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Franck Bondrille : “Il faut que Biden rouvre les frontières américaines, on ne peut plus attendre !”

Ca fait 15 mois qu'un mois qu'un "travel ban" interdit aux voyageurs européens de venir aux Etats-Unis. Les familles et les professionnels du tourisme sont inquiets.

Entretien avec Franck Bondrille, fraîchement réélu la semaine dernière “conseiller des Français de l’étranger” pour la circonscription de Miami. En tant qu’élu et en tant que professionnel, Franck explique pourquoi il souhaite que la Maison-Blanche rouvre les frontières, à l’instar de la France qui va de nouveau accueillir les Américains à partir du 9 juin.

Le Courrier des Amériques : Vous êtes favorable à la réouverture des frontières américaines ; vous parlez en tant qu’élu de la République française ou en tant que “réceptif”, agent de voyage américain ?

Franck Bondrille : Oui je suis les deux, mais pas seulement. Nous avons tous des familles des deux côtés de la frontière qui sont séparées par ces restrictions depuis de longs mois, y compris dans votre rédaction, au Courrier, je connais quelqu’un qui a un fils de 18 ans à l’étranger et qui, parce qu’il est majeur, ne peut plus venir aux Etats-Unis. C’était écrit dans votre dernier éditorial. Donc j’évacue tout de suite la question du “conflit d’intérêt”. D’une part on est tous concernés et d’autre part, bien sûr qu’on est nombreux à avoir des intérêts à défendre : en tout cas je ne parle pas ici que pour les réceptifs et agents de voyage !

Le Courrier des Amériques : Et ce n’est d’ailleurs pas un problème limité aux Français…

Franck Bondrille : Oui, avec le Canada par exemple ça pause aussi beaucoup de problèmes. Ce que je trouve incroyable, c’est que les frontières américaines sont fermées sans que les médias américains ne se posent de question… ou presque. On n’en entend jamais parler dans les journaux télévisés depuis un an et demi. Au moins au Canada, tous les mois ils repoussent de 30 jours la réouverture. Ici aux Etats-Unis, le gouvernement et les médias n’en parlent pas. Je ne veux pas du tout comparer avec un régime autoritaire, ce serait abuser, mais pourtant sur ce point précis de la fermeture des frontières ça commence à y ressembler. On s’attend à ce que ça réouvre prochainement, mais je ne trouve pas ça du tout sain qu’on ferme les frontières et qu’on s’abstienne d’en discuter durant 15 mois, comme si c’était quelque chose de naturel.

On pourrait au moins donner une date de réouverture afin que les gens se préparent, quitte à repousser la date si la situation ne le permet pas.

Le Courrier des Amériques : De même il ne semble pas y avoir eu beaucoup de discussions sur le bien-fondé de la fermeture des frontières ?

Franck Bondrille : C’est le moins qu’on puisse dire ! On sait qu’il est quasi-impossible de transmettre la covid en avion, grâce aux systèmes de ventilation par le sol, cumulés avec le port du masque. Mais, en plus, le passage de frontière oblige les personnes à prouver qu’elles ne sont pas positives à la covid, grâce aux tests PCR. Donc les avions sont vraiment un endroit où les passagers sont extrêmement en sécurité par rapport à cette pandémie.

Après, les gouvernements prennent les décisions qui leurs conviennent, je n’ai pas de problème avec ça. Ils ont voulu limiter les déplacements, et effectivement si c’est leur choix de mettre ces limites au niveau de l’international ou de l’intercontinental, ils ont le devoir de prendre les décisions qui leurs paraissent les meilleures. Mais, pour les différentes raisons dont on a parlé auparavant, il est important pour les familles ou les entreprises de pouvoir voyager. Au bout d’un an et demi on attendrait – d’une part – plus de justifications scientifiques sur l’utilité de ces fermetures, et – d’autre part – il apparaît souhaitable à un nombre de plus en plus grand de personnes qu’il faut enfin rouvrir les frontières aujourd’hui, au moins aux personnes vaccinées et/ou porteuses d’un test PCR négatif.

