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Les nouvelles sur les documents nécessaires aux Canadiens pour passer la frontière américaine

En 2025, l’annonce de la nécessité d’être enregistré quand on séjourne aux États-Unis pour 30 jours ou plus a créé des malentendus. Ils sont en ce moment ravivés sur les réseaux sociaux à l’approche de « la saison », où circulent des articles de blogs qui confondent les formulaires, les administrations et les tarifs. Une nouveauté est pourtant intervenue cet été, et elle simplifie considérablement la vie d’une bonne partie des snowbirds.

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La nouveauté : les voies NEXUS valent enregistrement

Le Department of Homeland Security a publié le 29 juin 2026 une règle finale qui vient clore le dossier ouvert en 2025. Ce texte confirme l’obligation d’enregistrement telle qu’elle existait, sans l’élargir, mais il y ajoute une clarification décisive : les voyageurs dont la dernière admission aux États-Unis s’est faite dans le cadre d’un programme de voyageurs de confiance — NEXUS, Global Entry, SENTRI ou FAST — sont considérés comme déjà enregistrés.

L’USCIS a mis sa page « Alien Registration Requirement » à jour en conséquence, et l’Association canadienne des snowbirds a relayé l’information auprès de ses membres le 30 août dernier. Conséquence pratique : ces voyageurs n’ont pas à déposer le formulaire G-325R, même pour un séjour de six mois. Et comme l’obligation d’enregistrement est déjà satisfaite, ils n’ont plus non plus de raison d’aller chercher un I-94 à 30 $ au poste frontalier terrestre.

Le nombre de personnes concernées n’est pas anecdotique : la CBSA recensait plus de 1,8 million de membres NEXUS en avril 2024, en majorité canadiens.

NEXUS, c’est quoi ?
Un programme conjoint des douanes canadienne et américaine, qui permet aux voyageurs préalablement contrôlés de franchir la frontière plus rapidement dans les deux sens : files réservées aux postes terrestres, bornes dédiées dans les aéroports. L’inscription (120 $US pour cinq ans) suppose une enquête de sécurité des deux gouvernements et une entrevue avec prise d’empreintes et photo. C’est ce contrôle préalable qui explique la nouveauté : Washington considère qu’une personne admise par cette voie est déjà identifiée dans ses systèmes. Attention, la carte NEXUS n’est pas un statut d’immigration : elle ne change ni la durée autorisée de votre séjour, ni votre droit d’entrer, et le douanier garde toujours le dernier mot.

Deux réserves, toutefois, qui ont leur importance.

La première : c’est le mode d’admission qui compte, pas la possession de la carte. Un membre NEXUS qui franchit la frontière dans une file ordinaire, avec son passeport, n’est pas couvert. Il faut être passé par la voie réservée.

La seconde : cela vaut entrée par entrée. Un snowbird qui descend en novembre par une voie NEXUS est enregistré pour ce séjour. S’il remonte au Québec pour les fêtes et redescend en janvier par une file ordinaire, cette nouvelle entrée devient la dernière admission, et elle n’est pas couverte. Il faut alors à nouveau un I-94 ou un G-325R. C’est exactement le même principe que pour l’I-94, qui doit lui aussi être refait à chaque passage.

Ce que le renversement de 2025 avait laissé comme confusion

Cette clarification est d’autant plus utile que l’administration américaine avait dit tout et son contraire l’automne dernier. En octobre 2025, CBP indiquait à Radio-Canada que les détenteurs de NEXUS étaient exemptés de l’enregistrement. Le 6 novembre, la même agence affirmait l’inverse. Les témoignages du terrain confirmaient la seconde version : une membre NEXUS de Midland, en Ontario, s’est vu répondre au poste frontalier qu’elle devait bel et bien s’enregistrer, et a patienté une heure pour être photographiée et dactyloscopiée.

Nous écrivions alors, dans notre guide de l’an passé, que la carte NEXUS ne dispensait de rien. C’était exact à la date où nous l’écrivions. Ça ne l’est plus depuis la règle du 29 juin : sur le volet enregistrement, la position officielle a basculé dans l’autre sens. Elle reste juste, en revanche, sur un point — NEXUS ne remplace pas l’I-94 en tant que tel, comme nous l’expliquons plus bas.

Rappel : l’obligation, c’est l’enregistrement, pas l’I-94

C’est le malentendu central de tout ce dossier, et il explique la plupart des confusions qui circulent.

