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« Trust Me: The False Prophet » sur Netflix : dans l’enfer d’une secte mormone polygame

En 2022, la docusérie Keep Sweet: Pray and Obey (Reste douce : prie et obéis) relatait l’histoire de Warren Jeffs, le gourou de la FLDS (Église fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours) — la version polygame de l’Église mormone — jusqu’à son incarcération. Il avait épousé plus de 80 femmes, dont des mineures. Jeffs régnait sur des milliers de personnes dans une ville du désert coupée en deux par la frontière : Short Creek, en Utah, et Colorado City, en Arizona, toutes deux jouissant d’un paysage western absolument fantastique.

Là-bas, quand vous vous promenez dans la rue — le Courrier s’y est arrêté —, vous voyez ces femmes avec des coiffures en banane et des robes très longues et similaires ; des femmes au demeurant assez sympathiques avec les touristes, tout comme les mormons non polygames le sont aussi en général.

Ce premier documentaire était époustouflant, avec les codes classiques du genre consacré aux sectes : d’anciens adeptes qui témoignent, des archives troublantes, etc.

Trust Me: The False Prophet (Crois-moi : le faux prophète), qui vient d’être diffusé en quatre épisodes sur Netflix, s’inscrit dans cette continuité. Après son arrestation, Warren Jeffs avait interdit aux membres de la FLDS d’avoir des relations sexuelles. C’est alors qu’un certain Sam Bateman a décrété que Jeffs était mort — il est pourtant bel et bien toujours incarcéré — et que c’était lui, Bateman, le nouveau prophète. Dans la foulée, il a récupéré les femmes et les filles, y compris mineures, de trois de ses amis : plus d’une vingtaine au total, qu’il a faites ses « épouses ». S’il est suffisamment habile pour se faire passer pour un prophète, Sam Bateman donne quand même une impression de personnage limité lorsqu’on regarde les images. On est sidéré par sa veste en cuir blanc façon Michael Jackson, et aussi lorsqu’il saute de rocher en rocher dans le désert comme un « Indien » de western hollywoodien.

"Trust Me: The False Prophet" sur Netflix : dans l'enfer d'une secte mormone polygame

Et des images, il y en a. Car cet homme a demandé à un couple de vidéastes présents à Short Creek/Colorado City de le filmer pendant plus d’un an. Ce couple, c’est Christine Marie et son époux Tolga Katas. Or Christine Marie a, par le passé, elle aussi vécu sous l’emprise d’un « prophète mormon », même si dans son cas il ne s’agissait pas de pédophilie. Le couple a donc accepté de filmer Sam Bateman et ses femmes, et a commencé à récolter progressivement des preuves des agressions sur mineures, restant en mode undercover tout en transmettant les informations à la police.

La grande différence avec le documentaire sur Warren Jeffs, c’est qu’ici le spectateur est immergé à l’intérieur de la vie quotidienne d’une famille FLDS : un homme et vingt-deux femmes. Le documentaire est saisissant. La vulnérabilité des femmes et des enfants est effroyable — n’ayant jamais rien appris d’autre que ce que leur inculquent « l’Église » et le gourou. Au-delà de l’effet voyeur que provoque inévitablement cette plongée, cette vulnérabilité est le message universel que transmet le film, parfaitement incarné par « Nomz », la femme préférée du prophète, qui paraît hallucinée et venimeuse tout au long du tournage, avant d’être touchante lorsqu’elle évoque, en fin de documentaire et après deux ans de prison, le déclic qui lui a fait découvrir la liberté. Trust Me: The False Prophet est ainsi, aussi, une histoire d’héroïsme.

www.netflix.com/title/81758532


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