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Mort dans un centre ICE à Miami : une plainte met en cause la prise en charge médicale d’un Québécois de Floride

Selon une plainte formelle obtenue par le quotidien canadien The Globe and Mail, une professionnelle de santé aurait omis d’évaluer et de documenter l’état d’un détenu canadien dans les heures précédant sa mort. Un an après le décès de Johnny Noviello au Federal Detention Center de Miami, cette plainte pour défaillance professionnelle vient relancer une affaire que le FBI examine toujours.

Le document, transmis au bureau de surveillance interne du Département de Justice américain, est accablant dans ses allégations. Une infirmière aurait été appelée à évaluer Noviello parce qu’il semblait étourdi et déséquilibré. Elle n’aurait ni documenté cet entretien, ni établi de plan de traitement. Quelques heures plus tard, Johnny Noviello était retrouvé effondré sur le sol de sa cellule, sans pouls, les pupilles fixes. Selon le Globe and Mail et la famille, le FBI a été saisi de l’affaire et enquête toujours sur les circonstances du décès.

Trente-sept ans en Floride, cinq semaines en détention

Johnny Noviello n’était pas un inconnu de la justice. En 2023, ce co-propriétaire d’un concessionnaire automobile de Daytona Beach avait été condamné pour trafic d’analgésiques opioïdes obtenus via de fausses ordonnances. Douze mois de prison, puis probation. Mais comme il n’avait jamais pris la nationalité américaine, sa condamnation l’exposait à une procédure d’expulsion.

Le 15 mai 2025, des agents ICE l’arrêtent à Daytona Beach alors qu’il se présente à un rendez-vous de probation. Il est transféré au Federal Detention Center de Miami. Le 8 juin, un soignant le note triste, déprimé, refusant de se rendre à la clinique médicale. Le 23 juin, il est retrouvé mort dans sa cellule.

Né à Montréal le 1er juillet 1975, M. Noviello était arrivé en Floride enfant, avec ses parents partis du Québec en 1988. Résident permanent depuis 1991, il avait passé les trois quarts de sa vie dans cet État. Il est mort à 49 ans, cinq semaines après son arrestation.

L’autopsie conclut à un arrêt cardiaque provoqué par une néphropathie à oxalate de calcium ayant entraîné une insuffisance rénale aiguë — une affection que six spécialistes consultés par The Globe and Mail ont estimée détectable et traitable. Ces experts soulignent que les symptômes observés — étourdissements, déséquilibre, confusion — auraient dû alerter le personnel médical dans les heures, voire les jours précédant le décès.

Une agence en surrégime

Le cas Noviello survient dans un contexte de montée en puissance accélérée de l’ICE. Depuis que l’administration Trump a ordonné le renforcement massif des expulsions, l’agence a plus que doublé ses effectifs en moins d’un an, réduisant la formation de ses agents de six mois à six semaines. Un ancien instructeur de l’ICE avait qualifié ce programme, lors d’un forum du Congrès en février 2026, de « déficient, défectueux et brisé ». Face aux critiques, le secrétaire à la Sécurité intérieure a annoncé le 3 juin dernier un retour aux standards habituels de formation à compter du 1er juillet 2026. Dans ce contexte, au moins 46 personnes sont mortes en détention depuis janvier 2025 — un niveau record depuis plus de vingt ans.

Un avertissement pour tout résident étranger

L’affaire rappelle une réalité que beaucoup de résidents étrangers aux États-Unis sous-estiment : une condamnation pénale — même ancienne, même légère, même entièrement purgée — peut, selon les circonstances, entraîner des conséquences migratoires importantes pour un non-citoyen. En Floride, par exemple, la possession de moins de 20 grammes de cannabis reste un délit pénal passible d’un an de prison — alors qu’elle est légale au Canada depuis 2018. Un résident permanent condamné pour ce seul motif peut se retrouver en procédure d’expulsion.


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