie. Arrivée à Washington en 1962, Nicole Hirsh a fait partie de ces pionniers français qui ont structuré et représenté la communauté aux Etats-Unis pendant des décennies, avant qu’internet ne vienne simplifier la tâche. Officier de la Légion d’Honneur, Nicole avait ensuite été élue conseillère des Français de Floride (en 2e position sur la liste de Jacques Brion) entre 2014 et 2021, toujours aussi dévouée. Jusqu’à cette date, Nicole était certainement la française la plus connue de Floride.
Xavier Capdevielle qui avait été élu avec elle, lui rendait visite chaque mois jusqu’au bout avec son épouse Marie-Ange. Pour Xavier, « C’est une une très grande perte ; Nicole avait dédié sa vie aux Français des Etats-Unis. Nicole avait été élue pendant 35 ans à Washington et ici. Elle était aussi une grande ambassadrice de la France aux Etats-Unis. C’était une très très grande dame, élégante dans sa vie comme dans son action, toujours à la disposition des Français de étrangers. Elle était devenue veuve de son mari Marshall, récemment décédé, lui aussi avait servi : vétéran américain durant 42 mois de Guerre du Pacifique. »
Repose en paix Nicole.

Voici une partie de cet article que nous lui avions consacré en 2016 :
Née à Dijon d’une famille bourguignonne, c’est néanmoins à Paris que Nicole a passé la première partie de sa vie. « J’ai ensuite eu la chance d’aller étudier les langues étrangères à Madrid, à Heidelberg et à Cambridge, et je suis devenue traductrice. J’ai rencontré un Américain à Paris, nous nous sommes mariés, et c’est comme ça que je suis arrivée à Washington DC. » Pendant 17 ans, Nicole a travaillé pour Intelsat, organisation internationale des télécommunications par satellite, dont la Comsat, signataire pour les EtatsUnis, a lancé le premier satellite de télécommunication dans l’espace en 1962. « J’ai eu la chance de parcourir le monde en participant à des réunions Intelsat à l’invitation de ses signataires. Ca a été une période formidable de ma vie. Si j’avais un souhait pour chaque jeune français, c’est qu’ils puissent tous avoir au moins un ou deux ans d’expérience internationale, quel que soit leur pays de destination : c’est fondamental. Au niveau personnel, ça permet de s’enrichir considérablement, mais en même temps de se rendre compte de la chance qu’on a d’être français, et de ce que notre pays peut nous offrir par rapport aux autres. A un niveau collectif maintenant, les échanges internationaux sont très importants pour l’amitié entre les pays et la connaissance des peuples. Ils se sont considérablement renforcés depuis la seconde moitié du XXème siècle, et j’ai pu mesurer ces progrès toute ma vie. Il est important que Français et Américains continuent de se connaître et s’apprécier. » Nicole Hirsh insiste toujours sur le fait que son action sociale et politique n’a pas la couleur d’un parti. Mais, d’un autre côté, elle ne cache pas non plus ses fidélités. Elle a adhéré au RPR de Jacques Chirac en 1982, quelques mois après l’accession au pouvoir de François Mitterrand, et elle n’a pas dévié depuis lors de son engagement pour le parti de droite français (qui est devenu « UMP », puis « Les Républicains »), pour lequel elle se présente toujours aux élections. Nicole ne parle pas de stratégie politique en public mais, scrutin après scrutin, elle a prouvé qu’elle n’était pas la moins douée, au point où, à Miami, on la dit « indéboulonnable ». Mais, encore une fois, Nicole n’est pas une statue : c’est l’action sur le terrain qui l’intéresse, et pas les discours de tribuns à la Donald Trump, son (lointain) voisin de Palm Beach. Elle insistera tout de même pour que tous les Français s’inscrivent au consulat et sur les listes électorales avant le 31 décembre, afin de pouvoir voter lors de la Présidentielle l’an prochain.
UNE EXPERIENCE AMERICAINE INEGALABLE
Quand Nicole a commencé son action politique, dès janvier 1988, en tant que représentante des Français des Etats-Unis, la représentation des Français de l’Etranger était différente de celle d’aujourd’hui, divisée en deux circonscription, est et ouest. « La première contenait 8 consulats sur 10, c’est à dire 38 Etats à couvrir pour des élus strictement bénévoles. Les 6 élus de cette circonscription Est, travaillaient en étroite collaboration avec les consulats de Boston, Chicago, Washington, New-York, Atlanta, Miami, la Nouvelle-Orléans et Houston !!! Cela m’a permis de découvrir des communautés françaises très diverses. A Washington il y a énormément de fonctionnaires, à Atlanta beaucoup de jeunes professionnels très dynamiques, à la Nouvelle-Orléans un consulat très impliqué dans la culture française avec beaucoup de professeurs venus de France pour maintenir notre langue en Louisiane, à Boston des universitaires d’élites, des gens très cultivés, à Miami les communautés sont plus diverses, et de plus en plus séparées à mesure que la circulation rend les routes infréquentables !«
Nicole Hirsh s’intéresse beaucoup aux affaires sociales, notamment à travers la Caisse des Français de l’Etranger, à laquelle elle est élue administrateur depuis 1990. « Nous nous réunissons régulièrement afin de traiter des problèmes de nos membres. Chaque année des Français expatriés se retrouvent dans la détresse un peu partout dans le monde, et je siège à la commission d’action sociale qui permet de les aider. » Plus près de nous, en Floride, elle fait partie des quatre « conseillers consulaires » que les Français ont élus il y a deux ans, et qui peuvent être contactés pour tous types de problèmes par leurs compatriotes : une autre singularité qui prouve que l’organisation française, parfois critiquée, n’est pas la pire du monde !
LA ROSETTE
Evidemment, quand un Français passe sa vie à aider les autres, un jour ou l’autre lui pousse une petite rosette à la boutonnière. « J’ai été faite Chevalier de la Légion d’Honneur en 1996, puis Officier en 2007. Je suis également vice-présidente et secrétaire générale de la Société Américaine de la Légion d’Honneur« . Cette distinction permet de remercier les Français ayant rendu de grands services à leurs pays, mais aussi les étrangers, et de renforcer ainsi les liens entre nos pays. Depuis plusieurs années, les remises de Légions d’Honneur au bénéfice des vétérans de la Seconde Guerre Mondiale se sont accélérées. « Quand je remets les Légions d’Honneur, c’est au titre de ma vice-présidence, et pas de mes fonctions électives. C’est un acte symbolique et profond qui contribue à resserrer les liens entre nos deux pays. La France exprime sa gratitude aux héros qui ont libéré notre pays de l’occupation nazie. Il est très émouvant de rencontrer les récipiendaires et leur familles ; nombre d’entre eux sont retournés en France et racontent leurs souvenirs, ils remercient la France alors que ce sont eux qui ont eu le courage de s’engager à un très jeune âge, souvent avant leur 20ème anniversaire. La Légion d’Honneur, c’est notre manière de les remercier. Les Américains sont très francophiles. Il y a parfois eu de petits accrocs dans l’amitié franco-américaine, mais à chaque fois qu’un enjeu est important, la France et les Etats-Unis sont toujours côte à côte, et ça ça ne changera jamais ! »
Photos de Nicole Hirsh
Merci à Xavier Cadevielle qui nous en a envoyé quelques unes :
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