USA : Le métier de chauffeur de taxi bientôt remplacé par les robotaxis
Ils circulent déjà dans les rues de San Francisco, Austin, Las Vegas et Los Angeles. Les robotaxis — ces voitures sans chauffeur opérées par Waymo (Google), Tesla ou encore Zoox (Amazon) — ne sont plus de la science-fiction. Et leur expansion rapide soulève une question directe : que vont devenir les chauffeurs de taxi et les conducteurs de VTC ?
Selon des estimations de Morgan Stanley, le nombre de courses autonomes aux États-Unis devrait passer d’environ 15 millions en 2025 à 36 millions cette année, pour atteindre près de 750 millions d’ici 2030. Une montée en puissance qui inquiète les professionnels du secteur.
Le Bureau of Labor Statistics américain répertoriait 1,5 million de chauffeurs de taxi, VTC et navettes en emploi aux États-Unis en 2024. Sur les trois prochaines années, entre 5 000 et 10 000 emplois supplémentaires pourraient disparaître à mesure que les flottes autonomes s’étofferont. Et, si on s’inquiète beaucoup en ce moment de l’extinction de certains métiers par les nouvelles technologies, celui des conducteurs de taxis est clairement menacé.
À Wuhan, en Chine, la généralisation des robotaxis à moins d’un dollar la course a déjà radicalement bouleversé l’écosystème des travailleurs de plateforme. Un avertissement pour l’Occident.
Les entreprises du secteur tentent de rassurer. Tekedra Mawakana, co-PDG de Waymo, affirme que la croissance des robotaxis créera de nouveaux emplois — techniciens, opérateurs de flotte — accessibles sans diplôme universitaire. Les partisans de la révolution technologique font valoir que de nouveaux postes émergeront dans la maintenance et la supervision des flottes. Mais la transition risque d’être brutale pour de nombreux travailleurs.
Pour l’heure, Waymo domine le secteur avec environ 3 000 véhicules en service et des centaines de milliers de courses payantes par semaine, tandis que Tesla peine encore à déployer son service à grande échelle. Le choc sur l’emploi reste donc limité — mais la question n’est plus de savoir s’il aura lieu, plutôt quand.
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