Pascale Villet : « On fait grandir le français en Sud Floride »
Rencontre avec Pascale Villet, présidente depuis deux ans de l’APEM (Association Petits Écoliers Miami), qui permet à des dizaines d’enfants de la région de grandir avec le français comme deuxième langue du cœur.
Figure bien connue de la communauté française de Miami, Pascale Villet a longtemps dirigé la Chambre de Commerce Franco-Américaine de Miami, avant de devenir responsable marketing d’une importante société française installée dans le centre ville. Une expérience du terrain qu’elle met aujourd’hui au service de l’APEM, une association née en 2009 sous l’impulsion de Nathalie Cluzet-Berthot et d’un groupe de parents qui cherchaient tout simplement des cours de français pour leurs enfants.
« L’association était déjà bien développée quand j’ai pris la présidence », raconte Pascale Villet. L’APEM fait partie du réseau mondial FLAM (Français Langue Maternelle), un dispositif qui permet aux enfants vivant hors de France de développer leur maîtrise de la langue. « Grâce à ce réseau, on a accès à des formations, explique-t-elle. À Miami, on a des enfants qui sont bilingues, voire trilingues. On ne leur apprend pas le français comme dans une école française : il y a une formation personnalisée pour cela. » La plupart des élèves ont au minimum un parent français. L’équipe s’appuie sur Camille Jacquemont, directrice, une directrice pédagogique, et « une dizaine de profs formés FLAM qui travaillent avec nous », précise la présidente.
Trois sites, une croissance qui s’accélère
L’APEM accueille aujourd’hui environ 80 enfants, de 3 à 15 ans, sur trois sites différents : Cushman, une école privée près d’Edgewater, l’école EFAM Sud à Pinecrest, et ArtServe à Fort Lauderdale. Les cours ont lieu en semaine le soir et le samedi. « Ça se développe fort à Pinecrest », note Pascale Villet, qui décrit une croissance « douce » ailleurs, mais nettement plus rapide sur ce site depuis deux ans.
« C’est deux heures par semaine pour tous les enfants », résume-t-elle. Et le contenu évolue avec l’âge : « Les 3 et 4 ans, c’est de l’immersion : parler, raconter des histoires, les couleurs, etc. Puis c’est l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, de la grammaire, de l’orthographe ! Beaucoup de compréhension écrite et orale, bien entendu. » L’horizon, pour les plus grands, c’est le niveau B2 : « C’est celui qui est reconnu à l’international pour le bilinguisme ; celui qui va faire foi s’ils veulent retourner étudier en France. »

Le DELF, une fierté collective
L’APEM est aussi centre de passation du DELF, le Diplôme d’Études en Langue Française. « On a fait passer une quarantaine d’élèves, dont dix-huit étaient les nôtres, et on a eu 100 % de réussite, sourit Pascale Villet. On est ravis de leur succès, c’est notre réponse à nous. »
Une association proche des familles
L’APEM fonctionne grâce à un board de bénévoles et reste, insiste sa présidente, « une association au plus proche des familles ». Question budget, pas d’inquiétude à avoir : Est-ce cher ? « Bien moins qu’un cours privé de français, assure-t-elle. On tourne sur nos fonds personnels, on a juste une aide pour le spectacle. »
Cet été, l’association a organisé trois semaines de summer camp en français. Et le rendez-vous – à ne pas manquer chaque année – sera le 6 mars, pendant le mois de la Francophonie : un spectacle des enfants sur la scène du Little Haiti Cultural Center, avec notamment un groupe de musique composé de parents. « Tout le monde est bienvenu, c’est important, car c’est aussi une levée de fonds ! », lance Pascale Villet.
L’APEM recherche par ailleurs des professeurs assistants, notamment sur le site de Miami. Une belle façon de rejoindre une équipe qui fait vivre le français dans le quotidien de toute une génération d’enfants de Sud Floride.
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