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L’état de l’Union 2024 selon Joe Biden

Chaque année vers la fin de l’hiver le président des Etats-Unis délivre son discours sur l’état de l’Union. Le 7 mars, Joe Biden a prononcé le sien, qui peut s’apparenter à un programme électoral, et c’est ainsi que nous le traiterons, car sur son site internet de campagne… vous pouvez chercher : il n’y a pas de programme ni la moindre proposition (www.joebiden.com) ! Durant ce discours, aussi bien pour le passé que pour le présent ou pour l’avenir de l’Union, le président Biden s’est très souvent comparé à son « prédécesseur », comme il l’a appelé treize fois sans le nommer ! Il n’est donc pas déplacé d’y voir une base de programme. D’ailleurs les Démocrates présents au Capitole criaient tous « four more years ».

Première remarque, Joe Biden était attendu sur son âge et surtout sur sa santé : or il a livré l’un des discours les plus énergiques jamais entendus au Congrès. Bien sûr, ce n’est pas le seul de ses discours (dans d’autres circonstances chacun a pu voir qu’il semblait dans un état catastrophique) mais en tout cas le 7 mars il était en très grande forme. D’ailleurs, ça fait très longtemps que son comportement est parfois bizarre. Voilà pour l’état de Biden : ça va ! D’ailleurs il l’a précisé « « L’enjeu pour notre pays, ce n’est pas notre âge, c’est l’âge de nos idées. »

L’état de l’Union, pour sa part, a été ouvert par un discours assez ferme sur la nécessité d’intervenir afin de soutenir l’Ukraine face aux avancées russes, mais aussi d’intervenir par exemple dans le conflit israélo-palestinien (notamment par la création d’un port humanitaire à Gaza, ce qui semble une idée généreuse).

C’est surtout au niveau économique que Joe Biden est décrié, à la fois par ses opposants, mais aussi par un grand nombre d’américains. Il a cependant mis les chiffres en avant, en parlant « d’inflation la plus basse du monde ». C’est vrai qu’en janvier 2024 elle n’était que de 3,1% (chacun aura tout de même observé que ce n’était pas le cas depuis le début de son mandat). Les salaires ont augmenté, certes, mais si on en parle dans cet article juste après l’inflation, c’est pour signaler que ces augmentations sont loin d’être à la hauteur de l’inflation.

« Quinze millions d’emplois ont été créés en trois ans, c’est un record. Et le taux de chômage est le plus bas depuis 50 ans ». Les « Bidenomics » ne sont pas uniquement du vent, et il aura fallu à Biden s’extraire début 2021 de la mauvaise passe constituée par la Covid : tout n’est pas de sa faute, loin de là, mais peut-être aurait-il dû insister sur l’état des USA suite à la pandémie plutôt que de trop vanter ses « bidenomics ».

Au niveau sociétal, le président souhaite (entre autres) interdire l’acquisition d’armes de guerre s’il est réélu. Il a appuyé sur le sujet de l’avortement, promettant de revenir, en cas de réélection, à une loi fédérale sur le sujet. En effet, durant son mandat, la Cour Suprême a renvoyé la responsabilité des lois sur l’avortement dans chaque Etat, et en conséquence les lois sont très différentes de l’un à l’autre, certains ayant définit l’embryon comme un enfant dont on ne pouvait enlever la vie, alors que pour d’autres il est possible d’avorter très tardivement. Durant son discours, Biden a pointé du doigt la responsabilité des Républicains dans ces changements.

Autre point de politique intérieure – récurrent depuis sa prise de fonction – l’invasion du Capitole des Etats-Unis par des militants Trumpistes le 6 janvier 2021. Joe Biden est revenu sur le fait que Donald Trump a voulu arrêter la transition démocratique après avoir perdu l’élection. Encore aujourd’hui un grand nombre de Républicains pensent que Joe Biden a gagné la présidence en trichant. En réalité, Trump a certes cherché en 2020-21 des moyens de prouver qu’il avait gagné, mais pour le moment (quatre ans plus tard) il n’y a pas de preuve qu’il ait souhaité que (certains de) ses militants envahissent le capitole. La popularité de Trump (il est le favori de la prochaine élection) montre que les Américains se sont fait sur ce point une idée opposée à celle de Joe Biden (ils ne seraient pas si nombreux à vouloir voter pour Trump s’ils pensaient qu’il avait une responsabilité dans les violences du 6 janvier).

