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Ephéméride américaine de novembre 2020

Bien sûr, le mois de novembre reste avant tout dans l’histoire américaine celui de l’élection de ses présidents. En voici deux pour commencer :

Election du président Abraham Lincoln

Elle se déroule le 6 novembre 1860. Le Parti Républicain avait été créé six ans plus tôt avec deux perspectives : rassembler les abolitionnistes (partisans de l’abolition de l’esclavage), et s’opposer aux idées sécessionnistes de plus en plus nombreuses dans le Sud. Lincoln gagne l’élection avec 39,8%, mais les Démocrates auraient réalisés un score plus important, de 47,6% s’ils n’avait pas été divisés entre deux candidats. Lincoln devient donc président, mais le Sud ne se sent pas représenté et voit en lui un ennemi. Lincoln sera investi le 4 mars 1861. Un mois plus tard, le 12 avril, les Sudistes abaissent le drapeau de l’Union au Fort Sumter de Charleston, et c’est le début de la guerre de Sécession. Pour en finir avec l’esclavage, Lincoln va d’abord devoir gagner cette terrible guerre.


Election de John Fitzgerald Kennedy

Débat Kennedy Nixon
Kennedy et Nixon lors du débat du 26 septembre à Chicago – Crédit photo : Domaine public

Elle a lieu le 8 novembre 1960, soit un siècle après Lincoln. L’Amérique est très divisée, et c’est d’ailleurs le vice-président sortant, Richard Nixon, qui remporte le plus grand nombre d’Etats ce jour-là. Mais « JFK » a fait la différence (notamment lors du débat télé). Il gagne le plus grand nombre de délégués, et une légère avance de 112 827 voix. Le Bostonien domine l’Est des Etats-Unis, mais aussi le Sud qui vote toujours Démocrate un siècle après la guerre. A 43 ans Kennedy devient le plus jeune président des Etats-Unis, mais aussi le premier président catholique, portant avec lui un immense message espoir, celui de repousser les « frontières » politiques : « Mais je vous dis que nous sommes devant une Nouvelle Frontière […], que nous le voulions ou non. Au-delà de cette frontière, s’étendent les domaines inexplorés de la science et de l’espace, des problèmes non résolus de paix et de guerre, des poches d’ignorance et de préjugés non encore réduites, et les questions laissées sans réponse de la pauvreté et des surplus.»


Exécution d’Henry Wirtz

Henry Wirz, le directeur de la prison d'Andersonville
Henry Wirz, le directeur de la prison d’Andersonville

On parle beaucoup de la Sécession dans la rubrique de ce mois-ci. Ce fut aussi le génie de Lincoln d’abolir l’esclavage en plein milieu de la guerre, afin d’établir une fracture morale entre ceux qui étaient pour et ceux qui étaient contre. La planète toute entière a alors soutenu Lincoln et le Nord.

Victorieux de cette guerre le 9 avril 1865, Lincoln demande à ses hommes la mansuétudes pour les Sudistes. Les troupes Nordistes salueront même le passage des Confédérés lors de la capitulation à Appomattox. L’intelligence de Lincoln dépasse les rancœurs. Il n’y eut jamais de procès des chefs Sudistes, ni le président Jefferson Davis, ni Robert E. Lee ni les autres généraux. Mais certains de leurs partisans ont assassiné Lincoln cinq jours plus tard, le 14 avril 1865.

L’un de ceux qui vont payer pour cet assassinat s’appelle Henry Wirz. Né en Suisse, il avait immigré adulte et était devenu médecin d’une plantation de Louisiane où il soignait une centaine d’esclaves. En 1864 il est nommé directeur de la prison de Camp Sumter à Andersonville (Géorgie) où 12913 prisonniers nordistes (sur les 30 000 qui y étaient parqués) vont mourir entre autres de dysenteries, de scorbut ou de meurtres. Arrêté par l’Union en mai 1865, Wirz sera la toute première personne jugée pour « crime de guerre », et condamné à mort. Pour sa défense il avait assuré n’avoir fait qu’obéir aux « superior orders » : ordres émanant de ses supérieurs, et qu’il avait alerté en vain sa hiérarchie sur le manque de nourriture et de moyens dont il disposait à Andersonville. Henry Wirz avait aussi, c’est vrai, demandé à ses supérieurs que soient repris les processus d’échanges de prisonniers, afin de vider les prisons. Andrew Johnson lui refusa la grâce présidentielle et ainsi, dans un climat de revanche sur la Sécession, Wirz fut pendu devant le Capitole des Etats-Unis le 10 novembre 1865, il y a 155 ans exactement, et reste dans les mémoires du Nord comme un « bad guy » presqu’aussi haïssable que Benedict Arnold !

Aujourd’hui, Andersonville est un monument national saisissant à visiter. Juste en face du cimetière et du camp, se trouve une colonne érigée par les Confédérés… à la mémoire d’Henry Wirz, qui pour eux avait « payé pour la mort de Lincoln ».

www.nps.gov/ande/planyourvisit/natl_pow_museum.htm

Andersonville : la terrible prison confédérée de Géorgie


La création du Grand Ole Opry

Johnny Cash chantant en direct à Opry
Johnny Cash chantant en direct à Opry

Voici un autre symbole du sud, plus réjouissant, mais puissant s’il en est : le 28 novembre 1925, il y a quatre-vingt-quinze ans, fut créée l’émission country de radio « Grand Ole Opry » de Nashville (Tennessee), initialement appelée The Barn Dance Show (« On danse dans la grange »). Un jour un présentateur lança ainsi l’émission : « Vous venez d’écouter de grands airs Opéra. Maintenant vous allez écouter de bon vieux airs d’op’ra (dans sa langue à lui ça se disait « Grand Ole Opry« ). En 1943, l’émission déménage dans la mythique salle de concert du Ryman Auditorium, qui existe toujours en cœur de la ville, avec son décor de grange et ses bancs en bois pour le public.

Depuis 1974, Opry est désormais enregistrée à la « Grand Ole Opry House » de 4400 places, à l’est de « Nash », qui est adjacente au parc d’attraction (!!!) Opryland USA. Si vous voulez vous faire décoiffer… c’est là que ça se passe  : www.opry.com

Le Ryman Amphitheater :

Nashville : notre guide de la « Music city » du Tennessee


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