ETATS-UNIS : Immobilier

RealT, la plateforme immobilière crypto installée en Floride par deux frères canadiens, entre en liquidation

Fondée en 2019 par Rémy et Jean-Marc Jacobson, qui se présentent comme canadiens, RealT proposait d’acheter, dès 50 dollars et en cryptomonnaie, des jetons représentant des parts de sociétés américaines propriétaires de maisons, principalement à Détroit. Les loyers étaient reversés chaque semaine en stablecoin, avec des rendements annualisés souvent affichés au-delà de 10 %. Les résidents américains n’y avaient pas accès, la plateforme réservant ses offres aux investisseurs étrangers. Selon le cabinet d’avocats Delomel, qui coordonne une action collective en France, ils seraient environ 22 000 dans le monde, dont près de 14 000 Français.

La plateforme était exploitée depuis la Floride : selon le registre des sociétés de l’État, RealToken Technologies Inc., société immatriculée au Delaware, a déclaré dans son rapport annuel déposé en avril 2025 une adresse à Boca Raton.

Le 2 juillet 2026, Jean-Marc Jacobson a annoncé, lors d’un appel communautaire diffusé sur YouTube, l’ouverture d’une liquidation volontaire des sociétés détenant le portefeuille, que le Wall Street Journal évalue à 140 millions de dollars.

Deux procédures distinctes sont en cours. À Détroit, la municipalité a engagé en juillet 2025 une action civile pour nuisance publique, visant la remise en conformité d’environ 408 logements ; selon sa plainte, elle demandait également que les frères Jacobson soient tenus personnellement responsables du coût des travaux. Un accord approuvé par un juge en avril 2026 a placé les quelque 700 biens sous le contrôle d’un fiduciaire désigné par le tribunal, Charles Bullock. En France, une plainte pénale a été déposée auprès du pôle financier du tribunal judiciaire de Paris par des investisseurs représentés par le cabinet Delomel. Une plainte constitue une saisine et non une accusation établie ; le parquet n’avait pas, à la date de publication, communiqué sur les suites qu’il entendait lui donner.

Le média local Outlier Media, à Détroit, enquête sur RealT depuis plusieurs années dans le cadre d’une série sur les spéculateurs immobiliers de la ville ; le Wall Street Journal a publié le 28 juillet 2026 une enquête vidéo. Selon ces deux publications, des versements auraient été effectués aux investisseurs pour des logements vacants ou dont le titre de propriété n’était pas enregistré au nom de la société concernée. Ces éléments sont des allégations journalistiques, que Le Courrier des Amériques n’a pas vérifiées de manière indépendante. Aucune juridiction ne s’est prononcée sur le fond, et les dirigeants de RealT bénéficient de la présomption d’innocence.

Les détenteurs de jetons ont intérêt à conserver leurs justificatifs d’achat, relevés de loyers et historiques de transactions blockchain.

Sollicités par Le Courrier des Amériques, les dirigeants de RealT n’avaient pas donné suite à la date de publication.


PUBLICITES :

Marcelle Poirier avocate d'immigration aux Etats-Unis

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page