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Question des lecteurs sur la « qualité » des avocats d’immigration francophones aux Etats-Unis

Il y a beaucoup de discussions sur internet et nous sommes souvent interpellés sur ce sujet : “pourquoi ne dénoncez-vous pas les mauvais avocats d’immigration francophones”. Bien sûr, les représentants de cette profession pourraient à raison se sentir outrés qu’on puisse remettre en cause d’une manière ou d’une autre le bienfondé et l’étique de leur métier. Mais, c’est ainsi, ce n’est pas de notre fait : avec l’apparition des réseaux sociaux un grand nombre de légendes urbaines (et de bobards) circulent. Des personnes en échec se lâchent parfois et ont besoin d’un « coupable ».

Il y a quelques jours une femme (très photogénique) est venue dans certains groupes de francophones aux USA s’en prendre à un(e) avocat(e) d’immigration. Des dizaines de personnes sont venues surenchérir, faire mousser la chose (seulement deux personnes ont défendu l’avocat(e) durant ces discussions). Après une journée entière de commentaires, quelqu’un s’est aperçu que le profil Facebook ayant rédigé le post initial contre l’avocat(e) était un faux, avec des photos volées… Ce genre de lynchage arrive de temps en temps.

Alors, on ne va pas ici apporter de réponse révolutionnaire sur le métier d’avocat, mais il faut souvent rappeler les b-a-bas aux nouvelles générations, et voici quelques éléments de réponse qui sauront, nous l’espérons, être intéressantes.

VISAS E-2 : BEAUCOUP D’ECHECS

Le problème en question ici ne concerne pas l’immigration « par mariage » mais plutôt un certain nombre de dossiers de visas investisseurs (E-2) qui sont rejetés par l’immigration américaine. Ces dernières années le taux de rejet des E-2 est compris entre 7% et 24% sur toute la planète, mais ces taux sont aussi les mêmes pour les cas particuliers des Français ou des Canadiens : il y a eu entre 7% et 24% de rejet par l’administration américaine en fonction des années. Mais, selon les pros, ces variations importantes du nombre de rejets sont liées à la gestion des dossiers durant (pendant et après) la Covid. La moyenne « historique » serait plutôt entre 14% et 15% de rejet.

Les Français se voient attribuer en moyenne 4000 visas E-2 chaque année. Les Canadiens étaient 3577 à recevoir ce visa en 2018 et, après une baisse durant la pandémie de Covid, ils étaient 6923 en 2022 puis 8048 en 2023 ! Ca concerne donc beaucoup de monde.

Les dossiers de visas investisseurs peuvent être rejetés pour différentes raisons : et généralement parce que l’administration ne trouve pas le dossier suffisamment bon ou parce que les porteurs de projet ne semblent pas être à la hauteur (leur niveau d’anglais durant l’entretien avec l’immigration américaine, par exemple). Après, on peut toujours accuser l’avocat d’avoir présenté le dossier alors qu’il n’était pas assez bon… mais dans la plupart des cas ce n’est évidemment pas l’avocat le problème.

Ainsi, vu les taux de rejet, plus les avocats font de dossiers et plus ils risquent d’avoir un grand nombre d’échecs. Les avocats que nous connaissons sélectionnent les dossiers et ils ne prennent pas tous les clients ; en tout cas pas si ils sont certains que le dossier sera rejeté par l’immigration, ou bien que le client va droit dans le mur car il ne pourra pas s’adapter à la vie américaine, ou bien parce que le client a un comportement inadapté (agressivité, dissimulation d’éléments du dossier etc…). Car, si des personnes sont mécontentes au sujet de leurs dossiers qui n’ont pas été validés, d’autres nous contactent (nous médias) aussi pour se plaindre que les avocats n’ont pas voulu prendre leur dossier : ils ont refusé de le présenter à l’immigration américaine (ce qui est plutôt sain car si les avocats acceptaient tous les dossiers ça leur serait aussi reproché).

