A LA UNE à Miami et en FlorideDroit et lois aux Etats-UnisFiscalité, Comptabilité aux Etats-UnisFiscalité, comptables et comptabilité en FlorideFLORIDE : SnowbirdsGuide de l'investissement aux Etats-Unis

Fiscalité en Floride pour les snowbirds canadiens : le guide complet des taxes sur votre maison ou condo

Introduction : Comprendre la fiscalité américaine quand on est snowbird canadien

Chaque année, plus de 500 000 Canadiens descendent vers la Floride pour fuir l’hiver — des snowbirds venus du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et de toutes les provinces, attirés par le soleil, la chaleur et un coût de la vie souvent comparable à ce qu’ils connaissent au Canada. Beaucoup franchissent le pas décisif : acheter une maison ou un condo en Floride, transformant leur escapade hivernale en investissement immobilier durable.

Mais posséder une propriété aux États-Unis en tant que résident canadien, c’est naviguer dans un univers fiscal parallèle — et souvent méconnu. Deux systèmes fiscaux s’appliquent simultanément : celui de l’IRS américain et celui de l’Agence du revenu du Canada (ARC), et pour les Québécois, de Revenu Québec. Entre les taxes foncières américaines, les obligations de déclaration à l’IRS, les règles sur les revenus locatifs, la redoutable retenue FIRPTA à la vente et les droits successoraux qui peuvent surprendre à la succession, les pièges sont nombreux — et coûteux.

Ce guide complet est rédigé spécifiquement pour les snowbirds canadiens propriétaires ou futurs propriétaires d’une maison ou d’un condo en Floride. Il couvre tout : la règle des jours de présence, les formulaires à ne pas oublier, les taxes foncières locales, les revenus locatifs, la vente de votre propriété et la planification successorale. Lisez-le avant de faire quoi que ce soit — et consultez ensuite un fiscaliste spécialisé en fiscalité transfrontalière pour votre situation personnelle.

VOIR AUSSI :

Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif général. Il ne remplace pas les conseils d’un professionnel en fiscalité canadienne et américaine. Les lois fiscales évoluent régulièrement — vérifiez toujours les informations auprès d’un expert avant de prendre des décisions.


1. Qui est considéré comme snowbird canadien aux yeux du fisc américain ?

Aux yeux de l’IRS — l’administration fiscale américaine —, vous n’êtes pas simplement un touriste parce que vous venez passer l’hiver en Floride. Dès que vous passez un certain nombre de jours aux États-Unis, vous entrez dans le radar fiscal américain, que vous le vouliez ou non.

Le Substantial Presence Test (critère de présence substantielle)

L’IRS applique ce qu’on appelle le Substantial Presence Test pour déterminer si un étranger doit être considéré comme résident fiscal américain. La règle fonctionne sur trois ans : vous êtes potentiellement considéré comme résident fiscal américain si, en additionnant tous les jours de l’année en cours, plus un tiers des jours de l’année précédente, plus un sixième des jours de l’avant-dernière année, vous atteignez 183 jours ou plus.

Concrètement : si vous passez 120 jours en Floride chaque année depuis trois ans, votre calcul donne 120 + 40 + 20 = 180 jours — juste sous la barre. Mais si vous avez passé 125 jours par an les deux dernières années et 120 cette année, vous dépassez le seuil. Il est important de noter que les jours de transit de moins de 24 heures et les jours passés aux États-Unis pour des raisons médicales développées sur place peuvent être exclus du calcul.

La règle des 182 jours : immigration, RAMQ et fiscalité — trois logiques différentes

C’est une source de confusion fréquente chez les snowbirds québécois en particulier. Les 182 jours mentionnés en immigration (durée maximale de séjour consécutif avec un passeport canadien) sont différents du calcul fiscal de l’IRS, et différents encore des règles de la RAMQ. L’assurance maladie québécoise exige que l’individu passe au moins 183 jours par an dans la province pour rester couvert — ce qui signifie qu’un Québécois ne peut pas passer plus de 182 jours hors du Québec sans risquer de perdre sa couverture médicale provinciale. Ces trois seuils ne se recoupent pas automatiquement : gérez-les séparément et tenez un journal précis de vos déplacements chaque année.

Massat Comptable CPA


2. Le formulaire 8840 : votre bouclier contre la résidence fiscale américaine

C’est le formulaire le plus important que tout snowbird canadien doit connaître — et que beaucoup ignorent encore.

