Quand les caméras domestiques échappent à leurs propriétaires

Dans sa chronique publiée dans le The Wall Street Journal, le 17 février, Nicole Nguyen explore les implications inattendues des caméras de sécurité domestiques, à partir notamment de l’affaire liée à la disparition de la mère de Savannah Guthrie.
Son point de départ : ces dispositifs, censés rassurer les particuliers, posent en réalité des questions majeures sur la propriété et l’usage des données vidéo. Dans le cas Guthrie, une séquence issue d’une caméra Google Nest a pu être récupérée par les autorités… alors même que la famille n’avait pas d’abonnement permettant de consulter les anciennes images. Cela révèle que des données peuvent subsister sur les serveurs, sous forme de « residual data », récupérables via des outils forensiques.
La chronique élargit ensuite le propos : la plupart des fabricants — dont Amazon (propriétaire de Ring) — peuvent accéder aux images et les transmettre aux forces de l’ordre sur réquisition. Parallèlement, de nouvelles fonctions comme “Search Party” de Ring, capables d’analyser les vidéos d’un quartier pour retrouver un animal perdu, illustrent le potentiel… mais aussi le malaise face à une surveillance distribuée à grande échelle.
Nguyen souligne l’arbitrage croissant entre tranquillité d’esprit et vie privée : 30 % des foyers américains connectés sont désormais équipés. Des solutions existent, comme le chiffrement de bout en bout (proposé partiellement par Ring ou via Apple HomeKit), mais elles réduisent certaines fonctionnalités.
Conclusion : en cherchant à sécuriser nos maisons, nous avons créé un vaste filet de surveillance — un « dragnet » numérique — dont les usages futurs restent incertains.
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