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Pour Emmanuel Todd, les Etats-Unis ne sont plus un Etat-Nation… et en sont d’autant plus dangereux

Et si les richesses qui vous entourent aux Etats-Unis, ou ailleurs dans l’Ouest, n’étaient plus en grande partie qu’illusions ? C’est ce qu’Emmanuel Todd essaie de vous expliquer dans son essai « La défaite de l’Occident » (1).

Dans le film de science-fiction « Matrix », il suffit d’avaler une pilule rouge pour que le monde virtuel, que vous avez toujours cru être vrai, s’effondre autour de vous, et que le monde réel vous apparaisse. Avec Todd il vous faudra avaler 380 pages de pilule rouge pour y arriver (ou pas). Mais nous n’avons pas voulu passer à côté !

PREAMBULE : 

En 10 ans d’existence, Le Courrier des Amériques a abordé tous les aspects les plus sombres de la vie américaine, mais le journal n’a jamais relayé les thèses des antiaméricains. Pourquoi ? Parce que dans leur quasi-totalité, elles ne forment pas une « pensée », mais… une poubelle. Parler des problèmes : pas de problème, comptez sur nous ! Faire de la publicité aux racistes ou aux essentialistes : non !

Si Emmanuel Todd est vent debout contre les Etats-Unis, ce n’est pas du tout par racisme. C’est parce qu’il considère qu’ils forment un ensemble de problèmes créant, au final, un « gros problème ». Et ce problème est si gros qu’il l’amène à ce genre de conclusions terrifiantes : « La meilleure chose qui pourrait arriver à l’Europe, c’est la disparition des États-Unis » (2).

Qui est Emmanuel Todd

Un grand nombre de mass médias, choqués par ses analyses et/ou paniqués par l’impossibilité de comprendre ce que dit l’anthropologue Emmanuel Todd, l’ont vite rangé dans la case des « poutinolatres » ou en tout cas d’un curieux « marginal de la pensée ». Mais Todd est tout sauf un partisan. La richesse et la hauteur de vue de sa pensée sont évidents et méritent l’attention. Ils n’écartent peut-être pas certains biais politiques (on le sait favorable aux souverainismes), mais il n’est pas possible de faire une caricature de Todd qui rendrait superflue la lecture de certains de ces livres essentiels. D’ailleurs, l’impact qu’a eu ce dernier livre, La défaite de l’Occident, en seulement quelques jours le rend incontournable à l’analyse, et c’est pourquoi… nous ne le contournons pas.

Pour mémoire, alors qu’il avait 25 ans, en 1976, Emmanuel Todd a publié « La Chute Finale », un ouvrage dans lequel il expliquait que l’URSS allait s’effondrer, en démontrant que les statistiques officielles y étaient fausses, et, avec quelques éléments simples comme le taux de suicide ou celui de la mortalité infantile, il expliquait que l’édifice était entré dans sa chute finale.

Statistiques économiques fausses, taux de suicide, mortalité infantile, ce sont des indicateurs qui lui font aujourd’hui dire que les Etats-Unis sont d’ores et déjà à l’agonie.

Comparaison de la solidité des pays

Au XXIe siècle, encore plus qu’avant, les richesses des pays tiennent à leur propre solidité, mais aussi à celles de leurs concurrents et de leurs adversaires. Emmanuel Todd considère que la Russie et un certain nombre d’autres pays, souvent partenaires de la Russie, sont en progression à la fois dans leur industrie, leur génie (la formation supérieure) et en même temps sont entrés dans une stabilité sociétale qui leur permet de commencer à dominer l’Occident. Ce dernier, en contrepartie, serait ainsi en voie d’effondrement.

Ne pouvant ni ne souhaitant écrire ici un livre tout entier, nous ne commenterons pas les analyses de Todd sur la Russie ou sur le « reste du monde ». On ne comprend pas bien, quand même, en quoi être, « la deuxième puissance mondiale » ou « la troisième », serait un problème mortel.

On ne commentera pas, non plus, ses analyses sur le bienfondé pour les Russes de leur attaque en Ukraine.

Nous nous intéresserons ici à deux éléments (c’est déjà beaucoup) : la « défaite de l’Occident en Ukraine », et « l’effondrement de l’Occident ».

