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Sur les routes de Jack Kerouac (1922–1969) pour le centenaire de sa naissance

Isaline Rémy
Un article d’Isaline Rémy

« Ti’Jean, n’oublie jamais que tu es breton ! »

L’écrivain Jean-Louis Kérouac ou Jean-Louis Lebris de Kérouac dit Jack Kerouac est né le 12 mars 1922 à Lowell dans le Massachusetts, dans une famille de Canadiens- français. Il sera surnommé du diminutif Ti’Jean puis Jack. D’origines plus que modestes, ses parents rencontreront de grosses difficultés financières. De ses ancêtres bretons, dont le dernier descendant est parti depuis 210 ans, il sera hanté toute sa vie par ses origines, fierté de son père qui lui inculque au plus profond de son âme : « Ti’jean, n’oublie jamais que tu es breton ! » il ira les rechercher 4 ans avant sa mort du côté de Huelgoat, non loin de Brest, et sera marqué très fortement par cette attirance où il se reconnaît comme légitimement breton.

De l’enfance, l’écriture un refuge et déjà chroniqueur

Jusqu’à l’âge de six ans, Jack Kerouac ne maitrise qu’un dialecte de français canadien, le joual, et c’est à l’école qu’il apprendra l’anglais comme langue secondaire. Puis un drame va venir perturber à jamais le futur écrivain : à l’âge de 4 ans, son frère aîné Gérard, âgé de 9 ans, meurt des suites d’une fièvre rhumatismale. Cette douleur de l’absence ne s’estompera pas et sera relatée dans Visions de Gérard en janvier 1956 (qui ne sera publié qu’en 1963).

Jack Kerouac sera introduit, grâce aux relations de son père imprimeur, dans le milieu culturel et littéraire de la ville. A 13 ans, il est déjà un chroniqueur publié. Il se nourrit du 7ème art, en assistant à plusieurs projections de films dans son cinéma de quartier. Il passe la plupart de son temps dans l’imprimerie familiale, apprenant la dactylographie et la typographie. Cela lui permet d’acquérir une grande facilité pour la spontanéité de l’écriture de ses oeuvres. Une rapidité dont il n’aura que très peu de corrections à faire de ses chapitres, et une fois les épreuves sorties. 

Très attaché à sa mère, il le restera toute sa vie, tandis que les affaires de son père déclinent au fil du temps ; ce dernier s’enfonce dans l’alcool et devient addict du jeu. Jack se bat et décroche une bourse à l’université de Columbia, en gagnant un championnat de football, et sauve ainsi sa famille de la misère. Précocement, il écrit des histoires sur le modèle de l’émission de radio « The Shadow » ou des romans de Thomas Wolfe. Toute la famille le suivra afin que Jack puisse poursuivre des études, malheureusement il se blesse au tibia, ce qui provoquera une dispute irréconciliable avec son entraîneur de football.

Jack Kerouac en 1943 lors de son engagement dans la Naval Reserve
Jack Kerouac en 1943 lors de son engagement dans la Naval Reserve : photo prise par USGov — National Archives, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24812777

Un mouvement littéraire est né : la « Beat Generation » 

Son orientation sportive du départ est négligée, Jack Kerouac préfère les comptoirs des bars aux cours, accompagné par ses amis du moment, tous des futurs leaders de la Beat Generation,  terme qu’il a lui même inventé en 1948. Un nouveau mouvement littéraire américain naît ainsi dans les années 1950 mettant en exergue la liberté, les grands espaces et une libération sexuelle, ajoutant à cela une once de spiritualité. Ce sera le début d’une orientation qui amènera les générations d’après vers les communautés hippies.

Un grand nombre de contemporains utilisèrent un terme déformé, « beatniks », pour qualifier et caricaturer cette génération en quête d’un sens nouveau.

Sur la route (On the road), son roman phare

Le souhait de Jack Kerouac d’intégrer la marine américaine sera vaine, il n’est plus le sportif d’antan, alors qu’importe, il décide de parcourir tous les États-Unis avec ses fidèles amis, menant une vie de bohème et de road-trips alimentés par des stupéfiants. Obsessionnellement il écrit, sur un unique rouleau de papier, le roman de ses idéaux qui deviendra le symbole de sa génération : Sur la route. Son oeuvre terminée, il le présente à des éditeurs en 1950, mais il lui faudra attendre 7 ans pour que l’un d’entre eux accepte de le publier. Le succès considérable du roman fera de lui sa renommée mondiale. Kerouac, ne cherche pas la gloire, pourtant lucide de ce que veut dire une célébrité à laquelle il n’était pas préparé, il va sombrer violemment dans l’alcoolisme et la dépression. Par la suite il écrira de nombreux livres et articles sur sa vie d’errance et sa quête spirituelle entre christianisme et bouddhisme, mais il aura beaucoup de difficultés à se faire comprendre et admettre par le public et les critiques. 

On the Road, le livre de Jack Kerouac

100 ans après à l’honneur 

Il est bien réducteur de relater la vie et l’œuvre de cet écrivain, aussi pour les 100 ans de sa naissance, il sera à l’honneur tout au long de l’année, d’abord chez Gallimard, avec la parution en mars, d’un inédit, son tout premier véritable roman, écrit à l’âge de 20 ans « La mer est mon frère », quinze ans, donc, avant la parution de Sur la route, et publié aux Etats-Unis en 2011. Ce livre retrace, sous l’influence de Herman Melville, son expérience dans la Marine marchande américaine, en 1942.

L’édition Seghers, rééditera en février ses Poèmes dispersés et Gallimard nous redonnera à lire Mexico City Blues et L’écrit de l’éternité d’or et en édition bilingue Folio présentera en mars une nouvelle édition de son roman Satori à Paris, publié en 1966, quête de ses origines bretonnes restées floues, annoncé dans la collection « L’imaginaire » et initialement traduit par Flammarion. 

D’avoir trop brûlé la vie, le 23 octobre 1969, les journaux titraient : 

« Jack Kerouac, « le clochard céleste ». Le grand voyageur de la littérature américaine, est mort le 21 octobre, à la suite d’une hémorragie (ulcère), à l’hôpital de Saint-Petersburg (Floride), où il avait été transporté dès lundi soir. Il était âgé de 47 ans. »

Il laisse une œuvre considérable, entre autres de Sur la route (1960), Les Clochards célestes (1962), Big Sur (1966), Le Vagabond solitaire (1969)…

Isaline Rémy


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