Qu’est-ce que le formulaire 8840 ?

Le formulaire 8840, intitulé Closer Connection Exception Statement for Aliens, est un document que vous soumettez chaque année à l’IRS pour attester que, malgré une présence substantielle aux États-Unis, vous restez principalement résident fiscal au Canada. En remplissant ce formulaire, vous êtes exonéré de payer des impôts américains sur vos revenus mondiaux.

Même les snowbirds qui passent moins de 122 jours aux États-Unis dans une année donnée devraient envisager de remplir le formulaire 8840 à titre préventif, car le calcul sur trois ans peut les faire dépasser le seuil même avec une présence annuelle modérée.

Comment prouver un lien plus étroit avec le Canada ?

Pour remplir correctement le formulaire 8840, vous devez démontrer à l’IRS que vos liens principaux sont au Canada, pas aux États-Unis. Les critères incluent : l’emplacement de votre résidence principale, la présence de votre famille, le lieu de vos activités bancaires courantes, l’endroit où votre permis de conduire a été délivré, votre inscription sur les listes électorales canadiennes et votre admissibilité à un régime provincial d’assurance maladie.

Délai de dépôt et précautions pratiques

Le formulaire 8840 doit être produit au plus tard le 15 juin de l’année suivant l’année fiscale concernée. Ce formulaire ne prévoit ni prolongation de délai ni déclaration tardive — si vous le manquez, vous ne pouvez pas invoquer l’exception de lien plus étroit et vous pourriez être traité comme résident américain.  L’IRS ne vous envoie pas d’accusé de réception : conservez une copie du formulaire et la preuve d’envoi postal, et si vous l’envoyez depuis le Canada, prévoyez au minimum 14 jours ouvrables pour l’acheminement.


3. Le numéro ITIN : indispensable pour tout snowbird propriétaire en Floride

Si vous possédez une propriété en Floride, louez votre condo ou prévoyez de le vendre un jour, vous aurez besoin d’un ITIN — Individual Taxpayer Identification Number, l’équivalent américain du numéro d’assurance sociale.

L’ITIN est absolument nécessaire pour produire de nombreux formulaires fiscaux américains, notamment en cas de revenus locatifs (formulaire 1040-NR) ou lors de la vente d’une propriété (formulaires FIRPTA). Plusieurs façons d’obtenir un ITIN existent : par courrier avec documents originaux, en personne dans un centre d’assistance IRS, ou par l’intermédiaire d’un agent d’acceptation certifié par l’IRS. La certification par Passeport Canada peut être longue — plusieurs semaines — et vous prive de votre passeport pendant ce temps. Des firmes comme Raymond Chabot Grant Thornton sont agréées pour certifier les passeports canadiens le jour même de la demande.


4. Les taxes foncières en Floride (Property Tax) : ce que paient les snowbirds canadiens

Comment sont calculées les taxes foncières en Floride ?

En Floride, les taxes foncières sont calculées sur la valeur imposable de la propriété, multipliée par un taux appelé millage rate — un millième de dollar par dollar de valeur. Plusieurs autorités locales se superposent dans ce calcul : le comté, la municipalité, le district scolaire et les districts spéciaux. Le taux effectif moyen en Floride est d’environ 0,75 % — inférieur à la moyenne nationale américaine de 0,89 % — ce qui représente environ 2 993 $ US par an pour une propriété de valeur médiane.

La Homestead Exemption : pourquoi les Canadiens n’y ont généralement pas droit

La Homestead Exemption est une réduction de la valeur imposable pouvant aller jusqu’à 50 000 $ US (51 411 $ US en 2026 après l’ajustement pour inflation prévu par l’Amendment 5 adopté en novembre 2024) réservée aux résidences principales en Floride. Les résidents de Floride peuvent bénéficier de cette exonération pour leur résidence principale, ainsi que du plafond Save Our Homes qui limite les augmentations annuelles de la valeur imposable à 3 %. En revanche, les snowbirds canadiens n’ont généralement pas droit à la Homestead Exemption, puisque leur résidence principale reste au Canada. Votre propriété en Floride est évaluée chaque année à sa valeur marchande, sans plafonnement de 3 % — ce qui peut représenter une différence significative dans un marché immobilier en forte hausse.

 Quand et comment payer ses taxes foncières en Floride ?