La « défaite de l’Occident en Ukraine »

Il s’agit d’un moteur de son livre : la défaite de l’Occident en Ukraine serait une preuve majeure de l’effondrement de l’Occident.

Une chose est vraie : en 2022 les Occidentaux se disaient certains que Kiev allait gagner la guerre contre la Russie, et deux ans plus tard leurs pronostics sont beaucoup plus prudents sur la manière dont cette guerre va se dénouer. Néanmoins, l’approche d’Emmanuel Todd nous semble erronée dès le début de son livre et sur plusieurs aspects. Dire que « Les Américains sont en guerre » nous parait faux. Au mieux on peut parler d’une guerre « par proxy » (par procuration). Car, de toute évidence, il n’y a pas sur cette planète de « guerre » entre les puissances nucléaires. Certes, au moment de l’invasion de l’Ukraine, les Américains ont été très vindicatifs contre les Russes, et ils le sont toujours. Ils sont très impliqués et on peut dire que les USA et l’OTAN sont à la manœuvre dans les coulisses de cette guerre. Tout le monde le sait. Mais personne ici aux USA (à par certains immigrés Ukrainiens et Polonais) n’a le sentiment d’être en « guerre contre la Russie ». Même le soutien financier et militaire à l’armée ukrainienne, qui était vraiment majoritaire au début du conflit, se rétrécit rapidement dans l’opinion (il est toutefois toujours majoritaire).

Apparemment Emmanuel Todd a écrit son livre en Bretagne. C’est peut-être le problème. En effet, en France, le contexte de la guerre Ukraine-Russie est bien réel : les conséquences de la guerre sont économiquement palpables. Mais aux Etats-Unis il n’y a pas (à notre connaissance) de conséquence négative de cette guerre qui puisse être ressentie par les habitants.

Si Trump est élu en novembre, il ira serrer la main de Poutine sans que ça ne surprenne personne (ni même Poutine).

Question à Emmanuel Todd : à partir du moment où il n’y a pas de « guerre des Etats-Unis », comment peut-il y avoir une défaite des Etats-Unis ? Ou bien y aurait-il une guerre de l’Occident – de l’OTAN – sans les Etats-Unis ?

Quels buts de guerre américains ?

Les Américains et l’OTAN ne sont pas en guerre, mais ils sont très impliqués dans cette guerre, c’est un fait. Emmanuel Todd doute lui même de leurs intérêts réels dans cette guerre : il pense que d’attaquer la Russie n’avait aucun intérêt pour les USA. Mais il n’imagine pas une seconde que les Américains puissent avoir un autre intérêt que la victoire de l’Ukraine.

En réalité, après la première phase d’émotion extrême et de soutien flamboyant à l’Ukraine, on peut se demander aujourd’hui si les USA ont jamais cru un jour en cette victoire ukrainienne. Même en considérant avec Todd que les élites de Washington sont moins intelligentes qu’avant, il ne paraît pas possible qu’elles aient sous-estimé les Russes à ce point-là.

Aujourd’hui on peut mieux voir la réalité de la situation russe : parallèlement à cette guerre qu’elle mène, la Russie semble s’en sortir assez bien d’un point de vue économique. Mais elle est au maximum de ses capacités humaines, qui se consument lentement sur le front. Tout le monde savait que sa démographie étant mauvaise, la Russie ne pourrait pas déplacer beaucoup de troupes, sauf à provoquer une grave dégradation du moral de sa population. Conséquence prévisible : pendant que la Russie gère militairement la guerre sur sa frontière ukrainienne, elle n’a plus les moyens de mener des conflits ailleurs, en Afrique, en Syrie etc… Forcer la Russie à une guerre longue en Ukraine pouvait donc avoir des intérêts évidents. Même si la victoire finale était peu probable.

Alors, nous ne disons pas ici que la guerre d’Ukraine arrange les Etats-Unis. Mais le fait que les Russes se fatiguent et perdent des troupes en Ukraine pendant des années, stratégiquement, ça n’a pas que du négatif, ni pour les USA, ni pour leurs alliés (3).