En conséquence, j’apporte mon soutien à la pétition lancée par la conseillère consulaire LREM Béatrice Leydier. pour que la Maison Blanche rouvre les frontières.

Je suis aussi membre de la “US Travel Association”, et une lettre de notre président Roger Dow a été cosignée par les CEO des plus grands groupes de l’industrie et envoyée au président Biden.

Le Courrier des Amériques : Au niveau professionnel, il y a eu certaines compensations du gouvernement américain pour les entreprises travaillant dans le domaine du tourisme, n’est-ce pas  ?

Franck Bondrille : Il y a eu comme pour toutes les autres entreprises des compensations “PPP” pour sauvegarder les emplois, mais par exemple nous nous avions 20 employés et ces PPP nous ont permis de les garder deux mois de plus. Donc, à ce jour, nous avons été obligé de licencier notre personnel dans l’attente d’une reprise.

Le Courrier des Amériques : Donc pour votre catégorie d’entreprises, ça a été difficile…

Franck Bondrille : Des aides ont été données aux restaurateurs et hôteliers, ce qui est bien, mais les professions de réceptifs voyages, congrès d’entreprise, événementiel, guides, ont complètement été oubliées, 95% de nos clients viennent d’Europe et donc cela fait plus de 18 mois que nous devons vivre sur nos réserves avec 0 chiffre d’affaire.

Le Courrier des Amériques : Pensez-vous que la Maison-Blanche peut ainsi maintenir indéfiniment le “travel ban” ?

Franck Bondrille : Non, ils vont le lever. Mais on a vraiment l’impression qu’ils ne sont pas pressés de se poser la question. Les Etats-Unis sont moins dépendants du tourisme qu’un pays comme la France, par exemple. Après 15 mois comme ça, il vaut mieux “aider” le gouvernement américain à réfléchir le plus vite possible, sinon des pans entiers de l’industrie touristique, et tous ceux qui en bénéficient, risquent d’en pâtir lourdement.

J’espère ne pas me tromper mais je pense que Joe Biden attend le sommet du G7 pour faire des annonces.

Le Courrier des Amériques : En cas de réouverture, est-ce que les liaisons aériennes transatlantiques reviendront aussi nombreuses entre la France et les Etats-Unis ?

Franck Bondrille : Des sondages ont été réalisés et les Etats-Unis sont la destination où les voyageurs désirent se rendre en premier dès l’ouverture. Alors on se réconforte en pensant que le plus dur est passé, et que ceux qui auront résisté durant cette difficile période ont de beaux jours à venir.

Il faudra au moins 2 ans avant qu’on retrouve les capacités aériennes d’avant covid. Certaines compagnies rouvriront leurs lignes rapidement, et d’autres – c’est le cas par exemple de Corsair – attendront encore un peu car elle ont dû se réorganiser afin de pouvoir passer la crise, avec une réduction du nombre d’avions et de personnels.

Et puis des nouvelles entreprises arriveront sur la marché comme par exemple la compagnie French Be qui ouvre une ligne Orly/New-York et a affiché ses ambitions sur le marché américain.


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3 commentaires

  1. Je suis complètement pour rouvrir les frontières américaines. Tout du moins déjà aux personnes détentrices de visa valide et ensuite aux touristes.

    Néanmoins dire que l’avion est un lieu très sûr pendant une pandémie…
    Il y a non seulement le risque de contamination entre passagersmais aussi le risque de contamination après voyage à la population locale.
    Les variants indien, brésilien ne se sont pas retrouvés en Europe comme par magie alors que les masques et tests étaient déjà pratiqués.
    La vaccination elle n’avait, elle, pas encore avancée et pourrait être un facteur demandé pour voyager entre continents.

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