Les avis de taxes foncières (TRIM Notice — Truth in Millage) sont envoyés chaque automne par l’évaluateur du comté. Le paiement intégral est dû avant le 1er avril de l’année suivante, mais des réductions sont offertes pour paiement anticipé : 4 % de réduction en novembre, 3 % en décembre, 2 % en janvier, 1 % en février. Si vous contestez la valeur imposable de votre propriété, vous disposez de seulement 25 jours après réception du TRIM Notice pour déposer un appel auprès du Value Adjustment Board du comté.


5. Louer son condo ou sa maison en Floride : les obligations fiscales à connaître

Beaucoup de snowbirds louent leur propriété floridienne pendant les mois où ils ne l’occupent pas — une façon logique d’amortir les coûts. Mais ces revenus locatifs déclenchent des obligations fiscales précises, tant aux États-Unis qu’au Canada.

La retenue d’impôt de 30 % sur les revenus locatifs bruts

Par défaut, les revenus locatifs générés par un résident canadien aux États-Unis sont soumis à une retenue d’impôt de 30 % sur les revenus bruts, prélevée par le locataire et remise à l’IRS. Cette retenue ne peut pas être réduite par la convention fiscale Canada-États-Unis. Concrètement, si vous louez votre condo 2 000 $ par mois, l’IRS réclame 600 $ sur le brut, sans tenir compte de vos dépenses réelles. C’est le régime par défaut — et le moins avantageux.

L’option des revenus nets et le formulaire W-8ECI

Il existe heureusement une option bien plus avantageuse. Vous pouvez opter une seule fois pour le traitement de vos revenus locatifs comme revenus d’entreprise américaine, ce qui vous permet d’être imposé sur vos revenus nets — après déduction des dépenses admissibles comme les intérêts hypothécaires, les taxes foncières, les frais d’entretien et la gestion immobilière — à des taux progressifs souvent bien inférieurs au 30 % brut. Pour bénéficier de ce régime, vous devez fournir le formulaire W-8ECI à votre locataire, ce qui l’exempte de retenir les 30 %. Vous devrez ensuite produire une déclaration de revenus américaine pour non-résidents (formulaire 1040-NR) chaque année.

La taxe de vente de la Floride sur les locations à court terme

Attention : si vous louez votre propriété pour des séjours de moins de six mois (ce qui est le cas de la grande majorité des locations de condos et maisons de vacances), la Floride impose une taxe de vente de 6 % sur le montant brut de la location, à laquelle s’ajoutent des surtaxes locales selon le comté. Vous devez enregistrer votre propriété auprès du Florida Department of Revenue et remettre les taxes perçues régulièrement, souvent sur une base mensuelle ou trimestrielle. Les plateformes comme Airbnb et VRBO collectent désormais automatiquement ces taxes dans la plupart des cas, mais vérifiez toujours auprès de votre comptable que la totalité des obligations est couverte.

Déclarer ses revenus locatifs américains au Canada

Vos revenus locatifs tirés de votre propriété en Floride doivent également être déclarés au Canada — et au Québec si vous êtes résident québécois. La bonne nouvelle : la convention fiscale Canada-États-Unis prévoit un mécanisme de crédit pour impôt étranger qui vous permet de déduire de vos impôts canadiens les impôts déjà payés aux États-Unis sur ces revenus, évitant ainsi la double imposition complète. Un fiscaliste spécialisé en fiscalité transfrontalière est indispensable pour optimiser ce calcul.


6. Le formulaire T1135 : déclarer votre propriété américaine à l’ARC

Beaucoup de snowbirds ignorent cette obligation. Si la valeur totale de vos actifs étrangers — y compris votre propriété en Floride — dépasse 100 000 $ canadiens à n’importe quel moment de l’année, vous devez produire le formulaire T1135(Bilan de vérification du revenu étranger) auprès de l’ARC. La non-production de ce formulaire expose à des pénalités importantes. Note importante : ce seuil est calculé en dollars canadiens, pas américains — avec le taux de change actuel, une propriété d’une valeur modeste en dollars US peut facilement franchir ce seuil.


7. Vendre sa propriété en Floride : la redoutable retenue FIRPTA

C’est sans doute la surprise fiscale la plus fréquente — et la plus coûteuse — pour les snowbirds canadiens qui revendent leur maison ou condo en Floride.

Qu’est-ce que la FIRPTA ?

La FIRPTA (Foreign Investment in Real Property Tax Act) est une loi fédérale américaine qui oblige l’acheteur d’une propriété vendue par un étranger à retenir une partie du prix de vente et à la remettre à l’IRS, afin de garantir que le vendeur étranger paie bien ses impôts sur le gain en capital réalisé. Les Canadiens sont assujettis à une retenue d’impôt de 15 % du prix de vente brut lors de la cession de leur propriété en Floride.

