Cuba ouvre son économie au privé, un tournant historique sous pression de Washington
Dans un contexte de crise économique sévère et sous pression de Washington, La Havane a annoncé fin juillet l’ouverture de pans entiers de son économie aux acteurs privés — un virage jugé historique pour l’île communiste et son modèle centralisé en place depuis six décennies.
Le décret, signé par le Premier ministre Manuel Marrero et entré en vigueur début août, fait passer de 125 à un nombre bien plus restreint les activités interdites aux entreprises privées : 46 interdictions disparaissent totalement, 35 autres voient leurs conditions assouplies. Résultat, selon les médias d’État cubains, une réglementation qui élargit de manière considérable le champ d’action des entrepreneurs et des entreprises privées sur l’île.
Parmi les nouveautés les plus attendues par la population : les pharmacies privées, censées combler les rayons vides de l’État, alors que les médicaments s’échangent depuis des années au marché noir. Mais aussi les stations-service, la gestion des déchets (un vrai problème sanitaire à La Havane), les maisons de retraite privées, la banque, et — plus discrètement glissé dans le texte — la pratique libérale du droit, de l’architecture ou du conseil, jusqu’ici verrouillée par des organisations liées à l’État.
La santé, l’éducation, les médias, les télécommunications et la sécurité restent, eux, fermement dans le giron public — piliers de la révolution castriste de 1959 que le régime dit vouloir préserver. Le président Miguel Díaz-Canel a d’ailleurs insisté : ces mesures ne répondent à aucune exigence formulée par les Américains, mais résultent d’une décision souveraine.
Reste que la réforme s’inscrit dans un paquet plus large de 176 mesures économiques, adopté en juin sous la double pression d’une crise énergétique aiguë et de l’administration Trump.
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