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Arnaques publicitaires des entreprises : comprendre l’effet miroir

De plus en plus de « nouveaux médias » abusent de la crédulité et de la vanité des annonceurs publicitaires. Voici une description de la pratique qu’on surnomme « l’effet miroir ».

Depuis le début de l’invention de la presse, les éditeurs remplissaient les journaux avec des sujets qui intéressaient les lecteurs : c’était la seule manière de pouvoir vendre leurs journaux. Lors de leurs créations respectives, la radio et la télé ont fait de même. Lors de la création des journaux gratuits à la fin du XXe siècle, le principe restait encore et toujours celui-ci : on cherchait à avoir des lecteurs. La publicité s’est toujours insérée dans ce contexte-là : on met la pub là où il y a des lecteurs/spectateurs. Et il suffit de regarder le fonctionnement des réseaux sociaux pour y voir que les contenus publicitaires sont minoritaires. Ce qui a semblé logique depuis des siècles… n’est toutefois plus toujours une évidence aujourd’hui.

Au XXIe siècle, certains journaux gratuits et sites internet ont commencé à pratiquer une autre approche pour se tailler une « part de marché », et qui ressort de l’arnaque : l’effet miroir. Pour se créer une place commerciale, ils ont commencé à faire croire aux annonceurs publicitaires que les stars, c’était eux (et pas les infos).

Par exemple, il arrive qu’un journal local choisisse de mettre un annonceur publicitaire en gros sur sa couverture : il pratique cet effet miroir. Le principe est simple : l’annonceur publicitaire est flatté. La publication aura très peu de lecteurs, mais ce n’est pas grave. C’est considéré par l’annonceur publicitaire comme un geste amical à son endroit.

Autre exemple, en Sud Floride on a pu voir il y a quelques années plusieurs fausses télévisions se créer. L’une d’entre elle possédait une caméra énorme, entourée d’une équipe qui montait parfois à cinq personnes. Elle ne tournait rien du tout mais se promenait et attirait de nombreuses personnes qui souhaitaient se faire « filmer ».

D’autres se prétendant aussi « télévision » diffusaient sur Youtube. Certaines personnes (réellement filmées, cette fois) partageaient le bout les concernant sur leurs réseaux sociaux et obtenaient les likes immédiat de leurs familles qui applaudissaient à un tel succès télévisé. Même s’il était écrit « Douze vues » sur la vidéo en question. Bien entendu, les blogueurs et vlogeurs ne constituent pas un problème, bien au contraire. Le problème, c’est quand il y a une vente de publicités à la clé, ne correspondant à aucune réalité.

Durant la pandémie de covid, on a vu surgir aux Etats-Unis (comme partout) des « webinaires », souvent sur des thèmes commerciaux : immobilier, comptabilité, immigration, écoles etc etc… Tout contents de « passer à la télé gratuitement », certains ne se posent pas la question de savoir combien il y a de personnes à les avoir vus, et combien de ces vues sont réelles (au moins plus de 10 secondes !). Et puis, de toute façon, c’est gratuit, non ?! C’est gratuit… sauf pour ceux payent, bien entendu ! Car, si un service qui ne rapporte rien est ainsi « offert »… il y a quelqu’un qui le paye, c’est évident et, celui-là, celui qui paye… c’est celui qui est tombé dans le panneau.
L’effet miroir est fait pour ça : pour attraper des mouches avec du vinaigre (ou en tout cas avec la beauté de leur réflexion dans le miroir !).

Le nombre réel de vues de vidéos sur Facebook

Facebook vend également de la visibilité ; de l’influence. Or le nombre de vues qui est affiché sur une vidéo Facebook est celui des personnes sensées avoir « regardé la vidéo au moins trois secondes ». Peut-on considérer comme un « spectateur » quelqu’un qui a écouté durant dix secondes une émission avec trois agents immobiliers ? Même une minute… ça fait quand même un peu juste. Mais pour en revenir aux « trois secondes », ça prend bien évidemment en compte de nombreuses personnes qui ont simplement déroulé leur écran de téléphone mais n’ont en aucun cas tenté de regarder cette vidéo. Les statistiques réelles sont mises à disposition par Facebook, mais l’effet miroir est tel – la satisfaction d’avoir un succès avec son image – que peu de personnes vont cliquer pour aller les regarder. Beaucoup préfèrent même « ne pas savoir ». En effet, l’exhibition (de sa personne ou de sa marque) est une addiction qui procure un bien être.

En illustration nous mettons les statistique d’une de nos vidéos publiées sur Facebook :

– Utilisateurs atteints : 22,5K

– Vues à 3 secondes : 19,4K

– Vues d’1 minute : 6K.

Statistique d'une vidéo du Courrier des Amériques diffusée sur Facebook
Statistique d’une vidéo du Courrier des Amériques diffusée sur Facebook

Ni les spectateurs ni les annonceurs publicitaires ne peuvent voir le nombre réel de 6000, qui est ainsi plus de trois fois inférieur au nombre affiché publiquement…

Nous avons été heureux d’avoir eu ce jour-là 6000 spectateurs (et nous ne commercialisons pas nos vidéos)… mais imaginez quelqu’un qui paye pour un résultat affiché de 50 ou 500 vues.

L’effet miroir peut ainsi prendre différentes formes, qui évoluent rapidement depuis la création d’internet. Andy Warhol avait bien compris que les gens cherchaient désormais leurs « 15 minutes of fame »… mais en 1968 il s’agissait alors d’une vraie « célébrité fugace » que les gens obtenaient dans les mass médias. Les réseaux sociaux ayant démultiplié les possibilités de flatteries et » d’influençage » plus ou moins réel, désormais une simple « illusion de succès » peut constituer une satisfaction chez l’internaute ; une sorte de « 15 minutes de fausse célébrité ». Il convient ainsi d’être vigilant… à son propre reflet. En matière de publicité, seule l’efficacité compte.


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