Intelligence artificielle : vers une bulle financière ?
Pour donner un ordre de grandeur, les investissements de 4 firmes (Microsoft , Meta Platforms , Amazon et Alphabet) dans la construction de centres de data pour leurs intelligences artificielles est (pour le moment) de 690M$. Accrochez votre ceinture : en pourcentage du PIB américain, c’est le plus gros investissement de tous les temps, derrière l’achat de la Louisiane à la France, mais devant le programme Apollo ou bien l’expansion du chemin de fer dans les années 1850.
Mais l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle alimente un débat croissant à Wall Street : assiste-t-on à une nouvelle bulle technologique, comparable à celle d’Internet dans les années 2000 ? Les investissements colossaux dans les semi-conducteurs, les data centers et les start-up spécialisées interrogent non pas sur la rentabilité de l’IA (tout le monde aux USA est certain qu’il faut investir) mais sur la rentabilité à court terme.
Certains analystes, comme l’investisseur Jeremy Grantham ou l’historien financier Edward Chancellor, estiment que l’IA présente plusieurs caractéristiques classiques des grandes bulles : valorisations élevées, afflux massif de capitaux et promesses de transformation économique radicale. Pour eux, l’enthousiasme actuel pourrait dépasser la réalité des revenus immédiats.
D’autres experts se montrent plus nuancés. Le stratégiste de Goldman Sachs, Peter Oppenheimer, souligne que les leaders de l’IA — Microsoft, Nvidia ou Alphabet — sont des entreprises déjà très rentables, loin des start-up déficitaires de la bulle Internet. Même prudence chez le professeur Aswath Damodaran : les retours financiers de nombreux projets pourraient être faibles à court terme, mais les innovations issues de ces investissements devraient créer de la valeur durable.
Quand on voit les milliards empruntés par META pour développer son IA, et dont le but principal est de en pas être dépendant des IA des autres (1)… on se demande quand même si c’est bien sensé.
Le consensus émergent tient donc en une formule : l’IA mérite sans doute les investissements massifs qu’elle attire… mais la rentabilité ne suivra pas forcément au même rythme. Comme souvent dans la tech, l’euphorie précède les profits !
– 1 – Certes, META l’utilisera aussi pour améliorer son profilage des lecteurs et annonceurs, et automatiser ses conversations avec ses clients…
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