Alors, pour répondre plus directement à la question poséeen introduction de cet article, si le nombre de juridictions est très important aux Etats-Unis et qu’il est en conséquence difficile de connaître toutes les plaintes déposées, nous n’avons néanmoins pas connaissance de plainte portée en justice à l’encontre d’un avocat d’immigration, ni aucune mention de procédure administrative à leur encontre.

La réponse pourra surprendre les personnes en colère. Pourtant, il est évident que des professions assermentées (avocats ou autres) ne sont pas là pour nuire à leurs clients : c’est à peu près la base à connaître pour pouvoir vivre en société.

Bien sûr, si vous comptez prendre un avocat, vous pouvez toujours faire des recherches sur Google ou Facebook pour voir ce qui se dit sur lui. Si effectivement, à tort ou à raison, un(e) avocat(e) concentre les critiques sur les réseaux sociaux, on ne nous a en revanche jamais signalé de problème particulier pour les (nombreux) autres. Il y a forcément des échecs (vous avez vu les stats), mais on ne peut pas parler de “problème”.

LE CAS DES FAUX AVOCATS

En revanche (autre sujet) (bien plus grave) nous avons connaissance de plaintes déposées contre des faux avocats francophones aux USA. Nous en avons déjà parlé : des personnes ayant eu (par exemple) des dossiers de visas E-2 rejetés par les avocats ou par l’administration se tournent ensuite vers des sociétés qui font illégalement ces visas. Et qui, dans un certain nombre de cas, arrivent à faire valider par l’immigration les visas pour ces mêmes immigrants qui étaient préalablement en échec. Est-ce une solution ? Apparemment il y a eu de l’argent volé dans certains cas (en tout cas il y a des plaintes), et surtout… le risque que tous les visas délivrés soient un jour annulés. Si les dossiers sont « arrangés » par ces bricoleurs puis acceptés par l’immigration, non seulement c’est illégal, mais ça risque d’être remarqué au moment du renouvellement de visa. « Faire sa vie aux Etats-Unis » durant 4 ans seulement, c’est une démarche un peu curieuse, non ? Dans certains pays (comme la France), certains aiment bien prendre l’administration à la légère. Aux Etats-Unis c’est vivement déconseillé. Vous êtes un immigrant et vous avez un pacte avec votre nouveau pays. Si vous le trahissez, ça ne va pas bien se passer.

Autre problème, qui va sans dire (mais ça va quand même mieux en le disant ) : Ceux qui optent pour cette solution des faux avocats (ils sont apparemment des dizaines) ne peuvent pas bénéficier des conseils appropriés qu’ils auraient eu avec avec un vrai avocat. Les avocats ont vraiment une formation et une expérience qui peut vous permettre de vous aider à faire les bons choix. Il faut savoir qu’un très grand nombre d’investisseurs finissent en échec… C’est d’ailleurs complètement normal quand on sait que les Américains eux mêmes qui ouvrent des entreprises dans leur propre pays ont un fort taux d’échec dans les deux années suivantes. Comment des étrangers pourraient-ils faire mieux ? D’autant que le « rêve américain » rendent certains immigrants hermétiques à tout conseil de prudence. La moindre des recommandations c’est d’écouter les conseils des personnes qui connaissent le sujet et sont expérimentées pour vous accompagner.

Et puis, comme le dit Sylvain Perret (business broker spécialisé dans l’accompagnement de visas E-2) : “ce n’est pas parce qu’un médecin commet une erreur médicale qu’il faut obligatoirement aller chez un charlatan”. Effectivement, il est possible de changer d’avocat. D’ailleurs certains de ces faux avocats sont notablement plus chers que les vrais !

Alors, en conclusion, les réseaux sociaux servent de caisse de résonance aux personnes mécontentes. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose, mais il faut raison garder et ne pas céder aux séances de lynchage qu’on peut y voir ; aux vengeances qui sont parfois fort éloignées des réalités. On ne dit pas que « tous les avocats sont bons » et que personne ne commet d’erreur. Mais les rumeurs sur la qualité des avocats francophones d’immigration sont nouvelles, et soit elles sont propagées par des escrocs qui « vivent sur les restes », soit par des personnes en échec. Malheureusement, il y en aura toujours.


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