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Robert Kennedy Jr est toujours haut dans les sondages : le point sur sa campagne pour l’élection présidentielle américaine

S’il est une certitude, c’est qu’un grand nombre d’Américains sont prêts à voter pour n’importe qui sauf Trump et Biden. Depuis octobre apparemment il s’agit d’un américain sur cinq. Dans les sondages à trois candidats, face à Biden et Trump, Kennedy est à 20% en moyenne, ce qui est inédit pour un « indépendant » (1). Ca paraît complètement abstrait, infondé, à part sur l’impopularité des deux autres candidats. Ceci dit, RFK Jr est tout de même le candidat qui a la meilleure côte de popularité. Mais, en réalité, à part les commentateurs politiques, peu de gens connaissent vraiment Robert Kennedy Jr. Comme Le Courrier l’écrivait en octobre, cette prédiction à 20% est donc un château fondé sur du sable, et il tient uniquement au candidat d’en renforcer les piliers ou bien… de s’effondrer. Pour le moment, on n’a pas vu grand chose. C’est vrai, les mass médias étant tous partisans des deux autres candidats, le peu qu’ils parleront de Kennedy c’est pour lui savonner la planche. Kennedy Jr tient des réunions populaires, mais il ne remplit pas encore les stades et il ne marque pas l’opinion avec des positions dont chacun serait obligé de débattre.

Ce haut score dans l’opinion vient aussi, bien sûr, de son nom qui est très connu. L’assassinat de son père (Bobby RFK Kennedy) alors qu’il était en train de gagner les Primaires de 1968 constitue la plus grande frustration politique dans la vie des Américains de plus de 65 ans (et ils sont nombreux !). RFK constituait un espoir de changements politiques peut-être plus grand encore que JFK, son frère président, assassiné cinq ans avant lui, et avec qui il formait un duo resté dans toutes les mémoires. Néanmoins, le succès politique ne se transmet pas toujours en héritage.

Alors, c’est vrai qu’une campagne électorale se gagne sur la fin. RFK Jr a des propositions qui intéressent les gens (contre la guerre, la pauvreté ou les discriminations, et notamment pour l’environnement) et il dénonce les deux autres candidats comme mobilisant leurs troupes simplement en se faisant haïr l’un et l’autre. Mais il ne semble pas que les propositions de RFK Jr soient pour le moment incontournables aux yeux de l’électorat américain, et il va falloir qu’il soit plus convainquant. La mauvaise nouvelle pour les deux autres, c’est que, si Kennedy se maintient encore à ce niveau dans les sondages, ils vont être obligés de lui faire de la place dans les débats télévisés. Et, ainsi, il pourra placer ses idées, mais il est difficile de savoir comment sa difficulté d’élocution (due à une maladie) aidera ou infirmera Kennedy.

S’il ne fait pas une campagne brillante depuis octobre, alors que fait-il ? Kennedy amasse de l’argent, et il cherche à être présent sur les bulletins de votes dans tous les Etats. En effet, dans un grand nombre d’Etats, afin d’être candidat il faut pouvoir réunir des milliers de signatures d’électeurs. Dans six Etats comme la Californie ou le Texas, il est possible d’abaisser le nombre de signatures si vous êtes le candidat d’un parti politique. Donc Kennedy y a lancé en janvier un parti baptisé « We the people » : les trois premiers mots de la constitution américaine, signe à la fois de son indépendance, mais aussi bien évidemment d’une candidature qui s’annonce très populiste. Néanmoins, pour que le candidat d’un parti soit sur le bulletin de vote, par exemple en Californie il faut que 75000 personnes s’inscrivent officiellement comme électeurs de ce parti dans l’Etat, ce qui n’est pas une mince affaire à organiser quand le parti vient seulement d’être créé. Ainsi, une grande part du trésor électoral de Kennedy doit être consacré à la recherche de signatures, plutôt qu’à la campagne électorale en elle même. Début janvier il estimait ce coût à 15M$.

Rappelons enfin que, aussi bien avec un gros score qu’avec un petit, RFK pourrait provoquer la chute ou le succès des deux autres candidats, pour le moment assez serrés dans les sondages de cette élection à un tour qui désignera le 5 novembre 2024 le 60e président des Etats-Unis.

1 – Dans les sondages à 5 candidats (avec Jill Stein et Cornel West) Kennedy n’est « que » à 14%. Mais il paraît impossible que Cornel West puisse être inscrit dans tous les Etats. The Greens (probablement Jill Stein) sera candidat. Il y aura aussi un candidat libertarien.


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