Certes, Todd montre que les USA ont du mal à fournir des armes et munitions à l’Ukraine. Peut-être y a-t-il un problème industriel militaire (Biden a dit qu’il allait le combler). Mais, finalement, on a l’impression que les Etats-Unis donnent aux Ukrainiens ce qu’ils avaient budgétisé bien avant le début de la guerre.

En synthèse : on a l’impression qu’Emmanuel Todd n’a pas mesuré de quel ordre était l’engagement américain en Ukraine. Si demain les Russes gagnaient la guerre (en remportant leurs dernières revendications territoriales), ça embêterait très certainement les Américains, mais (qu’on soit pour ou contre) ça n’empêcherait pas les Texans de dormir ni les Californiens d’aller faire du surf. Etre en guerre, c’est quand on voit des cercueils arriver sur ses aéroports. 

 « L’effondrement de l’occident »

Ce n’est pas parce qu’Emmanuel Todd a une vision erronée sur l’un des sujets, qu’il a forcément tort sur les autres. Encore une fois, sa vision globale est très riche et intéressante, et il est de facto impossible de lui donner tort « argument contre argument ».

On objectera donc une impression globale qui est celle-ci : Emmanuel Todd a très bien su remarquer que le verre était à moitié vide. En revanche, l’absence d’éléments positifs dans sa fresque occidentale la rend très suspecte, et encore plus quand il s’agit des USA : dire qu’ils ont des points négatifs, c’est une évidence. Mais ne pas voir leurs atouts, c’est être un peu aveugle. C’est s’inscrire dans une énième version du « déclin de l’Empire Américain ».

Néanmoins, la thèse de Todd permet de se poser des questions sur nous mêmes.

En voici une synthèse : chacun s’est rendu compte que nous entrions dans une ère qui n’est plus du tout régie par la religion. Aux USA cet état de fait arrive avec un peu de retard sur la France ou le Québec. Or, écrit Todd, le Protestantisme était le moteur de l’Occident. Celui qui produisait à la fois de l’éducation, de la cohésion et de la morale. 

« L’implosion, par étapes, de la culture WASP – blanche, anglo-saxonne et protestante – depuis les années 1960 a créé un empire privé de centre et de projet, un organisme essentiellement militaire dirigé par un groupe sans culture (au sens anthropologique) qui n’a plus comme valeurs fondamentales que la puissance et la violence. Ce groupe est généralement désigné par l’expression « néocons ». Il est assez étroit mais se meut dans une classe supérieure atomisée, anomique, et il a une grande capacité de nuisance géopolitique et historique. » (…) » Nous y reviendrons longuement : le protestantisme, qui, pour une bonne part, avait fait la force économique de l’Occident, est mort. Phénomène aussi massif qu’invisible, vertigineux même dès lors qu’on y songe un peu, nous verrons qu’il est l’une des clés, si ce n’est la clé explicative décisive des turbulences mondiales actuelles. »

Si vous pensiez que la fin de la religion débouche sur un monde meilleur, Todd vient vous expliquer le contraire (précisons qu’ils n’est pas lui même apôtre d’une religion particulière). Pour lui la fin du Protestantisme a pour conséquence la désagrégation de l’Etat-Nation. Dans le chapitre « Croule Brittania » il explique que la Grande-Bretagne n’est plus une nation et qu’elle est à l’agonie, sans plus aucune cohérence politique. Et il expose ensuite que les Etats-Unis sont eux aussi à un stade de décomposition avancée. Nous vous laisserons découvrir ses démonstrations intéressantes et inquiétantes en lisant son livre, mais en résumé, comme le dit le titre de son chapitre, « la vraie nature des Etats-Unis : oligarchie et nihilisme ». 

