Shaboozey troque les tubes pour l’épopée western avec « The Outlaw Cherie Lee »
Après le carton planétaire de « A Bar Song (Tipsy) », qui avait égalé le record de longévité en tête des charts américains détenu par « Old Town Road », Shaboozey change de dimension avec son quatrième album sorti le 31 juillet, « The Outlaw Cherie Lee & Other Western Tales ». Vingt titres pour 46 minutes à peine, entre morceaux complets et courtes interludes qui font avancer le récit sans temps mort.
Le fil conducteur : l’histoire de Cherie Lee, une hors-la-loi partie venger la mort de son père, introduite dès l’ouverture par l’acteur Jamie Foxx façon conte au coin du feu, sur un harmonica poussif et une guitare légère. Certaines chansons suivent cette trame de près, d’autres s’en éloignent, et parfois c’est carrément le propre parcours de l’artiste — son ascension, le succès de « Tipsy » — qui affleure derrière le personnage.
Le casting d’invités surprend : Sam Elliott prête sa voix rocailleuse à une interlude, Teyana Taylor intervient sur un morceau évoquant la frontière texano-mexicaine, Kehlani livre un duo tout en retenue, et le rappeur Gunna croise le fer avec Shaboozey sur « High Noon », ouvert par un sifflement à la Sergio Leone.
Musicalement, l’album pioche large : rock sudiste sur « Sweet Revenge », ballade façon Johnny Cash sur « If I Was an Outlaw », trap et country s’entremêlant sans cesse. Le tout frôle parfois le kitsch tant l’emphase cinématographique est assumée — Shaboozey cite Sergio Leone et Tarantino comme influences, et lorgne visiblement du côté de « Sinners » de Ryan Coogler. Mais la voix habitée de l’artiste et sa sincérité tiennent l’ensemble debout. Un disque ambitieux, qui prouve qu’il a de l’appétit au-delà du tube facile.
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