L’obligation légale vient de l’article 262 de l’Immigration and Nationality Act : tout étranger qui séjourne 30 jours ou plus aux États-Unis doit être enregistré auprès du gouvernement fédéral. Le texte remonte à 1940 et n’a jamais été abrogé ; il a simplement été peu appliqué pendant des décennies, avant que le décret 14159 de janvier 2025 n’en fasse une priorité d’application.

La loi ne dit nulle part qu’il faut un I-94. L’I-94 est simplement le moyen le plus commode de satisfaire l’obligation, parce que celui à qui il est délivré est enregistré du même coup. De là le raccourci qui a circulé partout l’an dernier — « pour rester plus de 30 jours, il faut un I-94 » — vrai en pratique, faux en droit. La réponse écrite que la douane nous avait transmise en novembre 2025 était d’ailleurs formulée avec précision : il faut remplir un document d’immigration si l’on reste plus de 30 jours. Un, pas nécessairement celui-là.

Il existait donc jusqu’ici deux chemins pour un snowbird entrant par la route :

L’I-94. Trente dollars depuis le 30 septembre 2025 (six dollars auparavant, plus vingt-quatre imposés par la loi HR-1), à demander en ligne dans les sept jours précédant le passage ou directement au poste. Sa délivrance reste à la discrétion du douanier, qui n’est pas tenu de l’accorder. En pratique, la demande sur place envoie souvent en inspection secondaire, avec photo et parfois prise d’empreintes.

Le G-325R. Gratuit, à remplir en ligne dans les trente jours suivant l’entrée, via un compte USCIS individuel. Plus long et nettement plus intrusif : état matrimonial, adresses des cinq dernières années, informations sur le conjoint et les parents, antécédents judiciaires.

La règle de juin ouvre une troisième voie pour les membres NEXUS : ne rien faire du tout. L’admission vaut enregistrement par elle-même.

Cela dit, l’I-94 conserve une utilité qui lui est propre. C’est lui qui porte la date « Admit Until », donc la preuve de la durée pendant laquelle vous êtes légalement admis — six mois, le plus souvent, pour un visiteur en tourisme. Et il sert dans un certain nombre de démarches administratives américaines, à commencer par le permis de conduire. Utile, donc, mais plus indispensable au seul titre de l’enregistrement.

Reste la question de la preuve. L’obligation de porter sur soi un justificatif d’enregistrement subsiste pour toute personne de dix-huit ans et plus. Là encore, la règle de juin a tranché : le document NEXUS, ou son équivalent électronique approuvé par CBP, figure désormais dans la liste des preuves reconnues au 8 CFR 264.1(b), pour qui a été admis par cette voie. Votre carte fait donc office de preuve. Rien d’autre à imprimer.

Et ceux qui ne remplissent rien ?

Il faut le dire franchement, parce que c’est la réalité observée : l’an passé, beaucoup de Canadiens sont venus en Floride sans rien remplir du tout, ou bien avec un I-94 rempli sur internet mais jamais validé au poste frontalier terrestre — ce qui revient au même, puisque l’I-94 ne devient actif qu’au moment de l’admission effective. Les témoignages que nous recevons dans notre groupe de snowbirds, qui compte cent mille membres, n’ont d’ailleurs rapporté aucun incident.

Chacun fait ce qu’il souhaite. Nous nous bornons à rappeler qu’il existe un risque pénal à séjourner aux États-Unis sans les papiers adaptés : le défaut délibéré d’enregistrement est un délit passible d’une amende pouvant atteindre 5 000 dollars et de six mois d’emprisonnement, en plus des conséquences possibles sur les admissions futures. Le risque est faible, il n’est pas nul, et il ne coûte rien de s’en prémunir — surtout, désormais, pour les détenteurs de NEXUS, à qui il ne coûte plus rien du tout.


En bref :

Vous descendez en avion : l’I-94 est créé automatiquement, vous êtes enregistré, rien à faire.

Vous descendez en voiture, en voie NEXUS ou Global Entry : depuis juin, vous êtes enregistré, rien à faire non plus, et votre carte fait office de preuve. Valable pour ce séjour ; à refaire à chaque entrée.

Vous descendez en voiture, en file ordinaire, pour plus de 30 jours : il vous faut soit un I-94 validé au poste (30 $), soit un G-325R déposé en ligne dans les 30 jours (gratuit).

Vous restez moins de 30 jours : le passeport suffit, quelle que soit la voie.

Vous changez d’adresse pendant votre séjour : formulaire AR-11 dans les dix jours.


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