Pour une propriété vendue 500 000 $ US, cela représente une retenue de 75 000 $ US prélevée au moment de la clôture (closing) — une somme considérable qui peut surprendre des vendeurs non préparés.

Les exceptions et réductions à la retenue FIRPTA

Bonne nouvelle : cette retenue n’est pas toujours de 15 %. La retenue FIRPTA ne s’applique pas si le prix de vente est inférieur à 300 000 $ US et que l’acheteur signe un affidavit s’engageant à faire de la propriété sa résidence principale en l’occupant au moins 50 % du temps au cours des deux années suivant l’acquisition. La retenue est réduite à 10 % pour une vente entre 300 000 $ US et 1 000 000 $ US, si les mêmes conditions de résidence sont remplies par l’acheteur.

Il existe également une troisième option, particulièrement utile lorsque votre gain en capital réel est modeste : en produisant le formulaire 8288-B auprès de l’IRS avant la date de la vente, vous pouvez demander un certificat de retenue réduite. Si l’IRS approuve la demande, la retenue sera calculée sur votre impôt estimé réel plutôt que sur le montant brut de la vente. L’IRS dispose de 90 jours pour répondre — il faut donc s’y prendre bien à l’avance.

Comment récupérer la retenue FIRPTA ?

Le taux de 15 % du prix de vente est généralement supérieur au taux d’imposition réel américain sur le gain en capital, qui varie entre 0 % et 20 %. Cela signifie que vous pourrez récupérer la différence en produisant une déclaration de revenus américaine pour non-résidents (formulaire 1040-NR). Pour calculer votre gain en capital net, conservez tous vos reçus de dépenses depuis l’achat : frais de notaire, rénovations, améliorations majeures — tout ce qui réduit votre gain imposable compte.

Déclarer la vente au Canada et éviter la double imposition

La vente d’une propriété en Floride doit également être déclarée dans votre déclaration de revenus canadienne. S’il y a un gain en capital imposable dans les deux pays, les États-Unis ont le premier droit d’imposition, et l’impôt payé aux États-Unis peut être réclamé comme crédit pour impôt étranger dans vos déclarations canadiennes — fédérale et provinciale — pour éviter la double imposition.


8. Acheter en nom propre ou via une LLC ? La structure de détention fait toute la différence

La façon dont vous détenez juridiquement votre propriété en Floride a des conséquences directes sur votre fiscalité — en particulier en cas de location, de vente ou de succession.

Détention en nom propre

C’est la forme la plus simple, et souvent la plus utilisée. Elle convient bien aux snowbirds qui occupent leur propriété à titre personnel, ne la louent pas, et dont la succession mondiale reste sous les seuils d’exemption successorale. Elle n’offre cependant aucune protection contre les droits successoraux américains si votre patrimoine mondial est élevé.

Détention via une LLC américaine

Il est possible d’ouvrir une corporation ou LLC américaine pour porter l’acquisition de votre propriété immobilière en Floride, ce qui peut offrir une protection dans certains contextes, notamment face aux règles FIRPTA et aux droits de succession pour les étrangers. Cependant, la structure LLC n’est pas une solution miracle : elle génère des obligations de conformité annuelles, des frais de gestion, et peut créer de nouvelles complications fiscales côté canadien (notamment le formulaire T1134 pour les filiales étrangères). Consultez absolument un fiscaliste transfrontalier avant de choisir cette voie.

La fiducie personnelle (Living Trust)

Une fiducie révocable (Revocable Living Trust) est souvent recommandée pour simplifier la succession d’une propriété américaine — elle évite la procédure de probate (homologation judiciaire) aux États-Unis, qui peut être longue et coûteuse. Elle ne supprime pas nécessairement les droits successoraux, mais facilite significativement le transfert de la propriété à vos héritiers.


9. Les droits successoraux américains : le piège que trop de snowbirds ignorent

C’est la bombe à retardement fiscale de la détention immobilière en Floride pour les Canadiens. Et c’est souvent la moins bien comprise.

Dès 60 000 $ US d’actifs américains, votre succession doit agir

Pour les personnes non américaines, des droits de succession américains peuvent s’appliquer sur les actifs situés aux États-Unis dont la valeur dépasse 60 000 $ US. Cela inclut les biens immobiliers en Floride, mais aussi les actions de sociétés américaines, les biens corporels permanents aux États-Unis et le contenu des coffrets de sécurité — mais pas l’argent dans les comptes bancaires personnels américains.