Toujours selon Todd, comme il n’y a plus de morale commune aux USA, une mini-oligarchie s’occupe de mettre le pays en coupe réglée, de s’enrichir alors que les classes moyennes disparaissent, économiquement ou bien de mort violente (mortalité infantile, suicides, overdoses etc etc…). Citons un seul exemple inquiétant : le maintien par les élus américains des ventes d’opioïdes, alors que chaque année 100000 Américains en meurent. Comme chacun le sait (mais c’est vrai qu’on devrait le rappeler plus souvent), des médecins américains en très grand nombre ont sciemment empoisonné leurs propres patients. Ca force à se poser quelques questions…

Ainsi, les sociétés post-religieuses comme celle des USA seraient vides de morale, mais aussi, selon Todd, de leur moteur : leur modèle éducatif. Elles ne peuvent plus avoir d’élites compétitives face aux Russes, aux Chinois etc… Bien sûr les USA compensent (un peu) en captant les élites des autres pays à qui ils donnent des visas. Mais ça ne suffirait pas. Et Todd suspecte même les Juifs américains d’être sur la même voie que les WASP : bien moins performants qu’avant. Il cite en source les statistiques de la présence des uns et des autres dans les grandes écoles et dans les institutions.

Sont-ce de très inquiétants détails ? Est-ce la preuve d’une « fin de civilisation » ? En tout cas on remerciera Emmanuel Todd de nous faire peur ! 

« L’individu ne peut être grand que dans une communauté et par elle. Seul, il est voué par nature à rétrécir. Maintenant que nous sommes libérés en masse des croyances métaphysiques, fondatrices et dérivées, communistes, socialistes ou nationales, nous faisons l’expérience du vide, et nous rapetissons. Nous devenons une multitude de nains mimétiques qui n’osent plus penser par eux-mêmes – mais se révèlent quand même tout aussi capables d’intolérance que les croyants d’autrefois.

Les croyances collectives en effet ne sont pas seulement des idées que partagent des individus et qui leur permettent d’agir ensemble. »

Emmanuel Todd explique ainsi la manière dont les partis politiques américains se sont vidés d’intelligence, et comment ils arrivent tout de même à faire voter de grandes masses simplement en faisant détester l’adversaire. D’ailleurs, comment serait-il possible de faire autrement (ou mieux) si les populations ont ainsi considérablement régressé ? Cette division est assez simple à constater, entre des élites américaines qui détestent les « déplorables » (au lieu de les représenter, comme le voudrait une démocratie représentative), et un peuple qui déteste des « élites déconnectées ». Le même divorce existe, c’est vrai, en France ou en Grande-Bretagne. Vous vous demandiez pourquoi ? Todd vous donne la réponse : parce qu’on est devenus complètement cons ! 

Todd ose aller encore beaucoup plus loin sur les questions d’inégalités « favorisées par la culture protestante » : « Les Noirs n’incarnant plus le principe d’inégalité, l’égalité des Blancs s’est pulvérisée. Le sentiment démocratique est donc plus menacé encore en Amérique qu’ailleurs. Dans l’ensemble du monde avancé, l’éducation supérieure a miné le sentiment démocratique. Mais aux Etats-Unis la disparition soudaine de l’égalité des Blancs, fondée sur l’inégalité des Noirs, a aggravé le phénomène. Telle est la toile de fond anthropologique et religieuse de la puissante dérive inégalitaire de la société américaine dans les années 1965-2022, que l’on aurait tort de ne considérer que dans ses aspects économiques (la montée des inégalités de revenu) ou politique (l’effacement du rôle des citoyens non diplômés). »

Et comment en serait-on arrivé à ce désastre qu’il évoque ? « L’Amérique d’aujourd’hui n’est plus un État-nation; elle a perdu sa classe dirigeante et sa capacité à fixer une direction. Vers 2015, elle a atteint ce que j’ai appelé un état zéro. Cette expression ne signifie pas que le pays n’existe plus ou ne produit plus rien mais qu’il n’est plus structuré par ses valeurs originelles : protestantes, et que la moralité, l’éthique du travail et le sentiment de responsabilité qui animaient sa population se sont évaporés. L’élection de Trump, champion de la vulgarité, puis celle de Biden, champion de la sénilité, auront été l’apothéose de cet état. »

Quelle solidité économique ?

On reparlera dans la conclusion de « l’esprit de défaite » présent dans ce livre. Mais en attendant, ce qui inquiétera en premier plan nos lecteurs Nord-Américains, c’est la capacité de résistance économique du pays. En effet, la recomposition multipolaire de la planète provoque un recul du dollar en tant que monnaie « universelle » et ça pourrait avoir des conséquences économiques importantes. « Perdre le contrôle de leurs ressources extérieures provoquerait une chute du niveau de vie de la population, qui n’est déjà pas brillant », dit Todd, et il a raison. La réorganisation monétaire de la planète va être périlleuse pour nos économies. Il est évident que Washington manœuvre déjà beaucoup pour faire face à cette recomposition « multipolaire » (les Etats-Unis ne seraient plus à l’avenir le seul pôle régulant la planète).