Il n’empêche : la transition s’est très mal passée en janvier 2021 et Donald Trump en porte largement la responsabilité. Et ce sans que Trump ait apporté la moindre preuve d’une triche d’ampleur durant l’élection (les fabricants de machines électroniques ont fait payer ceux qui les avaient diffamé). Pour cette raison, Joe Biden appuie là où ça fait mal, et sur ces deux sujets (avortement + « danger pour la démocratie ») il a confirmé ce dont on se doute depuis longtemps : il fera campagne sur ces deux sujets-là. Ils sont très important aux yeux des Américains mais, malheureusement, ces points ne sont pas ceux d’un bilan à défendre (1). Joe Biden les utilisent pour faire « détester l’adversaire » : une triste tradition américaine depuis quelques décennies (Trump fait la même chose). Lors de son investiture, le président Biden avait promis de « réconcilier l’Amérique », et personne n’en a vu le commencement.

Durant les mois précédant l’élection on ne pourra pas beaucoup plus vous présenter les programmes des candidats s’ils n’en ont pas (en 2020 Trump avait demandé au Parti Républicain de ne pas rédiger de plate-forme électorale !). On va quand même faire de notre mieux pour souligner les différences entre les candidats ! Dans le journal démocrate The Atlantic, la journaliste qui a relaté ce discours sur l’état de l’Union a mis en avant le talent de « connectivité » de Biden, le comparant à un prêcheur, mais elle n’a pas du tout parlé des différents points défendus par le président. Comme quoi… les programmes n’intéressent pas tout le monde ! https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2024/03/joe-biden-sotu-congress/677690/

En tout cas, pour conclure sur l’état de l’Union, oui Joe Biden est très rassurant pour les Américains quand on le voit ainsi combatif, appréciant son role, et quand il met en avant les bons points de son action gouvernementale : lui et son équipe savent de quoi ils parlent. Mais cette action gouvernementale a une côte de popularité extrêmement basse, est ce n’est pas nouveau. Il faudra voir dans les prochaines semaines si les Américains réagissent positivement à ce discours.

– 1 – Et Trump n’est d’ailleurs pas un ultra opposant de l’avortement, il se dit favorable à la recherche d’un consensus sur la question (même si on ne voit pas trop ce que ça pourrait être).

EDITORIAL – Quelques observations de notre part sur l’état de l’Union : 

par Gwendal Gauthier, directeur du Courrier des Amériques.
par Gwendal Gauthier, directeur du Courrier des Amériques.

Je vais rappeler quelques « mauvais points » sur la situation américaine, de la manière la plus brève possible. Mais il est important de le signaler. Je rencontre souvent en Floride des personnes qui me disent : « tout va bien aux Etats-Unis ». Si on ne sort pas de Miami… c’est sûrement vrai que tout va bien !.

Depuis des décennies la ségrégation géographique progresse aux Etats-Unis (elle est supérieure à celle qu’il y avait dans les années 1960), la pauvreté reste effrayante et la classe moyenne n’améliore pas du tout ses conditions de vie. Pourtant, la macro-économie américaine est exubérante. Bien sur, il faut fermer les yeux sur la dette publique afin de trouver ce système économique éblouissant. Dans tous les cas, la répartition des richesses est problématique aux Etats-Unis, et dans un nombre d’endroits croissants : ça ne va pas en s’améliorant. Les exodes de New-York ou de Californie sont des nouveautés peu réjouissantes, venant s’ajouter à la pauvreté dans la Rust Belt et dans le Sud. Il n’y a pas que les individus à y être pauvres : les infrastructures sont dans un état lamentable. Dans d’autres endroits, heureusement, les USA vont très bien. Mais la répartition doit plus que jamais être à l’ordre du jour. A quoi bon pour les Etats-Unis gagner plus d’argent si juste quelques personnes en profitent ?

Les discours sur l’Etat de l’Union des présidents américains sont toujours incroyables, et il est difficile de rivaliser avec eux en la matière aussi bien Obama que Trump ou Biden. Ils confirment par leurs discours pourquoi ils sont craints au niveau international. Mais, dans les actes, in fine, au niveau intérieur on se demande quand même s’ils ont les moyens et/ou la volonté de résoudre les problèmes des Américains (et on ne reviendra pas sur d’autres nombreux problèmes comme la formation supérieure en déclin, les morts violentes : suicides, overdoses mass shooting etc… on en parle régulièrement dans le journal et la situation est totalement inadmissible.

Bien sûr, ce constat n’est pas nouveau ou propre au président Biden. Mais… Biden ou pas, la situation est toujours là : il n’y a pas que du positif dans l’état de l’Union (sauf à Miami !).


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