Les droits s’appliquent selon des taux progressifs variant de 18 % à 40 % sur la valeur marchande des biens concernés.

La bonne nouvelle : le seuil d’exemption relevé à 15 M$ US en 2026

Le 4 juillet 2025, le Président Trump a signé la loi One Big Beautiful Bill Act, qui prolonge de manière permanente le seuil d’exemption des droits successoraux. À compter de 2026, le montant de cette exemption est porté à 15 000 000 $ US, indexé annuellement selon l’inflation.

Grâce à la convention fiscale Canada-États-Unis, les résidents canadiens bénéficient d’un crédit proportionnel au ratio entre leurs actifs américains et leur succession mondiale totale. Ce crédit fait en sorte qu’habituellement, il n’y a aucun impôt successoral à payer si la valeur de votre succession mondiale est inférieure au seuil d’exemption en vigueur, soit 15 M$ US en 2026.

Même sans impôt à payer, la déclaration est obligatoire

Même s’il n’y a pas d’impôt à payer, une déclaration de revenus successorale doit être déposée auprès de l’IRS lorsqu’un résident canadien décédé qui n’était pas citoyen américain détenait des actifs situés aux États-Unis d’une juste valeur marchande supérieure à 60 000 $ US au moment du décès. Cette déclaration (formulaire 706-NA) doit être produite dans les neuf mois suivant le décès.

Stratégies pour réduire ou éliminer les droits successoraux

Différentes stratégies permettent d’atténuer les droits successoraux américains, comme le transfert du bien dans une fiducie personnelle ou une société canadienne, ou le partage de propriété entre conjoints.  Ces planifications doivent être mises en place avant le décès, pas après. Consultez un spécialiste en fiscalité internationale dès maintenant, même si votre succession est modeste — le bon moment pour planifier, c’est toujours avant d’en avoir besoin.


10. Convention fiscale Canada–États-Unis : votre filet de sécurité transfrontalier

La convention fiscale entre le Canada et les États-Unis, signée en 1980 et mise à jour plusieurs fois depuis, est le cadre légal qui structure toute la fiscalité des snowbirds canadiens. Elle évite la double imposition dans la plupart des situations, accorde aux Canadiens le bénéfice du crédit unifié pour les droits successoraux, et définit les règles de préséance entre les deux pays pour chaque type de revenu. Elle ne couvre cependant pas tout : certaines taxes d’État, la taxe de vente sur les locations à court terme et plusieurs obligations de déclaration restent hors de son champ d’application.


11. Les 7 erreurs fiscales les plus courantes des snowbirds canadiens en Floride

  1. Ne pas remplir le formulaire 8840 chaque année — et risquer d’être considéré comme résident fiscal américain.
  2. Louer son condo sans déclarer les revenus à l’IRS — la retenue de 30 % peut s’appliquer rétroactivement avec pénalités et intérêts.
  3. Oublier la taxe de vente de la Floride sur les locations à court terme, qui s’ajoute à l’impôt fédéral.
  4. Négliger le formulaire T1135 auprès de l’ARC si la valeur de la propriété dépasse 100 000 $ CAD.
  5. Être pris de court par la retenue FIRPTA à la vente — ne pas avoir d’ITIN, ne pas avoir produit le formulaire 8288-B à temps.
  6. Ne pas conserver les reçus de rénovations depuis l’achat, qui servent à calculer le gain en capital réel et à réduire l’impôt à payer.
  7. Ne pas anticiper la planification successorale — laisser des héritiers face à une procédure de probate américaine longue et coûteuse.

12. Spécificités selon votre province : Québec, Ontario et provinces de l’Ouest

H3 : Snowbirds québécois : la RAMQ et Revenu Québec

Les snowbirds du Québec ont une contrainte supplémentaire particulièrement importante : pour conserver leur couverture de la RAMQ, ils doivent impérativement passer au moins 183 jours par an dans la province. Chaque jour d’absence compte — si vous dépassez 182 jours hors Québec, vous risquez de perdre votre assurance maladie provinciale pour l’année entière. Tenez un calendrier précis, et prévoyez une assurance voyage médicale pour couvrir toute la période de votre séjour en Floride. Côté fiscal, les revenus locatifs et le gain en capital à la vente de votre propriété floridienne doivent être déclarés à Revenu Québec en plus de l’ARC.