Voilà. Encore une fois, on regrettera que Todd ne puisse voir que la partie à moitié vide du verre. Il ose ainsi écrire (pas loin de sa conclusion) : « L’Occident semble s’être figé quelque part entre 1990 et 2000, entre la chute du mur de Berlin et un bref moment de toute-puissance. (…) La globalisation qu’il a déclenchée s’essouffle, son arrogance exaspère. » Certes, depuis cette époque (fin du XXe), la Chine, la Russie ont grandement évolué, et nombre de pays se sont bien structurés, notamment en Afrique, Asie, Amérique Latine. Plusieurs pays ont su sortir du « tiers-monde ». Mais dire qu’il ne s’est rien passé de positif en Occident depuis la fin du XXe siècle, c’est quand même être un peu aveugle, notamment du point de vue scientifique et technologique !

Par delà la « défaite » américaine

Si ces sujets vous intéressent, pour en savoir plus vous devrez lire le livre ! On regrettera pour nos lecteurs canadiens qu’il n’y ait pas un chapitre consacré à leur pays : sûr que ça en aurait énervé plus d’un !!!!

Toutefois, on ne saurait terminer sans apporter une touche d’espoir dans ce sombre tableau! Il semblerait qu’Emmanuel Todd ne sache pas voir par delà les défaites. Pour lui il y a un caractère totalement irréversible au déclin américain : ensuite il n’y a plus rien : terminé, nada, finito, kaput, trou noir !

Pourtant l’un des pires exemple, celui des Russes, montre que, quand on a touché le fond, on ne peut plus que remonter ! Durant le XXe siècle, l’URSS avait anéanti à la fois sa propre économie et la religion des Russes. Dans les 10 ans qui ont suivi son implosion la situation économique avait même encore empiré pour les Russes : le naufrage était total. Et, comme on peut le voir aujourd’hui, ils sont toujours là, et il semblerait qu’ils aient recouvré une certaine puissance. La religion y est revenue, mais la foi est loin d’être partagée pour tout le monde. Ainsi, la Russie est passée à travers le trou noir des années 1990.

Alors, difficile de dire avec Todd qu’il y ait une dramatique et globale « défaite de l’occident » mais, ainsi, les défaites peuvent inspirer des enseignements et être fondatrices d’avenir. Le propre des Etats-Unis est d’ailleurs de savoir se renouveler. Alors, question renouvellement, c’est vrai que ce n’est pas trop le cas en ce moment… mais ça arrivera bien un jour !

En tout cas, en cette année électorale 2024, espérons que les candidats puissent se réveiller sur certains aspect du pays qui, c’est vrai, méritent d’être considérés et traités en urgence.

Gwendal Gauthier

Directeur du journal Le Courrier des Amériques

– 1 – Gallimard, 11 janvier 2024, 23€, 384 pages.

– 2 – Sur BMFTV le 11 janvier 2024 : www.bfmtv.com/international/asie/russie/emmanuel-todd-la-meilleure-chose-qui-pourrait-arriver-a-l-europe-c-est-la-disparition-des-etats-unis_VN-202401110287.html.

– 3 – Il y a d’autres hypothèses . Rappelez-vous : en août 2021 les Américains ont récupéré leur « budget Afghanistan », celui d’une guerre qui ne se terminait pas. Pour en faire quoi ? Pour le réaffecter où ? Le Courrier des Amériques avait donné la réponse à l’époque : Ukraine et Taïwan devenaient des dangers imminents ; et constituaient alors une perspective nouvelles de conflits potentiels et fort couteux. Dans le cas de l’Ukraine, il était possible de deviner que ça se terminerait en « conflit sans fin », en tout cas assez long, et que budgétairement ça nécessitait pour les USA de déplacer les budgets d’Afghanistan. En effet, ils ont des crédits limités.


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