Snowbirds ontariens et des autres provinces

Les résidents des autres provinces canadiennes n’ont pas la contrainte de présence minimale propre à la RAMQ, mais ils doivent vérifier les règles de leur régime provincial d’assurance maladie respectif — la plupart exigent une présence minimale dans la province pour maintenir la couverture. Côté fiscal fédéral, les règles sont identiques : formulaire 8840, déclaration des revenus locatifs, T1135, et traitement du gain en capital à la vente.

Snowbirds de l’Alberta et de la Colombie-Britannique

Les résidents albertains bénéficient de l’absence d’impôt provincial sur le revenu en Alberta — un avantage non négligeable lorsqu’il s’agit de calculer l’impôt net sur les revenus locatifs de la Floride ou sur le gain en capital à la revente. Les résidents de Colombie-Britannique doivent en revanche composer avec un taux d’imposition provincial plus élevé.


13. Compte bancaire américain et implications fiscales

Ouvrir un compte bancaire américain en Floride est souvent indispensable pour payer les charges de la propriété, les taxes foncières et gérer les revenus locatifs. Si vous détenez un compte bancaire portant intérêt aux États-Unis, vous devriez remplir le formulaire W-8BEN auprès de votre institution financière américaine pour éviter que 30 % des intérêts générés par vos dépôts soient automatiquement retenus. Ce formulaire, contrairement au 8840, est conservé par la banque et reste valide trois ans.

Si le solde total de vos comptes bancaires américains dépasse 10 000 $ US à n’importe quel moment de l’année, vous avez également l’obligation de produire un rapport FBAR (FinCEN 114) auprès du Trésor américain.


14. Quand et comment consulter un fiscaliste spécialisé en fiscalité transfrontalière ?

La fiscalité des snowbirds canadiens propriétaires en Floride est une spécialité en soi — elle exige une maîtrise simultanée des règles fiscales américaines (IRS), canadiennes (ARC) et québécoises (Revenu Québec) dans un contexte transfrontalier. Un comptable général canadien ou un comptable américain pris séparément peut manquer des aspects cruciaux de l’autre côté de la frontière.

Consultez un fiscaliste spécialisé dans les cas suivants :

  • Avant d’acheter une propriété en Floride (choix de la structure de détention)
  • Lorsque vous commencez à louer votre propriété
  • Lorsque vous envisagez de vendre (idéalement plusieurs mois à l’avance, pour préparer le formulaire 8288-B si nécessaire)
  • Lors de la planification de votre succession
  • Si vous avez été absent du Canada plus de 182 jours dans l’année
  • Si votre patrimoine mondial dépasse 10 M$ CAD

Des cabinets comme Raymond Chabot Grant Thornton, KPMG Canada, Demers Beaulne, UHY Victor et plusieurs spécialistes indépendants en Floride (souvent membres de la communauté francophone) offrent des services spécialisés pour les snowbirds canadiens.


Conclusion : La fiscalité en Floride pour les snowbirds canadiens — un dossier à gérer sérieusement

Posséder une maison ou un condo en Floride reste l’un des meilleurs choix de vie pour des centaines de milliers de Canadiens qui fuient nos hivers. Le soleil de la Floride ne vient pas avec une facture fiscale insurmontable — mais il vient avec des obligations précises qu’on ne peut pas ignorer.

Le formulaire 8840 à produire chaque année, les taxes foncières à payer dès novembre, les revenus locatifs à déclarer des deux côtés de la frontière, la retenue FIRPTA à anticiper avant la vente, les droits successoraux à planifier bien avant qu’ils ne deviennent un problème pour vos héritiers : chaque étape se gère, à condition de la connaître et de s’y préparer à temps.

Ce guide vous donne les bases. Mais la situation de chaque snowbird est unique — votre patrimoine, votre province de résidence, votre situation familiale, la valeur de votre propriété et vos projets de location ou de revente créent une combinaison de facteurs qui mérite une analyse personnalisée. Consultez un fiscaliste spécialisé en fiscalité transfrontalière : c’est l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire pour protéger votre propriété en Floride.


Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un avis fiscal ou juridique. Consultez un professionnel qualifié en fiscalité canadienne et américaine pour toute décision relative à votre situation personnelle. Les données fiscales mentionnées dans cet article sont à jour pour l’année 2025-2026.


PUBLICITES :

Nationwide Trusted Transport

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page